Bien manger, écologique et pas cher

Les produits bio étant souvent plus chers, c'est difficile d’imaginer faire des économies avec une alimentation plus écologique. Pourtant, tous ceux qui s’y sont mis le confirment : ils mangent mieux sans dépenser plus.

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6mn de lecture
Bien manger, pour soi et pour préserver la planète
© N. Khueankaew / Istock - Avoir un bonne alimentation bio tout en préservant la planète et son budget : oui, c'est possible.

Par où commencer ? Et comment éviter de faire exploser son budget ? « Cela ne se fait pas du jour au lendemain, indique Florent Ladeyn, chef étoilé auquel le Fonds mondial pour la nature (WWF) a fait appel pour partager des recettes durables, simples et économiques (wwf.fr/recettes-durables). Mais si nous y arrivons dans nos restaurants qui servent 700 couverts par jour à des prix raisonnables, c’est que c’est possible à l’échelle d’un foyer. Première démarche, remplacer ses ingrédients habituels par les mêmes mais produits dans de meilleures conditions, c’est-à-dire  en agriculture biologique et, si possible, localement. »

Manger autrement

« 67 % de l’empreinte carbone de notre alimentation, mais également l’essentiel de ses impacts environnementaux (sur l’eau, la biodiversité, etc.), sont liés à la phase de production agricole. Modifier peu à peu ses habitudes d’achat, en privilégiant des produits issus de méthodes de culture et d’élevage plus écologiques, constitue donc un premier pas vers une alimentation durable », confirme Sarah Martin de l’Ademe. Pour éviter les pesticides et les OGM, préserver la biodiversité et le bien-être animal, fiez-vous aux labels de l’agriculture biologique.
Ces nouveaux choix de consommation conduisent assez naturellement à revoir la composition même des menus. En effet, si les bons légumes ne coûtent pas forcément plus cher, la viande de qualité est
en général plus onéreuse. Beaucoup choisissent donc, pour en profiter sans se ruiner, d’en manger moins souvent. Cela tombe bien : « La production d’un kilo de viande émet de 5 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que celle d’un kilo de céréales, indique Sarah Martin. Il ne s’agit pas d’arrêter la viande. Mais en introduisant quelques menus végétariens par semaine, en réduisant la taille des portions carnées
et en préférant une viande locale de qualité, chacun peut améliorer considérablement son impact environnemental. »
Passer à un régime flexitarien, avec moins de viande mais davantage de céréales et de légumineuses, n’est pas si compliqué qu’il y paraît, comme le montre le livret de recettes des 4 saisons proposé sur le site de l’Ademe. « Notez que cela répond parfaitement aux recommandations nutritionnelles des médecins », ajoute l’experte.

Manger des fruits et légumes de saison

Ne pas consommer de tomates en hiver peut sembler difficile. Pourtant, c’est important. Même bio, leur transport depuis des pays lointains ou leurs serres chauffées induit une surconsommation d’énergie de 10 à 20 fois supérieure aux fruits et légumes produits en saison, localement. Avec les plats cuisinés maison, vous maîtrisez davantage la provenance des ingrédients, tout en évitant les additifs et le risque de consommer de l’huile de palme.
Acheter localement ne coûte pas forcément plus cher si on se fournit directement à la ferme, au marché ou à partir des circuits courts de proximité. Cela permet en outre de soutenir l’économie du territoire, en rémunérant plus justement les producteurs. Au-delà des Amap, qui proposent de s’abonner à des paniers, des supermarchés coopératifs ont fait leur apparition, à l’image de La Louve à Paris ou de La Cagette à Montpellier. Contre quelques heures de bénévolat pour faire tourner le magasin, les adhérents peuvent acheter des produits durables à prix coûtant ou presque. Il y a aussi l’option de cultiver soi-même son potager, mais cela demande du temps et du savoir-faire, surtout si vous préférez vos légumes sans pesticides.

Chasser le plastique et déclarer la guerre au gaspillage

Jeter une barquette de ratatouille, ce n’est pas seulement jeter quelques tomates et courgettes, c’est gâcher toutes les ressources (eau, énergie, intrants, emballages, etc.) qui ont servi à les produire,
les transporter et les transformer. C’est pourquoi il est important d’acheter uniquement les quantités dont on a besoin. « Avant de faire les courses, je réfléchis aux menus de la semaine et je prépare une liste, cela évite les achats compulsifs qui finissent à la poubelle, explique Christine, retraitée. Pour faire des économies sans nuire à la qualité, je me rends au marché avant sa fin, quand les commerçants bradent les produits. Au supermarché, je surveille ce qu’il y a au rayon des produits proches de la date de péremption : ils sont vendus de 50 à 70 % moins cher alors qu’ils sont encore bons. » Car il ne faut pas confondre la date limite de consommation (DLC) et la mention « À consommer de préférence avant… ». Cette dernière date peut être dépassée de quelques jours sans risque. Des applications, comme Too Good To Go, permettent
par ailleurs d’acheter pour des sommes dérisoires les invendus des boulangeries et restaurants de son quartier.

« L’antigaspi, c’est aussi cuisiner des déchets qui n’en sont pas, poursuit Christine. Avec les fanes des radis ou des carottes, je fais de la soupe. J’utilise le pain rassis en croûtons ou dans des boulettes de viande. Je fais des bouillons avec les carcasses de poulet et des compotes avec les fruits trop mûrs. Je fais des économies tout en réduisant le volume de mes poubelles. » Si vous ne savez pas quoi faire de vos restes, des applications peuvent vous donner des idées : KitchenPal, Frigo Magic, Marmiton…
Enfin, deux actions zéro déchet permettent de substantielles économies : boire l’eau du robinet et remplacer ses capsules de café jetables par d’autres en inox réutilisables. Chez WayCap par exemple, celles-ci coûtent entre 20 et 40 euros l’unité mais sont pratiques et vite rentabilisées. Le prix d’un café en sachet, même bio et éthique, est de 2 à 5 fois moins élevé que celui vendu en dosettes à 74 euros le kilo…

Faire le bilan des courses

Selon une étude menée par le WWF en 2017, il est possible, pour le même coût qu’un panier alimentaire standard (189 euros par semaine pour une famille de 4 personnes), d’avoir un panier responsable au bilan carbone 38 % moins élevé. Le surcoût lié à l’achat de produits labellisés est compensé par une moindre consommation de viande et de produits transformés, ainsi que par une réduction du gaspillage alimentaire.

Des sites et des applis plein le panier

Pour acheter bio à prix coûtant : Aurore Market et La Fourche sont des supermarchés en ligne qui proposent, contre une adhésion de 60 € par an, des produits bio (hors frais) entre 20 et 50 % moins chers que dans les enseignes classiques.

Pour trouver un restaurant engagé : l’appli Etiquettable, connue pour informer sur les légumes de saison et les poissons menacés, aide à dénicher agriculteurs et restaurateurs responsables près de chez soi. Consultez aussi les sites des labels Ecotable et Framheim.fr pour trouver un restaurateur engagé antigaspi.

Le livret de recettes des 4 saisons de l'Adème en pdf : cliquer ici.

 

 

 

df
Émilie Tran Phong
Publié le

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