Installer un récupérateur d’eau de pluie

Économiques et écologiques, les systèmes de récupération d’eau de pluie ont la cote. Reste à trouver la solution la mieux adaptée aux besoins du jardin ou de la famille, en appartement ou en maison individuelle.

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7mn de lecture
© Istock / Schulzie

Avec des factures d’eau en constante augmentation, des épisodes de sécheresse plus fréquents ou l’envie d’économiser l’eau potable – dont la disponibilité devrait baisser en France dans les années à venir –, de nombreux Français font le choix de récupérer l’eau de pluie pour s’en servir au jardin ou dans la maison.

3,98 €
C’est le prix moyen d’un mètre cube d’eau potable en France,
toutes taxes comprises, au 1er janvier 2014.(Eau France)

 

Une ressource gratuite, abondante, mieux adaptée aux plantes (car elle ne contient ni chlore ni calcaire) et à la portée de tous… à condition d’installer un récupérateur pour capter et stocker cette eau. De ce côté-là, le choix est très vaste : citernes de 200 à 10 000 litres à l’aspect soigné ou en cuve enterrée, pour des prix variant de quelques dizaines à plusieurs milliers d’euros.

Dans une copropriété, oui, c’est possible !

En moyenne, 600 litres par mètre carré de toiture peuvent être récupérés chaque année, selon Graf, fabricant français de matériel de récupération d’eau de pluie. Rien ne s’oppose a priori à l’installation d’un récupérateur d’eau au pied d’un immeuble pour arroser des plantes ou nettoyer les parties communes. Des petits usages qui plaident pour une citerne aérienne (en extérieur, par opposition à celle enterrée).

Pour choisir la mieux adaptée – les capacités varient de 200 à 2 000 litres –, comptez 15 litres de citerne par m² d’espaces verts à entretenir. Le prix varie, lui, de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros selon le volume, la matière (du plastique, essentiellement) et le design – de la barrique cubique transparente au récupérateur haut et mince, en passant par les modèles dissimulés dans une amphore, une caisse en bois…

Une demande est à présenter en assemblée générale de copropriété, descriptif du projet et devis à l’appui. L’installation peut être confiée ensuite à une société spécialisée ou être réalisée par les résidents. Elle consiste à fixer la citerne, à la relier à une ou plusieurs gouttières grâce à un kit de collecte, puis à raccorder le trop-plein du récupérateur au système collectif d’évacuation d’eau. Sans oublier de placer une grille en amont du collecteur pour éviter la chute des feuilles dans la cuve.

143 l
C’est le volume quotidien d’eau potable consommé ​​​​par habitant en France.(Ministère de la Transition écologique et solidaire)

 

Deux solutions pour utiliser l’eau : installer un robinet (généralement fourni) et remplir un arrosoir ou raccorder un tuyau pour arroser en contrebas. Opter pour une pompe immergée au fond de la cuve « permet de raccorder un tuyau d’arrosage ou un nettoyeur haute pression », assure le site de vente en ligne ManoMano. Et d’éviter ainsi la surélévation du réservoir.

Un peu de calcul...

Pour connaître la quantité d’eau récupérable, multipliez la surface au sol de votre habitation par la pluviométrie locale annuelle (en mètre) et retranchez 10 % du résultat, afin de prendre en compte les pertes dues à l’évaporation. Avec une maison de 100 m² au sol et des pluies de 0,80 m chaque année dans votre région, vous récupérerez chaque année en moyenne 72 m3 d’eau (72 000 litres), soit 6 000 litres par mois… à condition d’exploiter chaque gouttière.

En maison individuelle, plus de modèles

La plupart des jardins et des potagers se satisferont d’un récupérateur d’eau extérieur d’une capacité de 300 à 1 500 litres. Pour des usages importants, une cuve enterrée de très grande capacité peut être une solution plus appropriée.

50 %
Une installation de récupération d’eau de pluie enterrée peut faire
économiser la moitié de la consommation d’eau potable d’un foyer.(Graf)

 

« Le choix entre réservoir aérien ou enterré se fait principalement selon le volume. Une solution en aérien est possible jusqu’à 1 500 litres. Au-delà, il est préférable de choisir une cuve enterrée », explique Élodie Napoli, responsable marketing chez Graf (marque Garantia). En extérieur, plusieurs citernes peuvent être éventuellement reliées entre elles.

L’enseigne de jardinerie Gamm Vert livre les repères suivants pour trouver la citerne idéale :

  • de 150 à 500 litres pour arroser un jardin ou un potager de moins de 50 m² ;
  • de 500 à 1 500 litres pour plus de 100 m² ;
  • de 1 500 à 3 000 litres pour un jardin et une voiture à laver, ou un vaste potager ;
  • de 3 000 à 5 000 litres pour pouvoir aussi remplir un bassin ou une piscine.

En extérieur, le récupérateur doit être placé à proximité d’une gouttière, si besoin en le surélevant pour rendre le robinet accessible, puis raccordé à la descente de toit grâce à un collecteur d’eau (il est généralement fourni, mais il faut s’en assurer).

Plus chère, une cuve enterrée nécessite l’intervention d’un professionnel qui devra réaliser une fouille et respecter plusieurs contraintes : la cuve devra être située à proximité des gouttières, à 1 m de profondeur, à au moins 1,20 m de l’habitation et à un endroit accessible aux engins de chantier. « Tous les terrains ne se prêtent pas à un terrassement, indispensable à l’installation d’une cuve enterrée », prévient le site Recuperateurdeaudepluie.fr. « La citerne extérieure est plus économique, mais la cuve enterrée offre un gain de place », résume Georges Molongo, président de Sunways Energy. Dans le cas d’une location, l’accord du propriétaire est obligatoire pour toute modification des installations.

Les aides à l’achat restent limitées

La récupération d’eau de pluie ne bénéficie plus de crédit d’impôt, et aucune aide nationale n’existe à ce jour pour encourager l’achat de ces équipements. Plusieurs collectivités locales (commune, communauté d’agglomération, département, région) proposent néanmoins des coups de pouce. La région Guadeloupe subventionne par exemple jusqu’à 80 % de l’achat d’un récupérateur d’eau de pluie, dans la limite de 3 000 €. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou sur le site internet de votre collectivité.

Comment et pour quels usages réutiliser l’eau ?

La loi autorise l’utilisation de l’eau de pluie pour les usages non alimentaires (W.-C., nettoyage des sols ou du linge, etc.). Pour une utilisation en lessive, un traitement des eaux spécifique (charbon actif ou UV) doit être mis en place. Les points d’accès à l’eau de pluie doivent également afficher le pictogramme eau non potable et ne peuvent pas être placés dans une pièce où se trouvent déjà des robinets d’eau potable. Enfin, si votre installation sanitaire est raccordée à l’égout, une déclaration d’usage doit être effectuée à la mairie.

Pour un usage domestique, les cuves enterrées sont les mieux indiquées. Leurs grands volumes, de 1 000 à 10 000 litres, sont particulièrement adaptés à un usage intensif. Comptez 1 000 litres de cuve par personne dans le foyer et 15 litres supplémentaires par mètre carré de jardin à arroser. Elles peuvent être en polyéthylène (solution la plus économique), en béton (pour une eau plus saine) ou en textile (pour les très grands volumes, mais c’est onéreux). L’intervention d’un spécialiste s’avère généralement nécessaire. Renseignez-vous auprès du réseau de professionnels Qualipluie (Qualipluie.com) spécialisés dans l’installation de systèmes de récupération d’eau de pluie. « En usage domestique, une citerne est rentabilisée entre cinq et sept ans », assure Georges Molongo. 

En pratique, l’alimentation de l’habitation s’effectue grâce à une pompe et à un réseau spécial. Si la cuve est épuisée, le système bascule automatiquement sur le réseau d’eau potable. « Nos cuves sont équipées pour la pompe, la filtration et les accessoires en fonction de l’usage qui sera fait de l’eau récoltée », précise Élodie Napoli.

Entre 100 et 10 000 litres, q​​​​uel volume choisir ?

« Pour choisir un récupérateur d’eau de pluie, il est essentiel d’évaluer ses besoins, mais également de connaître le volume d’eau récupérable selon la surface de toiture et la pluviométrie de la région », indique Élodie Napoli, responsable marketing chez Graf. Environ 15 litres de citerne seront nécessaires par mètre carré de jardin ou de potager à arroser. Une parcelle de 30 m² exige par exemple un récupérateur de 450 litres – à ajuster selon que la région est plutôt pluvieuse ou ensoleillée. Laver sa voiture une fois par mois requiert 200 litres de cuve supplémentaires. Pour utiliser l’eau à l’intérieur du domicile, comptez 1 000 litres de cuve par personne en moyenne. Et pour un usage mixte, il suffit d’additionner les différents volumes.

 

df
Gabriel Siméon
Publié le

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