Contrat aidé, apprentissage, alternance : les règles

Contrat aidé, apprentissage, alternance : les règles

Contrats aidés, apprentissage, alternance… Divers dispositifs permettent aux jeunes d’entrer dans la vie professionnelle et de se faire une place dans l’entreprise.

23,6 % des jeunes actifs de moins de 25 ans étaient au chômage en février 2014 (chiffre Eurostat, avril 2014). Pour entrer dans la vie professionnelle, vous pouvez explorer la piste des contrats aidés, c’est-à-dire subventionnés par l’État et dont le coût est moindre pour l’employeur qu’un contrat classique.

Viennent ensuite les contrats en alternance, qui allient préparation d’un diplôme et expérience professionnelle, et les stages en entreprise.

L’emploi d’avenir, un nouveau contrat aidé

Ce contrat d’aide à l’insertion est le dernier-né des contrats aidés.

Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans (30 ans pour les travailleurs handicapés), pas ou peu diplômés (CAP ou BEP) et ayant recherché un emploi pendant six mois au moins au cours des douze derniers mois.

Le niveau de formation maximal accepté est porté à bac + 3 pour les jeunes résidant dans une zone urbaine sensible (ZUS), une zone de revitalisation rurale (ZRR) ou en outre-mer, et en recherche d’emploi depuis au moins un an au cours des dix-huit derniers mois.

C’est un CDI (sauf dans le secteur public) ou un CDD d’un à trois ans, à temps plein. Le jeune est payé au moins au Smic, quel que soit son âge. Il est suivi par un employé de la mission locale, tandis qu’un salarié de l’entreprise joue le rôle de tuteur.

Ce sont principalement les mairies, départements ou régions, les associations, les établissements de soins, les organismes HLM qui les proposent. Mais aussi les entreprises, dès lors qu’elles offrent aux jeunes la possibilité de se qualifier et qu’elles relèvent d’un secteur créateur d’emplois.

Pour vous procurer la liste des employeurs qui recrutent sous contrat d’avenir, adressez-vous à la mission locale dont vous dépendez ou à votre agence Pôle emploi.

Le contrat de génération : de 16 à 57 ans et plus

Avec le contrat de génération, l’entreprise s’engage à recruter à temps plein un jeune de 16 à 25 ans (ou 30 ans s’il est reconnu travailleur handicapé) sous contrat à durée indéterminé et à maintenir dans l’emploi un salarié d’au moins 57 ans ou à embaucher un senior d’au moins 55 ans.

En contrepartie, l’employeur reçoit 2 000 € de prime annuelle pendant trois ans pour le senior et autant pour le jeune, si l’effectif de l’entreprise est inférieur à 300 salariés.

Les entreprises ont peu recours à ce dispositif : on compte aujourd’hui moins de 29 000 contrats. Pour relancer le contrat de génération, le Gouvernement projette de doubler la prime pour les seniors, soit 4  000 €, faisant passer l’aide totale à 6  000 €.

L’alternance, entre école et travail

La formation en alternance combine des périodes de travail en entreprise et des périodes d’enseignement. Elle implique de s’inscrire dans un établissement de formation et de trouver l’entreprise avec laquelle sera signé un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.

Le contrat d’apprentissage, d’une durée d’un à trois ans, permet d’obtenir un diplôme (du CAP au master), et le contrat de professionnalisation (de six à douze mois) une qualification professionnelle.

Pour le premier, la durée de la formation théorique représente au moins quatre cents heures en moyenne par année de formation  ; pour le second, entre 15 % et 25 % de la durée du contrat (cent cinquante heures au minimum).

La rémunération du jeune est également différente. En apprentissage, elle varie de 25 % à 78 % du Smic en fonction de l’âge et de l’avancée de la formation.

Exemple  : un jeune de 20 ans percevra 41 % du Smic la première année et 65 % la troisième. En contrat de professionnalisation, le salaire passe de 55 % du Smic à 80 % en fonction du niveau de formation et de l’âge. À 20 ans, un jeune avec un BTS percevra 65 % du Smic.

Il existe des centres de formation de tous types, publics, privés, dépendant d’une chambre des métiers, d’une école, etc. Les jeunes en contrat de professionnalisation suivent, le plus souvent, des cours au sein d’écoles privées, d’organismes de formation continue, d’instituts de formation interne à l’entreprise.

Certaines écoles font passer des tests de sélection, d’autres ne les pratiquent pas si vous êtes titulaire du diplôme requis. Pour choisir une école, renseignez-vous sur le taux de réussite aux examens, l’aide apportée pour trouver un contrat d’alternance et l’après-formation en alternance.

Pour la mise en relation avec les entreprises, les jeunes peuvent s’appuyer sur les organismes acteurs de l’alternance et la mission locale.

Les stages en entreprise

Les lycées, les écoles d’ingénieurs, de commerce… et même les universités intègrent quasi systématiquement des stages dans le cursus de formation.

De 600  000 stages en 2006, on est passé à 1,6 million aujourd’hui. Cette période peut constituer un tremplin pour l’emploi pour certains jeunes diplômés ou une première expérience professionnelle pour d’autres.

Mais le succès de la formule peut s’accompagner d’abus : certaines entreprises, en effet, n’hésitent pas à pourvoir des postes permanents avec des stagiaires, d’autres offrent des stages de préposé aux cafés ou à la photocopie.

Depuis 2006, quatre lois ont tenté de clarifier le statut du stagiaire. La dernière en date est la loi du 10 juillet 2014.

À compter du 1er septembre 2015, elle limite le nombre de stagiaires dans l’entreprise, donne des droits nouveaux pour les stagiaires (tickets-restaurant, indemnités transport…) et porte la rémunération minimale à 523 € par mois au-delà de deux mois de stage (au lieu de 426 € actuellement).

Travail à temps partiel pour les futurs professeurs

Les boursiers qui se destinent à l’enseignement peuvent, avec le dispositif Emploi d’avenir professeur, travailler à temps partiel (dix-sept heures trente au maximum par semaine) dans un établissement scolaire et percevoir un revenu en contrepartie.

Sont prioritaires les étudiants en allemand, anglais, lettres ou mathématiques, ou ceux résidant dans certaines zones géographiques (Centre, Guyane, Île-de-France…).

L’étudiant retire son dossier de candidature auprès de son établissement, au rectorat ou à la direction des services départementaux de l’Éducation nationale. La sélection se fait au vu des résultats universitaires par une commission présidée par le recteur d’académie.

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