Monter un business plan en 4 étapes

Monter un business plan en 4 étapes

Bien décidé à créer votre entreprise, vous êtes persuadé que votre projet a un fort potentiel. Reste à trouver des capitaux, et donc à convaincre des investisseurs de vous faire confiance. Pour y parvenir, le business plan est un outil incontournable.

1- Réfléchir à un projet viable

Le business plan est un document de présentation qui doit donner une idée précise de votre projet. Les raisons d’être de ce plan sont multiples :

  • convaincre des investisseurs,
  • décrocher des aides,
  • participer à des concours,
  • recruter de futurs associés…

La réalisation de ce document oblige à une réflexion approfondie. L’enjeu est de tester la viabilité d’un projet.

« Les candidats négligent souvent cette étape pour se concentrer sur la faisabilité commerciale, financière et juridique de leur projet. C’est une erreur ! La maturation d’une idée doit tenir compte d’éléments plus personnels », souligne-t-on à l’Agence pour la création d’entreprises (APCE).

« Ce n’est pas le business plan qui fait l’entrepreneur, mais l’inverse », rappelle Jean-Christophe Pic, expert business plan et professeur associé au Celsa Paris-Sorbonne.

Comment procéder ?

Décrivez votre idée sur une feuille de papier en laissant libre court à votre créativité, à votre enthousiasme… Ces « éléments de langage » personnels et spontanés feront de votre plan un document unique. Une démarche qui a son importance car, au-delà de l’aspect financier, les investisseurs cherchent à mesurer la cohérence entre un homme (ou une femme) et son projet.

2- Concevoir un plan précis

Le business plan reste un exercice de style… au style imposé. Plusieurs informations incontournables doivent y figurer : le projet, avec la description des produits et services, des équipes, du marché, de la clientèle et de la stratégie ainsi que le dossier financier.

Les Clés de la banque - Entrepreneurs, le site de la Fédération bancaire française, met à disposition un modèle vierge à télécharger gratuitement sur lesclesdelabanque.com. L’intérêt n’est pas de faire du copier-coller, mais d’avoir une idée précise des informations réclamées afin de n’en oublier aucune.

Dans sa version complète, un business plan peut comporter vingt pages. Mais, prévoyez une version « allégée » pour les présentations orales.

« Sélectionnez une dizaine de diapositives, par exemple le besoin identifié, la ­solution, le modèle­ économique, la concurrence, les atouts qui différencient votre projet des autres, la méthode de commercialisation et de marketing, l’équipe, les perspectives de chiffre d’affaires, et un focus sur la situation actuelle », explique Chi Lan Vu, une  chef d’entreprise dont le projet vedavia.com a obtenu la bourse French Tech 2014 de BPI France. Elle a créé un site internet qui répertorie les praticiens en médecine douce.

3- Élaborer le volet financier

Il s’agit de la partie la plus délicate et redoutée du business plan. S’il ne faut pas s’attarder en vain sur des projections à trois ou cinq ans – tout investisseur chevronné sait bien qu’elles ne seront pas tenues –, montrez cependant que vous avez envisagé toutes les options, des plus optimistes aux plus pessimistes.

Parmi les éléments qui doivent figurer dans cette partie se trouvent :

  • un compte de résultat prévisionnel ;
  • un plan de trésorerie, un plan de financement (ressources, ­besoins en financement à court, moyen et long terme, utilisation des fonds) ;
  • un seuil de rentabilité.

Chaque euro investi doit pouvoir être justifié.

En revanche, lorsque vous cherchez à lever des fonds, sachez qu’avoir un apport n’est­ pas ­indispensable : la règle du 50/50 (le demandeur­ apporte 50 %, le prêteur 50 %) n’est pas de mise avec les business angels (anges des affaires).

Ces derniers investissent dans des entreprises innovantes, prêts à prendre en charge jusqu’à 100 % d’un projet jugé sérieux. Ils mettent également leurs compétences à la disposition des entrepreneurs.

4- Mettre en place  un outil de pilotage

En regroupant tous les indicateurs fluctuants que sont les prévisions financières (ventes, coûts, possibilités de financement…), le business plan présente une utilité bien au-delà du démarrage de l’entreprise.

« Une mise à jour tous les trois mois, ainsi que lors de tout changement (environnement, produit, projet…), est indispensable pour en faire un outil efficace d’aide à la décision, explique Jean-Christophe Pic. Pour pouvoir être mis à jour, le document doit contenir une cartographie précise de vos finances. »

Il permet la mise en place de « tableaux de bord » du suivi de l’activité afin de vérifier si les objectifs sont atteints. Si des écarts sont constatés entre ce qui était prévu dans le business plan et ce qui est réalisé, le chef d’entreprise prendra les décisions nécessaires.

Comment tenir le cap

Soyez réaliste : « Mon idée est géniale », « Je vais révolutionner le marché »... Attention de ne pas tomber l’excès.
Soyez souple : en cas de blocage, revoyez votre offre rapidement.
Soyez entouré : appuyez-vous sur votre entourage qui vous apportera un équilibre affectif indispensable.
Relativisez : l’« échec » en France est appelé « expérience » par les Américains.

Contacts

  • Chambres de commerce et d’industrie : le réseau des CCI (cci.fr/web/creation-d-entreprise) organise des sessions d’information et d’accompagnement pour les créateurs d’entreprise.

  • Agence pour la création d’entreprise : sur apce.com/pid346/forums.html, vous trouverez des informations et un forum administré par des experts en création d’entreprise.

  • À lire : Construire son business plan, Catherine Léger-Jarniou et Georges Kalousis, Éd. Dunod (2014).

Les conseils d'un expert

Patrick Rizzo, business angel et membre du réseau Club Invest 77, liste quatre conseils :

  1. En matière de rédaction d’un business plan, l’erreur la plus courante consiste à ne pas être assez synthétique.
     
  2. La seconde est de trop tarder à décrire son projet : il faut parfois attendre la vingtième page pour que l’on comprenne de quoi il est question. Comme l’investisseur n’est pas un expert dans tous les domaines, il faut lui donner rapidement des clefs.
     
  3. Le troisième point à surveiller est le profil du porteur de projet. Sans aller jusqu’à un CV remontant au bac, il nous faut pouvoir déterminer en quoi les compétences de l’équipe correspondent aux différentes fonctions de la future entreprise.
     
  4. Dernier conseil : ne pas trop en faire avec les chiffres. Nous cherchons avant tout à détecter si la personne est capable de se poser les bonnes questions.