La place et l'équipement indispensables pour télétravailler dans les meilleures conditions

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8mn de lecture
© GaudiLab

Les Français ayant goûté au travail à domicile durant le confinement en redemandent : 76 % souhaitent poursuivre le télétravail de manière ponctuelle ou régulière, selon une enquête de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Car travailler à la maison a bien des atouts : ne plus perdre son temps dans les transports ou aménager ses horaires à la carte, et ainsi concilier activité professionnelle et occupations familiales, sportives, sociales...

Mais la pratique peut aussi avoir des effets délétères : dos en compote, fatigue oculaire, sédentarité, voire, à la longue, développement de troubles musculo-squelettiques. D’où l’importance de s’équiper correctement.

Un vrai bureau... quand c'est possible

Faute d’une pièce où vous installer, aménager un espace dédié est indispensable. « Il peut aider à cloisonner vie professionnelle et personnelle alors qu’en télétravail, les frontières entre les deux sont poreuses », souligne Gaël Bardin, chef de projet chez Ariane Conseil, cabinet de conseil en ergonomie. Évitez la chambre à coucher si possible, ou votre canapé, car il aura raison de votre dos. Dans un coin du salon, sous l’escalier, sur une mezzanine ou dans la véranda, délimitez la surface dont vous avez besoin. Puis installez un mobilier adapté : un bureau, fixe ou escamotable, ou son pendant sur tréteaux.

Notre conseil

« Pour limiter les contraintes posturales et la survenue d’un comportement sédentaire, vous pouvez envisager l’acquisition d’un plan de travail à hauteur variable (à partir de 200 euros) qui permet d’alterner les postures assise et debout », conseille Laurent Kerangueven, ergonome et expert d’assistance-conseil à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Et pour bénéficier d’une bonne luminosité, « dans l’idéal, positionnez votre bureau perpendiculairement aux fenêtres pour éviter d’être ébloui par l’écran de votre ordinateur quand il fait soleil, ajoute Gaël Bardin, et prévoyez une lampe d’appoint afin d’adapter l’éclairage au cours de la journée pour soulager vos yeux ».

Un fauteuil de travail réglable

Pour prévenir la survenue de douleurs musculaires ou articulaires ou ne pas aggraver des pathologies liées à l’adoption prolongée de mauvaises positions, le tabouret, la chaise ou le fauteuil du salon sont à proscrire ! « Il vous faut, a minima, un fauteuil rotatif doté d’accoudoirs pour reposer vos avant-bras et libérer vos épaules des tensions. Son assise doit aussi être réglable en hauteur afin que vos cuisses, pieds posés à plat, restent parallèles au sol, précise Gaël Bardin. Son dossier doit pouvoir s’adapter, notamment si vous avez des besoins spécifiques, comme des douleurs lombaires. »

Ces fauteuils de bureau doivent par ailleurs être correctement utilisés : votre dos restant toujours appuyé sur le dossier. Il faut donc résister à la tentation de vous pencher en avant pour éviter de déclencher, un jour ou l’autre, des douleurs cervicales ou dorsales. « Variez surtout les postures, limitez le temps passé assis en vous levant régulièrement, recommande Laurent Kerangueven. Par exemple, profitez des appels téléphoniques pour marcher afin d’inclure au cours de votre journée une activité physique, même légère, et enfin quitter l’écran des yeux. »

Notre conseil

Accessible à partir d’une centaine d’euros (ou quelques dizaines, achetés d’occasion), le prix de ces fauteuils de bureau grimpe chez les spécialistes de l’ergonomie (200 à 600 euros). Votre employeur peut toutefois avoir prévu la prise en charge de cet équipement. Dans le cas contraire, les dépenses que vous avez engagées peuvent aussi être remboursées.

« De l'employeur ou du salarié, qui doit payer quoi ? »

L'avis de François Pachy, avocat en droit du travail pour le cabinet A-P.

En lisant le Code du travail, on pourrait croire que l’employeur n’est plus tenu de prendre en charge les frais liés au télétravail. En réalité, il n’est pas dispensé de toute obligation. Dans les cas les plus favorables, un accord d’entreprise ou une charte détermine les conditions dans lesquelles le télétravail s’effectue et la façon dont sont pris en charge les frais qui en découlent. Il peut aussi être organisé par un simple accord entre les deux parties et auquel cas, la jurisprudence rappelle que les frais relatifs sont inhérents au travail et relèvent donc des frais professionnels, à la charge de l’employeur. Cela concerne les matériels, logiciels, abonnements à internet ou de téléphone, la maintenance des équipements... Y compris si le salarié utilise son propre matériel. Par ailleurs, l’employeur est toujours soumis à une obligation de sécurité vis-à-vis de son salarié. Il doit prendre en considération l’ergonomie du poste de travail. Si des frais doivent être engagés par le salarié pour le mettre à niveau, ça relève de la responsabilité de son entreprise.

Un grand écran pour ménager vos yeux et vos cervicales

Souvent fourni par l’entreprise, l’ordinateur portable a beau être pratique, son format compact n’est pas le meilleur ami de vos journées de labeur à la maison, surtout si vous l’utilisez posé sur votre table ou bureau. « Ces ordinateurs n’ont pas été conçus pour travailler sur de longues périodes, explique Laurent Kerangueven, et peuvent rapidement être sources de contraintes posturales gênantes pour le cou, les épaules ou le dos. » L’utiliser posé sur une table ou un bureau vous fait en effet adopter une position inconfortable : le dos est voûté, les épaules remontées et le menton pointé vers le bas sur-sollicite vos cervicales. Pour retrouver une posture saine, deux solutions. La première : surélever votre ordinateur portable. « En positionnant le haut de l’écran à la hauteur de vos yeux, soit avec les moyens du bord (un carton, un petit caisson...) soit en achetant un support incliné », précise Laurent Kerangueven. La seconde : utiliser un moniteur fixe, à relier à l’ordinateur portable. La taille recommandée dépend de l’activité.

Notre conseil

Un écran de 21 à 24 pouces de diagonale et d’une définition Full HD (à partir de 80 euros) est parfait pour l’utilisation d’internet, d’un traitement de texte ou pour répondre à vos mails. Les 25 à 32 pouces en QHD ou 4K (à partir de 150 euros), avec leur grande précision d’affichage, sont plus adaptés pour travailler sur tableurs, logiciels 3D ou de montage photo ou vidéo. Transformer votre portable en unité centrale et faire de ce type de moniteur votre écran principal permettra de travailler plus confortablement. Cela nécessite l’achat d’un clavier et d’une souris indépendants (voir encadré), de préférence sans fil.

Un casque adapté à votre activité

Vos journées de travail sont rythmées de coups de fil ? L’erreur à ne pas commettre : « continuer à travailler sur l’ordinateur en coinçant votre téléphone entre l’oreille et l’épaule », note Gaël Bardin. Pour travailler les mains libres et gagner à la fois en confort postural et en qualité d’écoute, l’acquisition d’un casque est donc incontournable. Mais lequel adopter ? « Le choix doit se faire en fonction des exigences propres à votre activité telles que le besoin de concentration ou le temps passé au téléphone ou en visioconférence » , conseille Laurent Kerangueven.

Notre conseil

En cas d’utilisation intensive, optez pour un casque avec micro sans fil (Bluetooth). Il permet d’y connecter à la fois votre ordinateur et votre smartphone, voire votre téléphone fixe ! Quant au format, tout dépend de votre environnement et de votre sensibilité au bruit. Les plus évolués (250/300 euros) intègrent des technologies appréciables : micro qui supprime les bruits de fond lors de vos conversations, réducteur de bruit ambiant pour travailler dans votre bulle... Mais si vous trouvez pénible de conserver un casque sur la tête, préférez des oreillettes, moins imposantes et moins chères (à partir de 30 euros). En revanche, si vous avez besoin de garder une oreille attentive à votre environnement, les casques à un seul écouteur sont tout indiqués (à partir de 40 euros).

Une connexion internet fiable et rapide

Disposer d’une bonne connexion internet, capable de supporter les visioconférences et/ou le VPN (réseau privé virtuel sécurisé) imposé par votre employeur pour sécuriser vos échanges est un impératif. Surtout si vous partagez votre connexion avec d’autres membres du foyer. Pour ne souffrir d’aucune coupure ou ralentissement, il existe plusieurs solutions.

Notre conseil

« Pour une connexion optimale, à condition d’être à côté de votre box, reliez votre ordinateur via un câble Ethernet », conseille Laurent Kerangueven. Et si le Wifi est votre seule option ? Sauf à posséder une box de dernière génération, qui procède seule à un partage du réseau intelligent, rendez-vous dans les paramètres : « donnez un nom différent au Wifi 2,4 GHz et au Wifi 5 GHz, puis demandez aux périphériques dédiés aux usages vidéo de se connecter au premier, et à votre ordinateur de travail de se connecter au second », indique l’autorité de régulation des télécoms (Arcep). Si vous travaillez dans une pièce où le signal est trop faible, vous pouvez l’amplifier en vous équipant d’un répéteur Wifi, un petit boîtier vendu à partir d’une quinzaine d’euros. Solution de dernier recours, utiliser le partage de connexion de votre smartphone pour utiliser votre forfait mobile pour surfer. En prenant garde à ne pas dépasser l’enveloppe internet qui vous est allouée (10 Go, 20 Go...) au risque d’avoir à régler une facture salée.

Une souris, oui, mais verticale !

Cliquer des centaines de fois par jour sur sa souris n’est pas anodin. Le risque ? Développer, à terme, des troubles musculo-squelettiques (TMS), comme des tendinites ou un syndrome du canal carpien. La raison ? Pour l’utiliser, le poignet est forcé de réaliser une rotation à 90 °. Une position contre-nature ! Pour échapper au « syndrome de la souris », la solution consiste à adopter une souris verticale (à partir de 30 euros). « Elle permet au poignet de conserver sa position naturelle dans le prolongement du bras », explique Gaël Bardin.

En vidéo : 2 minutes pour comprendre : L'accident en télétravail

 

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