Covid-19 : le télétravail va-t-il redevenir la règle ?

Pendant le confinement du printemps dernier résultant de la crise sanitaire, le télétravail a été largement répandu dans les entreprises. Face à la reprise actuelle de l'épidémie, le télétravail peut-il redevenir la règle? 

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© jacoblund

La crise sanitaire a contribué à bouleverser les normes en matière de travail et d'organisation de ce dernier. Le télétravail a bondi sur le devant de la scène pendant le confinement en devenant la nouvelle norme. Dans ce contexte, les entreprises ont dû s'adapter et le mettre en œuvre, de manière très rapide. 

Aujourd'hui, face à la reprise de l'épidémie en  France (plus de 10 000 nouveaux cas recensés chaque jour), le télétravail a-t-il vocation à se pérenniser ? 

Pendant le confinement, certains employeurs ont fait savoir qu'ils allaient avoir davantage recours à ce mode de fonctionnement. Ainsi, dans un article paru à la fin du mois d'août, L'Usine Nouvelle mentionne que le 6 mai dernier, quelques jours avant le déconfinement, le directeur des ressources humaines de PSA a annoncé sa volonté que « tous les salariés hors production travaillent à distance à 70% de leur temps de travail », soit l'équivalent de 3,5 jours hebdomadaires. 

Avant le confinement, le télétravail n'était généralement pas une pratique courante dans les entreprises. En effet, seulement 7 % des salariés français le pratiquaient au moins un jour par semaine. Pendant le confinement, 25 % y ont eu recours. 

Dans un sondage réalisé par L'Usine Nouvelle, 72% des décideurs ont reconnu accorder davantage leur confiance au potentiel du télétravail depuis la crise du Covid-19 et 78 % ont estimé qu’il sera davantage proposé par leur entreprise.

Le télétravail est recommandé par le gouvernement

Dans le contexte actuel de recrudescence de l'épidémie, la priorité est donnée à la reprise économique et le télétravail est fortement encouragé par le gouvernement. 

Elisabeth Borne, la ministre du Travail a déclaré mi-août que le télétravail « reste recommandé ». Elle a ajouté qu'« il faut le mettre en place chaque fois que c'est possible dans les zones de circulation active du virus ».  

Plus récemment, lors de l'Université d'été du Medef le 26 août dernier, le Premier ministre, Jean Castex, s'est montré favorable au maintien du télétravail, en insistant sur la nécessaire reprise économique. «Le message doit être cohérent partout, il faut que la vie économique reprenne. Le principe est simple : on repart au travail, et cela peut être tout à faire du télétravail ». 

Lors de sa conférence de presse organisée au soir du mercredi 23 septembre, le ministre de la Santé a rappelé l'importance de favoriser autant que possible l'application du télétravail, notamment dans les zones classées en alerte renforcée et maximale (Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille, Toulouse, Nice, Rennes... etc). 

Mieux encadrer le télétravail

Le Premier ministre a toutefois déjà émis le souhait qu'une meilleure réglementation sur le travail à distance soit mise en place, et notamment qu'il soit mieux encadré juridiquement.

Il a par ailleurs communiqué qu'il avait rencontré les partenaires sociaux afin de « faire des propositions pour savoir, entreprise par entreprise, comment le télétravail peut être amélioré, optimisé et devenir un fait de société »

Cependant, le dispositif qui permettrait un meilleur encadrement du télétravail, reste pour l'heure assez imprécis. Les mesures d'encadrement de télétravail devraient se faire selon la règle du cas par cas au sein de chaque entreprise. 

Les syndicats conscients des limites du télétravail

Du côté des syndicats, la plupart souligne les avantages permis par le télétravail mais en ayant parallèlement conscience des limites de ce dernier.

Ainsi, la CFDT Ile-de-France a émis des préconisations sur cette question auprès du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER). Dans un rapport intitulé « Vivre autrement après la crise en Ile-de-France », le syndicat souligne « le potentiel de cette forme de travail » et souhaite promouvoir son développement « de manière encadrée en lien avec les demandes et les besoins des salariés »

Pour le syndicat, le télétravail « n'est pas bénéfique à temps plein pour des raisons de rapports humains réguliers et de vie collective indispensables, pour un sentiment d’appartenance à une équipe ». Il ajoute qu'il faut aussi « sortir de la sphère privée qui ne doit pas devenir l'unique lieu d'activités professionnelles ». 

Dans un communiqué de presse unitaire paru le 27 août, la CGT, FSU, l'Union Syndicale Solidaires, FIDL, MNL, UNEF et UNL abordent en creux la question du télétravail.

Pour ces syndicats, la réduction du temps d’exposition au virus est « également nécessaire » et « induit de discuter de l’organisation, des conditions de travail et réduction du temps de travail ». 

Ils soulignent aussi que pour ceux qui n'ont d'autre choix que celui de se rendre physiquement sur leur lieu de travail, «il revient aux employeurs de prendre en charge les mesures de protections individuelles et collectives, dont la distribution gratuite de masques en quantité suffisante ». 

 

df
Claire Plisson
Mis à jour le

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