Cosmétiques : les bons réflexes avant d'acheter

L’industrie des cosmétiques a d’importantes répercussions environnementales, et les substances qu’elle utilise peuvent se révéler nocives pour la santé. Vade-mecum des gestes favorables à notre peau et à notre planète.

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6mn de lecture
Un rayon de produits cosmétiques dans un supermarché
© Istock / Nirad

À quels labels faire confiance ?

« Il existe de nombreuses certifications qui n’ont pas toutes les mêmes cahiers des charges », explique Kahina Benhebri, cofondatrice de l’application CompoScan qui décrypte la composition des produits de beauté.

L’Écolabel européen figure parmi les plus rigoureux  : il vise à réduire les impacts environnementaux les plus importants (interdiction de substances, biodégradabilité du produit…).

Cosmos Natural (95 % d’ingrédients d’origine naturelle minimum) et Cosmos Organic (95 % d’ingrédients d’origine naturelle minimum et 20 % d’ingrédients certifiés d’origine biologique) sont également rigoureux.

Le label Cosmébio Cosmos Organic est le plus exigeant (95 % minimum d’ingrédients bio sur l’ensemble des ingrédients) des trois labels de la charte Cosmébio.

La mention Nature et Progrès atteste que les produits ne contiennent pas d’ingrédients de synthèse, puiqu’ils sont interdits par le cahier des charges, et que les ingrédients d’origine agricole sont certifiés Nature et Progrès, AB ou Demeter.

Les labels BDIH (Allemagne), Cosmébio (France), Ecocert Greenlife SAS (France), ICEA (Italie) et Soil Association (Grande-Bretagne) se sont réunis pour créer le cahier des charges international COSMOS, le COSMetic Organic Standard, afin d’harmoniser et de fixer des exigences minimales communes.

Les cosmétiques bio sont certifiés par des organismes de contrôle indépendants : Ecocert, Bureau Veritas et Cosmécert.

Attention aux termes trompeurs sur les emballages

Soyez vigilants : des termes trompeurs sont parfois inscrits sur l’emballage : la mention « végan » indique simplement que le produit est dépourvu de substances d’origine animale. De même, l’annotation « 90 % d’ingrédients d’origine naturelle » ne signifie pas que le produit est dépourvu de substances toxiques. Un packaging « végétal » ne garantit pas la naturalité des ingrédients. Enfin, les mentions « sans paraben », « sans silicones » ou « sans sulfates » sont interdites par la réglementation européenne pour tous les nouveaux produits mis sur le marché depuis le 1er juillet 2019.

Bien lire et décoder les étiquettes

« Le premier réflexe à adopter : lire la liste des ingrédients, conseille Kahina Benhebri. Ils sont classés par ordre d’importance : le premier indiqué est donc celui qui est présent majoritairement. Cela permet d’avoir une visibilité sur la qualité du produit. En effet, si un composant mis en valeur sur l’emballage, comme l’huile d’argan, se trouve à la fin de la liste, ce n’est pas bon signe. »

D’autant plus qu’il n’existe pas d’obligation de respecter cet ordre d’importance pour les ingrédients comptant pour moins de 1 % du produit total. « On peut ainsi trouver des ingrédients nobles au milieu de la liste alors qu’ils ne représentent que 0,03 % de la formule ! »

Attention aux substances à risque

Attention également aux substances à risque, surtout si elles sont présentes dans les produits sans rinçage (crèmes de soin, déodorants…), ou dans ceux destinés aux enfants. Par exemple, l’ammonium lauryl sulfate et le sodium lauryl sulfate sont des irritants, le BHA (ButylHydroxyAnisole), le BHT (ButylHydroxyToluène) et le triclosan sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

« On trouve aussi parfois des produits contenant des substances jugées nocives qui contreviennent à la réglementation, alerte Kahina Benhebri. Ainsi, des lingettes destinées au change des bébés peuvent contenir du phénoxyéthanol, un conservateur toxique pour le foie, alors que depuis mars 2019, une décision de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) oblige les fabricants à indiquer sur l’emballage que ces produits ne peuvent pas être utilisés sur les fesses des enfants de 3 ans ou moins. »

Les allergènes (parfums, huiles essentielles…) peuvent aussi poser problème en cas de sensibilité à ces substances, et doivent être évités chez les enfants.

Autre catégorie de produits posant problème : les crèmes solaires. « Évitez les formules à base de filtres chimiques et organiques, nocifs pour l’environnement et qui peuvent présenter des effets perturbateurs endocriniens. De plus, ils ne sont actifs que 20 à 30 minutes après leur application. Préférez les filtres minéraux à microparticules à base d’oxyde de zinc. »

Luttez contre le gaspillage

Les achats de cosmétiques ont une dimension plaisir essentielle, selon Kahina Benhebri. « Mieux vaut acheter un produit un peu cher mais qui nous satisfait pleinement, plutôt qu’un autre correspondant à un achat plus raisonné qui finira dans le cimetière des produits inutilisés de la salle de bains. »

De la même manière, inutile de multiplier les flacons : « les bébés et les jeunes enfants n’ont pas besoin à la fois de gel douche et de shampooing. Privilégiez un seul produit à base d’huile végétale, comme l’huile de calendula, ou un savon surgras. » Pour les adultes, le gel d’aloe vera est souverain pour nourrir les cheveux frisés ou ondulés, dompter les cheveux électriques, calmer le feu après une épilation, ou hydrater la peau après la plage.

Des applis à suivre

Les associations de consomma­teurs ont établi des récapitulatifs de ces ingrédients problématiques, qui peuvent servir d’aide-mémoire lors des achats. Des applications pour smartphones telles que CompoScan, INCI Beauty, QuelCosmetic, Yuka… guident aussi les consommateurs.

Suivez les influenceuses non influencées

On ne compte plus les comptes YouTube et Instagram, tenus par des influenceuses, consacrés à la cosmétique. Certains, non sponsorisés par des marques, se sont spécialisés dans le décryptage des étiquettes. Par exemple, @lapetitegaby donne son avis sur les produits bio présents en supermarchés, sans crainte de dénoncer les opérations de « greenwashing » des grands groupes, et @la_biotista dresse des comparatifs sur les colorations pour cheveux ou les crèmes solaires.

Le bon usage des produits de beauté

  • Limitez les produits pourvus de suremballage, préférez les contenants en matières recyclées. À savoir : des enseignes de parfumerie et des fabricants proposent de rapporter les flacons et contenants vides en échange de bons de réduction.
  • Pensez à bien refermer vos produits, sinon ils risquent de s’oxyder et de perdre leurs propriétés.
  • Évitez de mettre les doigts dans les pots, utilisez une spatule ou petite cuillère à rincer après usage.
  • Utilisez  avec parcimonie les lingettes jetables et les carrés de coton. Préférez les disques démaquillants lavables.
  • Surveillez les dates de péremption des produits, et notez la date de leur ouverture. Les crèmes en flacon se conservent de 6 à 12 mois, celles en pot, 9 mois. Mascaras et eye-liners ont une durée de vie de 3 à 6 mois seulement. Les crèmes solaires exposées à la chaleur ne se gardent pas d’un été sur l’autre.
  • Conservez vos produits cosmétiques et d’hygiène dans un lieu sec et frais.
  • Recyclez ! Vos fonds de pots de crème pour le visage peuvent servir à nourrir vos mains ou vos pieds. De même, une huile pour le corps peut être utilisée pour lustrer les pointes des cheveux. Et un shampoing qui ne vous convient pas se transformera en un gel douche satisfaisant.
df
Katia Vilarasau
Publié le

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