Stages en entreprise : tout ce qu'il faut savoir

Stages en entreprise : tout ce qu'il faut savoir

Collégien, universitaire ou ingénieur, vous serez bientôt confronté à une recherche de stage dans votre cursus. L'idée est simple : muscler votre CV, mais en pratique c'est plus compliqué. Il faut négocier avec l'entreprise. Explications.

Du collégien à l'élève ingénieur, nombreux sont ceux qui suivent un stage en entreprise pour s'initier au monde économique, s'exercer à la pratique d'un métier, muscler un CV. Obligatoire dans les cycles technologiques et professionnels (du CAP au DESS), le stage, sous statut scolaire, tend à devenir pratique courante dans la carrière de tout étudiant.

Un stage pour quel objectif ?

Sauf au collège, les stages prévus en cours d'études vont au-delà de la simple découverte de la vie professionnelle. L'élève de bac pro, de BTS, de DUT… met en pratique les connaissances acquises à l'école, il s'initie aux relations professionnelles, au travail d'équipe, aux rouages de l'entreprise, il s'implique dans une activité.

Un stagiaire d'une école de commerce, par exemple, peut être amené à réaliser une étude de marché. Cela dit, toutes les grandes écoles demandent à leurs élèves de se frotter d'abord au travail d'exécution. Le stage prévu en 1re année d'une école d'ingénieurs est un stage ouvrier, le stage de 2e année un stage technique, le stage de 3e année permettant à l'élève de s'exercer au métier d'ingénieur.

Droit à une rémunération ?

Le décret du 31 janvier 2008 a changé la donne. Désormais, le stagiaire bénéficie d'une gratification lorsque la durée du stage est supérieure à 3 mois consécutifs. Son montant est déterminé par convention de branche ou par accord professionnel étendu. A défaut, il est fixé à 398,13 € par mois.

Cette gratification est due au stagiaire à compter du premier jour du premier mois de stage et devra faire l'objet d'un versement mensuel. En outre, en cas de suspension ou de résiliation de la convention de stage, son montant sera proratisé en fonction de la durée de stage effectuée.

Faut-il signer une convention ?

La convention de stage est un contrat tripartite signé entre l'élève ou l'étudiant, l'entreprise et l'établissement scolaire. Elle prévoit les objectifs et modalités du stage : contenu, durée, encadrement, validation.

Cette convention est systématique lorsque le stage est prévu dans la formation. En revanche, quand l'étudiant fait un stage de sa propre initiative, il n'y a pas forcément convention.

Édicter des règles précises au départ n'est pourtant pas un luxe.

Certains stages, en effet, sont loin de répondre aux objectifs pédagogiques de la formation. Ainsi, des entreprises qui accueillent des étudiants en BTS force de vente, par exemple, ne leur confient pas nécessairement des responsabilités en matière de démarchage ou de vente.

La qualité du stage dépend aussi du suivi pédagogique, suivi qui doit être assuré simultanément par les enseignants et le tuteur ou maître de stage désigné par l'entreprise. Ce tuteur peut être un ouvrier qualifié ou un contremaître s'il s'agit d'un stage de BEP, un cadre pour un stage en bac pro ou en BTS…

A noter qu'un décret du 31 août 2006 précise les critères auxquels doivent répondre les conventions de stage des étudiants en entreprise. Ces conventions doivent désormais préciser :

  • la définition des activités confiées au stagiaire ;
  • les dates de début et de fin du stage
  • la durée hebdomadaire de présence dans l'entreprise ;
  • le montant de la gratification versée au stagiaire ;
  • la liste des avantages offerts, le cas échéant, par l'entreprise ;
  • le régime de protection sociale dont bénéficie le stagiaire ;
  • les conditions dans lesquelles les responsables du stage assurent l'encadrement du stagiaire ;
  • les conditions de délivrance d'une "attestation de stage" ;
  • les modalités de suspension et de résiliation du stage ;
  • les conditions dans lesquelles le stagiaire est autorisé à s'absenter ;
  • les clauses du règlement intérieur de l'entreprise applicables au stagiaire.

Quel intérêt pour l'entreprise ?

Le jeune apporte des connaissances à jour, du sang neuf à l'entreprise.

Celle-ci peut aussi tester des candidats, les former à son savoir-faire et se constituer du même coup un vivier pour des recrutements éventuels.

Par ailleurs, le stagiaire qui réalise une étude ou un projet complète et approfondit le travail effectué par les salariés.

D'où des dérives : certaines entreprises, qui voient dans ces étudiants une main-d'œuvre bon marché, font appel à des stagiaires auxquels elles confient un véritable travail plutôt que d'embaucher des salariés.

Des entreprises très sollicitées

Aujourd'hui, les entreprises sont de plus en plus sollicitées. Nombre de stages débutent au printemps pour se poursuivre en été. Cette concentration, ajoutée à la demande croissante des élèves et à la morosité économique, rend la recherche de stages plus difficile. Avec des différences de taille selon les secteurs d'activité.

L'hôtellerie, la restauration, la cuisine sont parfois déficitaires en matière de stagiaires.

En commerce, les élèves de bacs pro ou du BTS force de vente obtiennent un stage sans trop de difficulté.

En revanche, en maintenance, électronique, bureautique, compta-gestion, les postulants ont plus de mal à trouver une entreprise d'accueil.

Et quand il y a concurrence, ce sont surtout les bas niveaux de qualification, CAP et BEP, qui sont pénalisés.

Un plus pour l'insertion ?

Le stage fait figure de première expérience sur un CV, il permet aussi au jeune de préciser son projet professionnel. De leur côté, à diplôme égal, les employeurs recrutent plus volontiers de jeunes diplômés ayant fait leurs preuves dans leur entreprise. Dans certaines écoles d'ingénieurs ou de commerce, où le système des stages est très rodé, c'est le premier canal de recrutement.

Des stages pour collégiens

Prévus dès la 4e, les stages pour collégiens (2 à 5 jours) sont des stages d'observation. Ils peuvent se dérouler dans un supermarché, chez un avocat, un dentiste… ou un atelier.

Il s'agit de faire découvrir la marche d'une entreprise ou la pratique d'un métier, d'inciter l'élève à avoir une démarche active dans la recherche d'un terrain de stage.