Un diplôme pour valider l’expérience

Un diplôme pour valider l’expérience

Vous pouvez obtenir un diplôme grâce à vos compétences professionnelles en demandant une validation des acquis de l’expérience (VAE).

La validation des acquis de l’expérience s’adresse, depuis 2002 (loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale, décret n° 2002-590 du 24 avril 2002), aux salariés (en CDD, CDI ou intérim), aux bénévoles dans une association, à ceux qui œuvrent aux côtés de leur conjoint artisan, commerçant ou agriculteur. Également à ceux qui sont en recherche d’emploi et qui souhaitent faire reconnaître les compétences acquises par leur expérience. La VAE leur permet de décrocher un diplôme. Ils doivent justifier d’au moins trois années d’activité en lien avec la certification visée.

La VAE, vecteur de reconnaissance

Pour les personnes qui ont appris leur métier "sur le tas", la VAE représente un outil de reconnaissance sociale. Tania Betschish, 40 ans, travaille depuis plusieurs années pour une association d’aide à domicile aux personnes âgées. Malgré un niveau d’études supérieures obtenu dans son pays d’origine (la Yougoslavie), elle n’avait pas de diplôme français attestant ses compétences actuelles.

Elle vient d’obtenir le titre d’"assistante de vie aux familles" auprès de l’Afpa des Yvelines : "Cette validation de mon expérience m’a apporté une reconnaissance sociale et professionnelle et m’a redonné confiance. Avec ce diplôme, je peux envisager de suivre une autre formation, par exemple celle d’aide-soignante."

La VAE requiert une grande motivation

La VAE reconnaît des compétences en dehors de la formation initiale, mais "toutes les expériences ne peuvent pas donner lieu à validation, explique Stéphanie Guibert, chef de service VAE au Conservatoire national des arts et métiers. Parfois, trois années d’activité sont insuffisantes et seuls certains éléments de l’expérience des candidats correspondent au niveau de la certification visée."

Pour éviter bien des déceptions, votre projet doit être mûri. "Entreprendre une démarche de VAE requiert une grande motivation", précise Cécile Josse, auteure de "Réussir sa démarche de VAE". Vous devez constituer un dossier dans lequel vous expliquez de manière claire et précise en quoi consistent les tâches que vous accomplissez. Vous aurez aussi à présenter devant un jury les preuves de votre qualification et de vos compétences.

Entre la constitution du dossier et le passage devant les examinateurs, il faut compter entre six mois et un an. Sur environ 60 000 dossiers jugés recevables par les principaux ministères certificateurs, seulement 26 000 certifications ont été délivrées pour l’année 2006. Les niveaux de qualification les plus représentés sont les niveaux IV et V (bac, CAP et BEP).

Le vaste choix des certifications

Pour vous aider à constituer votre dossier, vous devez contacter un point information conseil (Pic). Ils sont souvent hébergés dans des structures telles que les agences locales pour l’emploi, missions locales, etc. Un spécialiste évaluera la pertinence de votre projet, le besoin d’une action de formation, et l’adéquation entre la certification visée et votre expérience professionnelle.

La liste des diplômes et des titres professionnels accessibles par la VAE figure dans le répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Elle comprend la plupart des diplômes de l’enseignement supérieur, les diplômes et titres professionnels délivrés par certains ministères, par les chambres de commerce et d’industrie, les chambres de métiers et de l’artisanat, ou l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). Elle inclut également les certificats de qualification professionnelle accordés par certaines branches professionnelles, notamment dans le bâtiment, l’hôtellerie, les travaux publics ou les transports.

Se faire accompagner dans sa démarche

Si vous êtes sûr de vous engager dans la bonne voie, vous remplirez un formulaire de "demande de recevabilité". Une fois cette demande acceptée, le plus gros reste à faire : constituer le dossier de présentation de votre expérience.

À ce stade, vous faire accompagner par l’organisme certificateur ou un prestataire habilité (Afpa ou Pôle emploi, par exemple) est fortement conseillé, comme le confirme Noreddine Abidi, référent VAE à l’Afpa des Yvelines : "Les candidats doivent se présenter à la validation des acquis en connaissance de cause. Nous les aidons à formuler leurs compétences pour qu’elles correspondent au référentiel de la certification visée, car c’est un travail difficile à effectuer. Nous expliquons précisément le déroulement des épreuves et les modalités d’évaluation sur lesquelles le jury va fonder sa décision."

Financer sa VAE

Cet accompagnement a un coût, mais vous pouvez le faire financer.

Les salariés peuvent demander un congé VAE d’une durée maximale de 24 heures en équivalent temps de travail. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée. Ils adressent un courrier à leur employeur, au moins soixante jours avant le début des actions de validation envisagées. Il a un mois pour répondre.

L’employeur ne peut pas refuser, mais il peut reporter la demande de six mois au maximum. Il faudra ensuite solliciter la prise en charge de la rémunération et des dépenses liées aux actions de validation (accompagnement, préparation à l’évaluation, épreuves de validation) auprès de l’organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) dont relève l’employeur.

Pour les demandeurs d’emploi, les non-salariés, les intermittents du spectacle, les personnes en contrat d’insertion ou les agents de la fonction publique, les conditions d’ancienneté et les modalités de prise en charge diffèrent selon le statut. Ils doivent se renseigner auprès du point information conseil ou sur le site www.vae.gouv.fr.

Sanctionné par jury

Une fois constitué, votre dossier est examiné par un jury, composé de représentants d’employeurs et de salariés et d’au moins un quart de professionnels du domaine concerné. Il évalue vos connaissances et vos compétences en fonction du référentiel établi pour la certification visée.

En complément du dossier, une vérification de vos acquis pourra être effectuée lors d’une mise en situation professionnelle reconstituée. La mise en situation sera suivie d’un entretien.

Si vous n’obtenez pas votre diplôme, ne vous découragez pas. Il est conseillé de faire le point avec le certificateur pour comprendre les raisons de cet échec.

Le jury peut vous accorder la validation totale ou partielle. Dans ce dernier cas - hormis pour les diplômes de l’enseignement supérieur pour lesquels aucun délai n’est exigé -, vous disposez de cinq ans pour compléter votre formation par des cours ou une expérience professionnelle et vous faire réévaluer.

En savoir plus

www.vae.gouv.fr : le portail national de la VAE. Tous les renseignements utiles, dont la liste des points information conseil et celle des diplômes et titres professionnels

www.cncp.gouv.fr : le site de la Commission nationale de la certification professionnelle. Pour consulter le répertoire national des certifications

www.droit-de-la-formation.fr

www.oriadisvae.fr : le site de l’Afpa sur la VAE

www.education.gouv.fr