Election présidentielle : les propositions des candidats en matière d’emploi

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© DF

Le taux de chômage s’élevait au quatrième trimestre 2021 à 7,4 % de la population active au quatrième trimestre 2021, un niveau plancher record « depuis 2008 », en exceptant « la baisse ponctuelle en trompe-l’œil du printemps 2020, liée à la crise sanitaire », a fait savoir l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une enquête parue le 18 février. 

La France reste cependant loin du plein-emploi, jamais connu depuis la fin de la période de forte expansion des Trente Glorieuses (1945-1975).

Les douze candidats à l’élection présidentielle, qui se tient les 10 et 24 avril, formulent des propositions en matière d’emploi, notamment dans le but de réduire le chômage.

Voici les propositions des prétendants sur ce thème et celui du travail. L’ordre des candidats apparaissant ici est celui qui figure dans la liste validée le 7 mars par le Conseil constitutionnel.

Nathalie Arthaud réclame « la répartition du travail entre tous »

La candidate du parti trotskiste Lutte ouvrière (LO) considère que « le chômage de masse n’a rien d’une fatalité », d’après son programme publié sur le site Nathalie-arthaud.info.

Pour elle, « aucun travailleur ne doit être privé d’un emploi et d’un salaire permettant de vivre correctement ».

L’enseignante, qui concourt pour la troisième fois à la magistrature suprême, juge nécessaire d’« imposer la répartition du travail entre tous, sans baisse des salaires ».

Le Smic à 2 000 €

Nathalie Arthaud propose que le Smic, comme le montant minimal de toutes les pensions et allocations, soit fixé à 2 000 € net mensuels. En deçà, « on ne peut pas faire face au coût de la vie », juge la candidate de LO. Mais en outre, « il faut une augmentation générale des salaires de base ».

Retraite à 60 ans

L’âge légal de départ à la retraite doit revenir à 60 ans, estime la candidate.

Fabien Roussel demande la « suspension des [licenciements] en cours »

« Sécurité d’emploi ou de formation »

Le candidat du Parti communiste français (PCF) promet l’examen au Parlement d’un projet de loi « sur la sécurité d’emploi ou de formation », incluant « une refonte du service public national de l’emploi », pourvu « de nouvelles missions sur la formation », est-il écrit dans son programme, intitulé « La France des jours heureux », mis en ligne sur le site Fabienroussel2022.fr. Le député du Nord propose ainsi « un nouveau service public unifié de l’emploi et de la formation professionnelle ».

Augmentation des salaires

Fabien Roussel réclame la hausse du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) à 1 500 € net par mois, soit 1 923 € brut.

« La loi imposera qu’aucune branche professionnelle ne puisse décider d’un seuil minimum inférieur au Smic, et que ce seuil soit automatiquement réévalué avec le Smic », indique le programme.

« Les salaires de la fonction publique seront augmentés de 30 % », précise-t-il.

« Par la loi, l’égalité salariale femmes-hommes sera réalisée en un an. » Fabien Roussel va même plus loin. « Des négociations tripartites (État, organisations patronales, organisations syndicales des salariés) seront organisées pour une hausse généralisée de la grille des salaires », promet également le député communiste.

Suspension des « licenciements en cours »

« Tous les plans sociaux et les licenciements en cours seront suspendus », affirme Fabien Roussel. Les plans sociaux sont l’ancienne dénomination des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). La formulation du programme laisse entendre que seuls les licenciements économiques sont concernés. Ce « moratoire donnera le temps d’établir, en toute transparence, la situation réelle de l’entreprise et de mettre en place des solutions alternatives, avec l’obligation qu’elles ne donnent lieu ni à des suppressions d’effectifs, ni à la baisse du prétendu ‘‘coût du travail’’ », est-il écrit dans le programme. 

Des « droits décisionnels nouveaux » pour « les salariés et leurs représentants »

Pour Fabien Roussel, les salariés et leurs représentants doivent obtenir des « droits nouveaux d’intervention », concernant « l’organisation du travail (dont le télétravail), la gestion et les orientations stratégiques de l’entreprise ». Ces droits comprendront « un droit de veto suspensif sur les projets de restructuration et les licenciements »

Les salariés pourront même « obtenir la prise en compte de leurs projets de créations d’emplois, en faisant appel au crédit bancaire pour les financer ». Ils disposeront d’« un droit de préemption en cas de vente de l’entreprise ».

« Des conférences permanentes pour l’emploi »

Le candidat communiste promet la mise sur pied de « conférences permanentes pour l’emploi, la formation, la transformation écologique des productions ». Les participants viseront à « définir des objectifs précis, immédiats et à cinq ans, de créations d’emplois, de formation, de réalisation de l’égalité femmes-hommes, de production de biens et services et de transformation écologique ».

Rétablissement de la retraite à 60 ans

Fabien Roussel propose le rétablissement de la possibilité de prendre sa retraite à 60 ans. « En dégageant une offre importante d’emplois dans des délais rapides, cette mesure associera efficacité économique et progrès social », explique-t-il.

Emmanuel Macron promet le « plein-emploi »

Pôle emploi transformé en « France Travail »

Le président de la République promet « le plein-emploi » durant son éventuel second quinquennat.

Pour ce faire, il propose la transformation de Pôle emploi en un organisme dénommé « France Travail, par la mise en commun des forces de l’Etat, des régions, des départements et des communes », est-il écrit dans son programme, sur le site Avecvous.fr.

Le chef de l’Etat souhaite que le versement du revenu de solidarité active (RSA) soit soumis à l’exercice d’« une activité effective qui permet l’insertion », mais également une nouvelle réforme de l’assurance-chômage. Pour lui, l’indemnisation doit être « plus stricte quand trop d’emplois sont non pourvus, plus généreuse quand le chômage est élevé ».

Le président de la République, qui se félicite des niveaux de l’emploi, a quasiment atteint son objectif d’un taux de chômage de 7 % à la fin de son quinquennat.

Une « solution de garde accessible pour tout parent d’enfant de moins de 3 ans »

Emmanuel Macron souhaite que « tout parent d’enfant de moins de 3 ans » dispose d’une « solution de garde accessible ».

Un « compte épargne temps universel »

Emmanuel Macron prévoit en outre la création d’un « compte-épargne-temps universel, pour monétiser ses RTT, jours de congés ou bien les mettre de côté et choisir, plus tard dans la vie, d’avoir plus de temps pour soi et ses proches ».

« Une mobilisation pour prévenir l’usure professionnelle et lutter contre le chômage des seniors »

Le président de la République envisage un « relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans », assorti d’une « juste prise en compte des cas d’incapacité, des carrières longues ou pénibles » et de la « suppression des principaux régimes spéciaux » pour les nouveaux assurés.

Cependant, il affirme également vouloir une « mobilisation pour prévenir l’usure professionnelle et lutter contre le chômage des seniors »

« Partage des profits » et baisses d’impôts et de cotisations sociales pour « mieux vivre de son travail »

Emmanuel Macron souhaite un triplement de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, qui porte son nom dans le langage courant. Cette prime susceptible d’être versée par des employeurs, est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.

Il promet aussi « un dispositif de partage des profits (prime Macron ou participation ou intéressement) dans les entreprises qui versent des dividendes ».

Le président de la République propose plusieurs mesures pour baisser les impôts et les cotisations sociales :

  • diminution des cotisations pour les indépendants ;
  • suppression de la contribution à l’audiovisuel public (ancienne redevance) ;
  • un abattement sur les successions à hauteur de 150 000 € au lieu de 100 000 € par enfant ;
  • un abattement de 100 000 € sur les successions transmises aux autres membres de la famille (petits-enfants, neveux, nièces, etc).

Marine Le Pen souhaite une « priorité nationale d’accès au logement social et à l’emploi »

La candidate du Rassemblement national (RN) n’a pas abandonné la « préférence nationale » qu’elle préconisait comme son père, Jean-Marie Le Pen. Elle souhaite que soit instaurée une « priorité nationale d’accès au logement social et à l’emploi », est-il indiqué dans le programme de Marine Le Pen, Mlafrance.fr.

Pas d’« autorisation de séjour pour tout étranger » sans travail « depuis un an

Pour Marine Le Pen, les personnes de nationalité étrangères « n’ayant pas travaillé depuis un an en France » doivent se voir « supprimer l’autorisation de séjour ».

Retraite à 60 ans… pour les assurés ayant commencé à travailler avant 20 ans

Les personnes ayant « commencé à travailler avant vingt ans pendant quarante annuités » doivent avoir le droit « de prendre leur retraite à 60 ans », selon Marine Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon promet (aussi) « le plein-emploi »

« Relance durable de l’économie »

Promettant « le plein-emploi », le chef de file de La France insoumise (LFI), candidat pour la troisième fois à l’élection présidentielle, prône, dans son programme diffusé sur le site Melenchon2022.fr, « une relance durable de l’économie au service de l’intérêt général humain ».

S’inspirant pour partie de la doctrine de l’économiste britannique John Maynard Keynes, Jean-Luc Mélenchon reposant :

  • d’un côté sur « la consommation populaire », qui dépend de « la création d’emplois dans le secteur public, l’augmentation des salaires, le partage du temps de travail et la lutte contre la précarité » ;
  • d’un autre côté sur « la relance de l’activité par l’investissement dans la bifurcation écologique ».

Le Smic doit notamment être porté à 1 400 € net.

« Cette stratégie conduira à la création de millions d’emplois », assure le candidat de gauche.

Une nouvelle assurance-chômage

Malgré le plein-emploi, des « périodes de chômage continueront d’exister, entre deux contrats, pour les travailleurs et travailleuses en reconversion, pour les personnes qui rencontrent des difficultés sociales et professionnelles particulières »

Jean-Luc Mélenchon souhaite « une assurance-chômage protectrice du revenu et des droits des travailleurs » et « une sécurité sociale professionnelle ».

Une garantie d’emploi

Pour le représentant de LFI, le « droit à l’emploi » doit figurer dans la Constitution. Le gouvernement garantira ce droit. Les chômeurs de longue durée, c’est-à-dire à la recherche d’un emploi depuis au moins un an, pourront « se voir proposer une embauche dans un secteur utile ».

Baisse du temps de travail

S’il considère que « l’augmentation de la productivité au travail rend largement possible le passage aux 32 heures », Jean-Luc Mélenchon souhaite que ce seuil devienne « immédiatement la norme » pour les personnes exerçant un métier pénible et travaillant de nuit. En vue de généraliser les 32 heures, il prévoit la convocation d’« une conférence nationale sur le partage du temps de travail et l’impact du progrès technologique ».

La durée légale de temps de travail doit être effectivement de 35 heures. Jean-Luc Mélenchon est favorable à « une majoration plus importante des heures supplémentaires : 25 % pour les quatre premières et 50 % au-delà. En mettant fin au contournement légalisé de la durée du travail, cette mesure crée immédiatement des milliers d’emplois ».

La « sixième semaine de congés payés » doit être généralisée dans toutes les entreprises, tandis que « la durée des congés parentaux » doit être la même « pour les deux parents ».

Le chef de file de LFI réclame par ailleurs le rétablissement de la possibilité de prendre sa retraite à 60 ans.

Eric Zemmour : un 13ème mois pour tous

Expulsion des personnes étrangères sans emploi

Le candidat du parti Reconquête souhaite faire du chômage de plus de six mois un motif d’expulsion pour les personnes de nationalité étrangère, est-il inscrit sur Programme.zemmour2022.fr.

Exonérations de cotisations patronales pour les entreprises de moins de 11 salariés

Pour Eric Zemmour, pour encourager les recrutements, il faut « exonérer de cotisations patronales toute petite entreprise de moins de 11 salariés pour deux embauches en CDI, pendant deux ans ».

Soutien à « la mobilité » des chômeurs

Le candidat d’extrême droite souhaite également le versement de « la moitié des droits au chômage en cas de déménagement pour prendre un nouvel emploi », afin de « favoriser la mobilité des chercheurs d’emploi sur le territoire ».

Hausse des rémunérations les plus faibles

L’ancien journaliste prône une augmentation du « salaire des travailleurs modestes du public, du privé et des indépendants ». Cette hausse, qui doit permettre le paiement de « l’équivalent du 13e mois » doit intervenir par une « baisse de la contribution sociale généralisée (CSG) s’appliquant de manière dégressive pour tous les salaires allant du Smic à 2 000 € ».

« Cette mesure sera financée par la suppression des aides sociales non contributives pour les étrangers extra-européens (allocations familiales, RSA, aides au logement, minimum vieillesse…) », précise Eric Zemmour.

Anne Hidalgo souhaite « une assurance-chômage universelle »

Le chômage, un « temps d’activité au service du projet professionnel »

Si elle venait à être élue président de la République, la candidate du Parti socialiste (PS) demandera aux organisations syndicales et patronales « de négocier une assurance-chômage universelle ». Ce « système adapté aux besoins de notre temps, pleinement accessible aux jeunes, qui sécurisera les transitions professionnelles, facilitera la formation continue et permettra à notre modèle économique de faire face aux grandes mutations (changement climatique, révolution numérique et vieillissement de la population) », est-il indiqué dans le programme, diffusé sur le site 2022avechidalgo.fr.

Pour Anne Hidalgo, « le temps de chômage deviendra réellement un temps d’activité au service du projet professionnel, grâce à des bilans de compétence et à la formation tout au long de la vie ».

Tandis que « le service public de l’emploi sera renforcé », le nouveau système « améliorera l’indemnisation des démissionnaires, des travailleurs indépendants et des salariés précaires », tout en assurant « la portabilité intégrale des droits ».

Incitations des entreprises à baisser le temps de travail

Indiquant vouloir répondre « à l’aspiration des Français qui veulent mieux maîtriser leur temps de travail », la candidate socialiste compte « inciter les entreprises qui le souhaitent à avancer vers la réduction du temps de travail ».

« Le compte épargne temps sera rendu universel et mieux doté afin que chaque Français puisse décider tout au long de sa vie de consacrer du temps à des projets personnels (s’occuper d’un proche, se former, s’engager dans une association, etc.) », précise Anne Hidalgo.

Hausse des salaires

La candidate du Parti socialiste (PS) promet une augmentation du « Smic de 15 %, ce qui correspond à 200 € net de plus par mois » et la convocation d’« une conférence sur les salaires avec les organisations patronales et syndicales ».

« Des négociations salariales seront engagées dans les branches professionnelles et dans les entreprises pour faire en sorte que l’augmentation des salaires favorise le plus grand nombre », annonce également Anne Hidalgo. 

« C’est une priorité absolue, tout particulièrement pour les salariés des secteurs essentiels, comme on l’a vu pendant la pandémie. À cette occasion, une révision des grilles de qualification dans les conventions collectives sera opérée », poursuit la candidate socialiste. 

Pour « limiter » entre 1 et 20 les différentes de rémunérations, Anne Hidalgo compte faire adopter la non-déductibilité des rémunérations dépassant ce seuil. Elle propose aussi des mesures en faveur de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Nouveaux droits pour les salariés des PME

La candidate du PS note que les salariés n’ont pas « les mêmes droits réels en matière de formation professionnelle, de loisirs et de congés ».

« Je demanderai aux partenaires sociaux de mettre en place un système d’œuvres sociales et culturelles mutualisées permettant à tous les salariés des petites et moyennes entreprises de bénéficier des avantages qui existent dans les grandes entreprises, grâce à l’action des comités d’entreprise », annonce Anne Hidalgo dans son programme. 

Les comités sociaux et économiques ont pris la suite des délégués du personnel, des comités d’entreprise et des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Leur mise en place est obligatoire dans les entreprises de plus de 11 salariés.

Âge légal de la retraite à 62 ans

La candidate socialiste promet le maintien à 62 ans de « l’âge légal de départ » à la retraite.

Sous l’éventuel quinquennat d’Anne Hidalgo, quatre critères de pénibilité supprimés durant le quinquennat d’Emmanuel Macron doivent rétablis, soit « la manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et l’exposition aux agents chimiques ». Ces critères « seront mesurés selon des modalités simples définies par les branches professionnelles ».

Yannick Jadot propose une « transition écologique pour l’emploi »

Le versement des aides publiques soumis « au respect d’engagements fermes »

Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) affirme, dans le programme que nous a transmis son équipe de campagne, vouloir « la justice sociale pour réussir la transition écologique ».

« Anticipée, maîtrisée, accompagnée, elle représente une formidable opportunité d’innovation, de développement et de création d’emplois », affirme Yannick Jadot.

En faveur de cette transition, le député européen préconise notamment que les « aides publiques perçues chaque année par les entreprises » soient « des leviers de la transformation écologique et de l’égalité ».

Le versement de ces aides doit être soumis « au respect d’engagements fermes en matière d’empreinte carbone, de la protection de la biodiversité, d’emploi, d’évasion fiscale et d’égalité entre les femmes et les hommes ».

Hausse du Smic à 1 500 € net

Le salaire minimum doit être « augmenté à 1 500 € net par mois en cours de mandat », promet Yannick Jadot.

Le candidat écologiste compte imposer une « renégociation des grilles de salaires dès lors que le minima conventionnel se trouve inférieur au Smic, pour assurer l’augmentation de l’ensemble des bas salaires ».

« Nous revaloriserons immédiatement le point d’indice dans la fonction publique et revaloriserons l’ensemble des métiers du médico-social, de l’éducation populaire et du travail social », précise-t-il.

Pour réduire les inégalités salariales, « les revenus supérieurs à 20 Smic » ne seront pas déductibles de l’impôt sur les sociétés ».

Baisse du temps de travail

Yannick Jadot souhaite que les personnes travaillent « moins à des moments de vie choisis » (congé sabbatique, congé parental, formation, engagement associatif, volonté de temps partiel), pour « vivre mieux ».

« Nous lancerons une convention citoyenne sur la question du temps de travail pour préparer une négociation interprofessionnelle qui fixera les modalités de mise en œuvre de cette ambition », précise Yannick Jadot. 

Des pouvoirs supplémentaires pour les salariés

D’après le député européen, « la moitié des membres des conseils d’administration, de surveillance et de rémunération des grandes entreprises » doivent représenter les salariés, la proportion devant atteindre un tiers pour les entreprise » employant 500 à 2 000 personnes.

« Le dialogue social sera renforcé grâce à l’instauration d’un Chèque syndical qui permettra à chaque salarié de soutenir financièrement le syndicat de son choix », précise Yannick Jadot.

Le CDI doit être « la norme »

Pour le candidat écologiste, le contrat à durée indéterminée (CDI), qui est déjà le contrat de travail de droit commun, doit être effectivement « la norme, en sanctionnant les contrats courts, en favorisant le recours à des groupements d’employeurs et en limitant la contractualisation dans la fonction publique »

« Nous supprimerons le plafond des indemnités prud’homales en cas de licenciement fautif et abrogerons la réforme de l’assurance chômage. Nous lutterons contre le travail dissimulé et instaurerons une présomption de salariat pour les travailleurs des plateformes », précise le programme.

Selon Yannick Jadot, les micro-entrepreneurs doivent bénéficier d’« un socle de droits (assurance maladie, protection en cas d’accident, retraite, etc.) ».

Lutte « contre le chômage de longue durée »

Le député européen affirme vouloir lutter « contre le chômage de longue durée, par des dispositifs adaptés aux territoires »

« Droit à la conversion pour les métiers en transition écologique »

Pour prévenir les critiques suivant lesquelles la préservation de l’environnement risquede se faire au détriment de l’emploi, Yannick Jadot se dit favorable à « un droit à la conversion pour les métiers en transition ».

« La transition écologique implique d’importantes mutations économiques dans les secteurs des transports, de l’aéronautique, de l’agroalimentaire et de l’énergie », souligne-t-il. 

« Dans les territoires concernés par ces transformations, nous signerons avec les collectivités locales, les entreprises et les partenaires sociaux un contrat de sécurisation des transitions professionnelles, qui offrira un droit à la reconversion des travailleurs », précise-t-il. « Les pouvoirs publics y financeront la formation des personnes concernées, l’aide à l’implantation de nouvelles filières, l’aménagement des infrastructures et la transformation de l’appareil productif », affirme Yannick Jadot. 

Jean Lassalle promet le Smic à 1 400 € net

Le Smic à 1 400 €

Le député, candidat à l’élection présidentielle pour le parti Résistons !, promet une revalorisation du Smic à hauteur de 1 400 € net, selon son programme diffusé sur le site Jl2022.fr.

Exonérations de cotisations sociales et de taxe foncière

Les très petites entreprises (TPE), soit la plupart des entreprises de moins de 10 salariés, doivent être exonérées de cotisations sociales pour le recrutement des deux premiers salariés, propose Jean Lassalle.

Le parlementaire souhaite par ailleurs l’instauration d’une dispense de taxe foncière et d’impôt sur les sociétés pour les entreprises « dont le siège est installé dans les communes de moins de 15 000 habitants ».

Soutien à l’économie

Jean Lassalle souhaite que l’Etat reprenne « l’initiative dans les secteurs clefs de l’économie : agriculture, industrie, énergies nouvelles, automobile, aéronautique, routes, recherche spatiale… »

Il estime nécessaire d’établir « un plan Marshall pour la réindustrialisation de la France », sans détailler le contenu possible de ce plan.

Simplification du droit du travail

L’élu réclame « un audit du droit du travail pour simplifier les règles qui pèsent sur les épaules des employeurs et des salariés ». Se faisant le porte-voix d’un credo libéral, il appelle à la lutte « contre le poids des normes et des surréglementations [sic] ».

Maintien du système de « retraite par répartition »

Le député des Pyrénées-Atlantiques souhaite le maintien de « la retraite par répartition ». Pour lui, il faut « établir la retraite en fonction des annuités de cotisation, dès le plus jeune âge, et créer un organisme aidant au calcul simple des points acquis au cours d’une vie professionnelle ».

Valérie Pécresse fait revivre le slogan « Travailler plus pour gagner plus »

[Heures supplémentaires] totalement exonérées

Fidèle à l’opposition de la droite aux 35 heures, la candidate du parti Les Républicains (LR) souhaite une exonération de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu des rémunérations tirées des heures supplémentaires, soit celles « au-delà de 35 heures, sans plafond », est-il inscrit dans le programme Valeriepecresse.fr.

Sans vouloir supprimer cette durée légale de travail, la présidente du conseil régional d’Ile-de-France propose également la « liberté de négocier le temps de travail par entreprise, avec recours possible au référendum en l’absence d’accord, pour sortir des 35 heures ». Elle fait ainsi revivre le slogan utilisé par Nicolas Sarkozy durant sa campagne présidentielle victorieuse de 2007 : « Travailler plus pour gagner plus. »

Hausse du salaire net de 10 % en 5 ans par des exonérations de cotisations sociales

Selon Valérie Pécresse, le salaire net doit progresser de « 10 % en cinq ans pour tous ceux qui gagnent moins de 2 800 € par mois ; cela représente au moins 500 € de plus par an en 2023 ». Cette hausse doit intervenir par le biais de diminutions de cotisations sociales.

Conversion intégrale possible des RTT en salaires

Pour la candidate de droite, les jours de réduction du temps de travail (RTT) doivent pouvoir être converties « en salaire, sans charge et sans limite »

Une liberté de cumuler « emploi et retraite, sans limite » doit être ouverte.

Selon Valérie Pécresse, il faut en outre « développer l’intéressement et la participation, pour en faire un véritable dividende salarié ».

Nouveau recul des impôts de production

La présidente du conseil régionale d’Ile-de-France souhaite une diminution de 10 Md€ « des impôts de production pour les entreprises ». L’ensemble des « entreprises » doit bénéficier d’une « simplification radicale des procédures et autorisations ».

Retraite à 65 ans

Pour Valérie Pécresse, « l’âge légal de départ à la retraite » doit être fixé à « 65 ans à horizon 2030, avec la prise en compte de la pénibilité et des carrières longues ».

Tout assuré ayant mené « une carrière complète » doit avoir droit à une pension au moins égale au Smic net mensuel.

Philippe Poutou : 28h de travail par semaine

32 heures puis 28 heures de travail par semaine

Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) souhaite une réduction à 32 heures puis à 28 heures de la durée légale hebdomadaire de travail.

« Nous voulons réorganiser la production et les services pour rendre le travail émancipateur. Il faut réduire le temps de travail pour changer nos vies : plus de temps pour s’occuper de soi et des siens, pour assumer à égalité les tâches domestiques », est-il écrit dans le programme diffusé sur le site Poutou2022.org.

Le conseiller municipal de Bordeaux réclame également une sixième semaine de congés payés.

Hausse des salaires

Selon Philippe Poutou, « les écarts de salaires ne devraient pas s’étendre au-delà de cinq fois le Smic », ce dernier devant être fixé à 1 800 € net.

Le candidat du NPA, formation d’inspiration trotskiste, propose le retour de « l’échelle mobile des salaires », où l’évolution des rémunérations est liée à l’inflation.

Interdiction des licenciements

Philippe Poutou prône « l’interdiction des licenciements, en premier lieu dans les entreprises qui font des profits ». Pour lui, il est nécessaire de « mettre sous contrôle les entreprises qui licencient, jusqu’à la possible réquisition ». S’agissant des entreprises en difficulté, « il faut imposer la continuité du salaire et du contrat de travail (financement assuré par le patronat, en particulier celui de la branche concernée) », précise le programme. Le candidat du NPA appelle également à « socialiser les productions indispensables et [à] reconvertir celles qui polluent ».

Retraite à 60 ans

L’âge légal de départ à la retraite doit être fixé à 60 ans, d’après Philippe Poutou, qui souhaite un départ à « 55 ans pour les travaux pénibles ».

Nicolas Dupont-Aignan promet la création d’un million d’emplois

« Cercle vertueux de croissance »

Pour le candidat du parti Debout la France (DLF), des « hausses simultanées de l’investissement et du pouvoir d’achat permettront de retrouver la croissance, de créer un million d’emplois et d’augmenter le pouvoir d’achat », est-il indiqué dans son programme publié sur le site 2022nda.fr.

Nicolas Dupont-Aignan prône « une politique de rupture » répondant à « deux grands objectifs » :

  • « récompenser le travail et le mérite en augmentant le pouvoir d’achat afin de déclencher un cercle vertueux de croissance et de renforcer la différence entre ceux qui font l’effort de se lever et ceux qui vivent des allocations » ;
  • diminuer de façon massive « les charges et les impôts pour les entreprises qui investissent et qui produisent en France, notamment les PME »

Une « immigration économique » en lien avec « l’importance du taux de chômage »

Le député de l’Essonne veut lier « l’immigration économique à l’importance du taux de chômage »

« Si ce dernier est élevé, cette immigration doit être exceptionnelle », estime Nicolas Dupont-Aignan.

Insertion professionnelle des plus jeunes

Nicolas Dupont-Aignan promet de « doper l’apprentissage, qui offre aux jeunes une formation duale, pratique en entreprise et théorique en école et [de] viser 1 million d’apprentis à la fin du quinquennat ».

Pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes les plus jeunes, le candidat de Debout la France propose également le rétablissement d’« un service national de trois mois obligatoire, au cours duquel les jeunes auront droit à un passage du permis de conduire ». Ce dispositif « sera aménageable en service militaire de un an pour ceux qui le souhaitent ».

Nicolas Dupont-Aignan propose en outre la création d’un « parcours de la deuxième chance pour les jeunes sans qualification leur permettant d’alterner entre formations et expériences professionnelles ».

Retraite : maintien de l’âge légal à 62 ans

Pour Nicolas Dupont-Aignan, « l’âge minimum de départ à la retraite », à 62 ans, et la durée d’assurance, qui peut atteindre jusqu’à quarante-trois ans pour les personnes nées à partir de 1973, doivent être maintenus « aux niveaux actuels ».

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