Se former pour changer de métier

Se former pour changer de métier

Licenciement ou mal-être au travail, lorsqu’un salarié décide de changer d’activité, il doit commencer par suivre une formation. À condition d’emprunter la bonne voie et de trouver le financement.

Quand le changement de métier est radical, il s’accompagne souvent de la recherche d’une formation… et de son financement.

Demander un congé individuel de formation (Cif)

Les salariés justifiant d’une ancienneté de vingt-quatre mois, consécutifs ou non, dont douze mois dans l’entreprise, peuvent demander un congé individuel de formation (Cif) ou 36 mois pour ceux travaillant dans une entreprise artisanale de moins de 10 salariés.

Ce congé leur permet de s’absenter de l’entreprise pour suivre la formation de leur choix d’une durée maximale d’un an à temps plein. Si l’employeur peut en demander le report (neuf mois) pour des motifs précis, il ne peut pas s’y opposer.

Pour les salariés en CDD, ils doivent avoir travaillé 24 mois consécutifs ou non au cours des 5 dernières années, dont 4 mois en CDD dans les 12 derniers mois.

Ce dispositif présente un double intérêt : le coût de la formation et le maintien du salaire sont pris en charge par un organisme paritaire collecteur (Fongecif ou Opca).

Cependant, seuls les dossiers solides obtiennent un financement. En 2010, le Fongecif d’Île-de-France n'a satisfait qu’une demande sur deux. Un profil prioritaire a été établi : les salariés non qualifiés de plus de 40 ans issus d’entreprises de moins de 250 salariés.

« De plus en plus souvent, les projets qui l’emportent sont ceux composés d’un financement mixte, une partie par le Fongecif et une partie par le salarié », assure Christina Gierse.

Les jeunes de moins de 26 ans accèdent au CIF en CDD s’ils justifient de 12 mois d'activité salariée durant les 5 dernières années dont 4 mois d'activité salariée au cours des 12 derniers mois. Le contrat d'apprentissage et le contrat de professionnalisation sont pour ces jeunes pris en compte dans le calcul de l'activité salariée.

Réussir les épreuves de sélection

Obtenir une formation dans le cadre du Cif qui corresponde au métier choisi n’est pas simple. De nombreuses écoles ou organismes de formation pour adultes (Greta, Afpa, Cnam, CCI…) proposent des parcours adaptés mais parfois compliqués à mettre en œuvre.

Au sein de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), qui dispose d’un catalogue de 700 formations sur près de 300 métiers, le candidat doit parvenir, par exemple, à entrer en contact directement avec les formateurs, car ce sont les mieux placés pour le renseigner, puis le recruter.

À l’atelier de l’Afpa de Toulouse, qui forme aux métiers du bâtiment (assistant chef de chantier, technicien d’étude…), la sélection des stagiaires est sévère : « Les candidats doivent préparer leur projet et avoir déjà une idée précise du métier, confie Jean-Marc Strazieri, responsable de la formation.

Ils doivent s’informer sur la nature des épreuves (maths, français, tests psycho) et s’entraîner avant. Je les encourage à rencontrer directement les formateurs, par exemple lors des “Jeudis de l’Afpa” ou des journées portes ouvertes. »

Les aides à la formation de Pôle emploi

La préparation opérationnelle à l’emploi (POE) est une aide à la formation allouée à une entreprise qui s’engage à recruter un demandeur d’emploi (en CDI ou en CDD d'au mois 12 mois) après une période de formation. Celle-ci se compose d’un bilan de compétences et de 400 heures de formation au plus avant l’embauche du candidat.

Le contrat de sécurisation professionnelle s'adresse aux salariés visés par une procédure de licenciement économique et qui justifient d'au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise.

Une allocation égale à l'allocation d'assurance chômage (allocation d'aide au retour à l'emploi) leur sera versée.

Ce contrat de sécurisation professionnelle donnera lieu à un entretien individuel de pré-bilan organisé par Pôle emploi et un bilan de compétences afin d'identifier le projet de reclassement.

Tenter les concours de la fonction publique pour changer de métier

La mobilité accrue des agents de la fonction publique, la plus grande stabilité de l’emploi et la suppression des limites d’âge aux concours d’entrée attirent de plus en plus de personnes vers le secteur public.

D’autant qu’une troisième voie de concours a été ouverte aux personnes pouvant justifier d’une expérience professionnelle d’au moins cinq ans en tant que salarié de droit privé, travailleur indépendant, membre d’une assemblée élue d’une collectivité territoriale ou bénévole d’une association.

Soigner son nouveau CV

Formé à un nouveau métier, le reconverti repart presque de zéro. Jeune, quadragénaire ou senior, il doit élaborer un nouveau CV mettant en avant ses compétences.

Les réseaux sociaux, comme Viadeo ou LinkedIn, fournissent une mine de renseignements utiles sur le nouveau métier visé et permettent de postuler plus efficacement.

De nombreuses personnes en reconversion éprouvent le besoin de raconter leur parcours, les différentes étapes de leur réflexion. Sur leur blog, elles relatent ce cheminement.

En savoir plus 

- Le site du Fongecif de votre région : coordonnées sur www.fongecif.com
- Les Greta (groupement d’établissements publics d’enseignement) : www.education.gouv.fr
- Pour les salariés intérimaires, le Fonds d’assurance formation du travail temporaire (FAF-TT) : 01 73 78 13 30 ou www.faftt.fr
- La validation des acquis de l’expérience : www.vae.gouv.fr
- Les concours de la fonction publique : http://www.fonction-publique.gouv.fr rubrique score
- Le site de Pôle emploi : http://emploiparlonsnet.fr et www.pole-emploi.fr
- D’autres sites : www.apec.fr, www.orientation-pour-tous.fr

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