Les jobs d'été pour les étudiants

Profiter des semaines de vacances pour travailler et gagner un peu d’argent, découvrir la vie professionnelle et acquérir des compétences, beaucoup d'étudiants le souhaitent. Encore faut-il dégoter un petit boulot. Marche à suivre.

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8mn de lecture
La restauration recrute beaucoup d'étudiants en été.
© Ferrantraite / Istock

Préparez vos CV et lettre de motivation

La grande majorité des employeurs commence à recruter aux mois de mars-avril, voire plus tôt. Vous devez donc dès aujourd’hui préparer votre CV et votre lettre de motivation, ce qui n’est pas simple lorsque l’on n’a pas ou peu d’expérience : faites-vous aider par des proches, des conseillers du Cidj ou du Pôle Emploi. Si vous comptez postuler en porte-à-porte, ou par sur un salon, il sera inutile de fournir une lettre de motivation, destinée à solliciter un entretien. Mais votre CV devra alors inclure des informations concises sur vous, par exemple par des phrases d’accroche : qui vous êtes, votre formation, vos qualités, etc. « Vous devez plutôt orienter votre CV sur vos savoir-faire et savoir-être », conseille Maya Charloton, de Pôle emploi. Il doit refléter tout ce que vous avez pu développer pendant la scolarité (travaux de groupe, séjours linguistiques, délégué de classe…) et/ou sur le temps extra-scolaire (bénévolat, sport ou instrument à haut niveau, baby-sittings etc.). L’objectif est de faire ressortir vos compétences (BAFA, informatique, langues, organisation…) et vos qualités (sociabilité, détermination, débrouillardise, résistance physique, etc.), les fameuses "soft skills".

Lorsque vous envoyez vos candidatures par courriel, il est recommandé d’inclure dans le corps du message une lettre de motivation personnalisée qui doit donner envie à l’entreprise d’ouvrir votre CV et de vous rencontrer – attention à l’orthographe ! « Avant de postuler, étudiez la Fiche Métier du job pour déterminer les compétences impératives et vous en inspirer, conseille Maya Charloton. Et, même sans être inscrit comme demandeur d’emploi, vous pouvez profiter de nombreux outils en ligne : aides à la rédaction, modèles de CV, e-learning, mooc etc. »

Travaillez votre présentation orale

L’entretien sera l’occasion de vous différencier : réfléchissez à vos expériences et à vos qualités, entraînez-vous à répondre à des questions de tous ordres, trouvez un « pitch » pour vous présenter et donner au recruteur l’envie de garder votre CV. « Quelques semaines avant de postuler, venez au Cidj pour travailler les entretiens grâce à des coachings individuels », recommande Valérie Deflandre, qui y est conseillère. « Nous rappelons aux étudiants le principe d’un entretien, leur donnons des pistes pour être convaincants et mettre en avant leurs atouts. Et nos équipes sont aussi sur les salons pour les préparer, les motiver… et les rassurer ! », poursuit-elle.

Multipliez les pistes

Dès le mois de mars, donc, n’hésitez pas à multiplier les candidatures pour chercher le job idéal… en organisant leur suivi – aidez-vous de services comme Boxmyjob.com ou Memo.pole-emploi.fr. Utilisez bien sûr votre réseau et le bouche-à-oreille : alertez vos proches, et faites du porte-à-porte auprès des entreprises, des commerçants, des agriculteurs ou des services publics locaux. Surveillez et utilisez les réseaux sociaux. Participez aussi aux Salons des jobs d’été (agenda sur http://www.jobs-ete.com/) que le CIDJ et Pôle emploi organisent chaque année, en mars-avril, dans toute la France. « L’an dernier, à Paris, les 49 entreprises présentes ont proposé 8 000 offres d’emploi, pour 6 000 visiteurs », décrit Valérie Deflandre.

Pour rappel, voici les principaux secteurs qui recrutent en jobs d’été : agriculture, tourisme, animation, sport et loisirs (clubs, campings, parcs de loisirs, festivals, salons, offices du tourisme, événementiel, lieux culturels…), commerce et grande distribution, hôtellerie-restauration, aires d’autoroutes, services à la personne, téléassistance... Et tous les petits boulots que l’on peut trouver dans le secteur tertiaire en période estivale : tri de courrier, classement, accueil, etc.

« Ma passion pour le vélo a été déterminante »

Raphaël, 19 ans, étudiant en région parisienne : "Cela fait bientôt dix ans que je pratique le VTT en compétition, en Coupe de France et à l’international. Lorsque j’ai cherché un job d’été, je ne me suis pas beaucoup posé de questions : en terminale, vers le mois d’avril, je suis allé voir le magasin de cycles dont je suis client depuis toujours pour leur demander de me prendre au mois de juillet. Nous nous connaissons bien, car nous faisons en plus partie du même club de VTT et roulons ensemble régulièrement : le patron savait donc que j’étais vraiment compétent en la matière ! Néanmoins, il n’était pas certain d’avoir besoin de moi, et j’ai dû le relancer plusieurs fois. Si je n’avais pas été un passionné, et sans ma détermination, il ne m’aurait pas pris."

Relancez et ne vous découragez pas !

Deux à trois semaines après avoir envoyé ou déposé vos candidatures, il faudra surtout relancer ! « Ce n’est pas considéré comme du harcèlement, mais comme de la motivation », insiste Maya Charloton. Si vous la contactez une à trois fois, l’entreprise se souviendra de vous au moment de son recrutement saisonnier.

Enfin, il ne faut pas se décourager ! On trouve des offres de dernière minute jusqu’en juillet, parce qu’un saisonnier n’est pas venu, qu’il n’a pas fait l’affaire, ou parce qu’il y a un besoin accru de main-d’œuvre…

« Chaque été, je suis vendeuse »

Alexine, 21 ans, actuellement étudiante à Oxford : "Depuis mes 18 ans, je travaille un mois chaque été dans une chaîne de bagagerie-maroquinerie à Paris. J’y avais effectué mon stage d’observation en seconde, les propriétaires sont de ma famille. Lorsque j’ai voulu trouver un job d’été, je me suis tournée vers eux. J’y suis vendeuse, et récemment, j’ai tenu la caisse. Aucune compétence particulière n’est exigée, sauf de maîtriser un peu l’anglais pour les touristes, d’avoir le sens du contact, et d’être surtout dynamique et débrouillarde. Je pense que ce n’est pas parce que vous avez obtenu un job par relation que vous êtes moins légitime qu’un autre. Si je n’étais pas compétente, je n’y serais pas reprise !"

Postulez à l’étranger, même si vous êtes encore mineur

Effectuer un job d’été à l’étranger permet d’allier rémunération, progrès linguistiques et voyage, et constituera le cas échéant un vrai atout sur un CV. « Plus le pays est éloigné, plus on postule tôt, et plus on reste longtemps », recommande Dominique Girerd du Club Teli, une association qui aide les jeunes à trouver des emplois à l’étranger. Car il faut anticiper les demandes de visas et amortir le coût du transport… En Europe, une simple carte d’identité suffit pour partir du jour au lendemain. Ailleurs, pour les majeurs, il faut détenir soit un visa de travail, soit un Permis Vacances Travail, facile à obtenir, qui permet de voyager tout en travaillant dans une quinzaine de pays. Visez les secteurs qui accueillent des touristes français : hôtels-clubs, campings, parcs d’attractions, bateaux de croisière, etc. Mettez en avant votre culture française, en postulant dans les boulangeries, les restaurants, les caves à vin, ou auprès des offices de tourisme. Bien sûr, profitez de vos compétences particulières (moniteur de voile, de plongée, d’escalade…). Et, même avec un faible niveau de langue, on peut décrocher des petits boulots, pour peu qu’ils ne soient pas en relation directe avec du public.

Enfin, paradoxalement, il est plus facile pour un mineur de travailler en Europe qu’en France où les entreprises sont alors soumises à de lourdes obligations. Ce que confirme Dominique Girerd : « Les employeurs européens trouvent dans les nombreux mineurs que nous leur envoyons une main-d’œuvre souvent extrêmement motivée… et parfois payée moins cher que des majeurs… ». Attention, un mineur ne peut se loger seul, il est donc recommandé de trouver un emploi avec hébergement. Et, pour rassurer les parents, privilégiez les jobs proposés par le biais d’associations d’échanges, encadrées et contrôlées.

« À 16 ans, j’ai travaillé dans une ferme en Suisse »

Judith, 22 ans, actuellement en stage au Luxembourg : "L’été de mes 16 ans, j’ai souhaité trouver un job à l’étranger pour gagner un peu d’argent et progresser en langues – je savais qu’étant mineure, en France, ça serait compliqué. En surfant sur internet, j’ai trouvé une association qui met en relation des agriculteurs suisses et des jeunes pour travailler à la ferme : voilà comment je me suis retrouvée un mois en Suisse alémanique à m’occuper d’un troupeau de vaches… Et j’ai adoré ça ! Comme j’étais nourrie-logée, le salaire était minoré, et il m’a fallu payer mes billets de train : le bilan financier n’a donc pas été terrible. Mais d’un point de vue langue et expérience, c’était formidable. D’avoir fait cela à 16 ans, c’est aujourd’hui un vrai plus sur mon CV !"

Se soucier du logement

Barman en août sur la Côte d’Azur : sympathique perspective ! Mais dans un marché immobilier estival hypertendu, impossible de se loger… « Si vous n’avez pas de famille sur place, pensez à la colocation, aux campings, aux auberges de jeunesse, aux amis d’amis », recommande Maya Charloton. Adressez-vous aussi aux mairies (qui ouvrent parfois des internats ou des logements vacants), aux Maisons des Saisonniers (liste des structures sur Saisonnalite.org) ou à des services type BedandCrous.com, qui offrent des chambres en Résidences Universitaires. Sinon, privilégiez les secteurs qui proposent des jobs d’été avec hébergement : hôtellerie, campings et clubs de vacances.

Et pour ne rien oublier...

Mettez des alertes sur les plateformes de recherches d’emploi – Pole-emploi.fr, Anefa.org (l’agriculture offre plus de 800 000 contrats par an !), Cidj.com, Jobaviz.fr (le site du Crous), Saisonnier.fr, mais aussi Indeed.fr, Monster.fr, Keljob.com… Et ne négligez pas les agences d’intérim.

df
Marianne Leclère
Publié le

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