Intérim : tout ce qu'il faut savoir

Ouvert à tous les profils, y compris aux débutants, l'intérim offre des rémunérations attractives compensant la précarité du statut.

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
6mn de lecture
L'intérim est un bon moyen d'intégrer le marché du travail.
© WavebreakmediaMicro/stock.adobe.com

Un emploi facile à trouver

> L’intérim est une voie d’accès majeure à la vie active pour les jeunes. En 2018, les trois quarts des jeunes intérimaires n’avaient jamais travaillé avant. «Un certain nombre de postes sont accessibles aux débutants. Dans ce cas, nous nous focalisons sur le savoir-être de la personne plutôt que sur ses compétences», indique Catherine Macquaert, responsable de trois agences d’intérim Crit dans le Pas-de-Calais. C’est également un moyen de s’insérer durablement : 88% des intérimaires en 2018 étaient auparavant en dehors du marché du travail. Un an plus tard, 66% étaient en emploi, dont 15% en CDI (source : Observatoire de l’intérim et du recrutement/BVA). Si les jeunes sont majoritaires, la part des seniors progresse, avec 11,5% des plus de 50 ans.

Une opportunité pour tous

> L’intérim emploie beaucoup de personnes non qualifiées. C’est le cas de 40% des intérimaires. Exemples de postes accessibles : manutention, déchargement de camions, conditionnement, etc. Mais, après plusieurs années de forte croissance, l’intérim ralentit (− 5 % depuis un an). «Dans cette période, ce sont les qualifications les plus élevées qui résistent le mieux», observe Isabelle Eynaud-Chevalier, déléguée générale de Prism’Emploi. La part des ouvriers non qualifiés a baissé de 6,3% entre 2018 et 2019. Pour se distinguer du lot, savoir-vivre et implication au travail font la différence. «Mon premier conseil est d’être curieux, de montrer de l’intérêt pour son travail, d’arriver à l’heure et de ne pas être absent sans justification», recommande Catherine Macquaert.

Une disponibilité indispensable

> La digitalisation se généralise dans l’intérim et, pour la même mission, plusieurs candidats sont sollicités. Souvent, celui qui répond en premier obtient la mission. «On peut être appelé à 17 heures pour travailler à 21 heures. Difficile, dans ces conditions, de prévoir quoi que ce soit», témoigne Sylvain, intérimaire chez Crit. S’il est toujours possible de décliner, refuser trop souvent revient à ne plus travailler pour l’agence.

Des missions courtes mais renouvelables

> Le recours à l’intérim est prévu pour des cas bien précis : remplacement d’un salarié, surcroît de travail. Les missions sont donc courtes, de deux semaines en moyenne. Dans certaines agences, la politique est de fidéliser. «Nous préférons travailler avec un noyau dur de quelques centaines de personnes pour qu’elles parviennent à faire 120 heures dans le mois plutôt qu’avec un millier pour de faibles durées», indique Catherine Macquaert.

> Une mission peut être renouvelée une fois dans la même entreprise, dans la limite de la durée maximale autorisée par le Code du travail (dix-huit mois, dans la plupart des cas). Un délai de carence, fixé au tiers de la durée du précédent contrat (la moitié pour les contrats de moins de quatorze jours) doit être respecté avant de recourir à un nouveau contrat de mission sur le même poste de travail. Exemple: pour une mission six mois, renouvellement inclus, il faut attendre deux mois avant de pouvoir réintégrer le même poste. Par contre, pas besoin de respecter ce délai si la mission et différente ou si elle se fait sur un poste différent.

L’agence d'intérim est l'employeur

> On travaille dans une entreprise (dite “entreprise utilisatrice”) mais, juridiquement, c’est l’entreprise de travail temporaire (ETT) qui est l’employeur et verse le salaire. L’employé signe avec elle un contrat de mission. De son côté, l’ETT signe un contrat de mise à disposition avec l’entreprise utilisatrice. Le contrat de mission doit indiquer la qualification du salarié, les modalités de rémunération, la période d’essai éventuelle, le nom et l’adresse de la caisse de retraite complémentaire, et une clause mentionnant la possibilité d’être embauché par l’entreprise utilisatrice.

> Attention, depuis peu, des plateformes proposant des jobs (surtout aux étudiants) dans des entreprises fleurissent sur internet. À fuir si la mention “agence d’intérim” ou “ETT” n’est mentionnée nulle part. Il faudra en effet travailler sous le statut d’autoentrepreneur, donc sans le statut de salarié. «Il peut s’agir de travail illégal par dissimulation d’emploi salarié. Cela représente un énorme manque à gagner pour les finances sociales. Et  en cas d’accident, les jeunes mis à disposition sous ce statut ne sont pas pris en charge», signale Isabelle Eynaud-Chevalier.

Les mêmes conditions que les autres salariés

> Un intérimaire a les mêmes conditions d’emploi que les salariés de l’entreprise utilisatrice, à savoir le même niveau de rémunération, le même équipement de sécurité, des tickets-restaurant, un accès au restaurant d’entreprise, etc. En revanche, il n’a pas droit aux prestations du comité social et économique (ex-CE) de l’entreprise où il travaille, mais à celles de son agence et cela, dès la première heure, sans délai de carence.

Une indemnité de fin de mission de 10 %

> À la fin d’une mission, pour compenser  la précarité de l’emploi intérimaire, une indemnité de fin de mission (IFM) égale à 10% du salaire brut est versée. Celle de congés payés est ensuite calculée sur ce salaire brut, IFM comprise. Exemple : le
salaire brut s’élève à 100 euros et augmenté de l’IFM (10%), il s’élève à 110 euros. L’indemnité de congés payés est égale à 11 euros (110 × 10%). Au total, on perçoit donc 121 euros. Cette indemnité n’est pas versée en cas de renouvellement de la mission ou si l’intérimaire est embauché en CDI par l’entreprise utilisatrice.

Des droits dus à l’ancienneté dans l’intérim

> L’intérim est constitué en branche professionnelle, avec une convention collective. L’enchaînement de missions, quelle que soit l’enseigne, permet d’atteindre une ancienneté qui ouvre des droits à la formation et à certaines prestations sociales. Le fonds d’action sociale du travail temporaire (FASTT) propose des solutions pour faciliter la vie des intérimaires: accès au crédit, au logement, complémentaire santé de bon niveau, tarifs négociés pour les vacances… Chaque enseigne pratique également sa propre politique de fidélisation avec primes et autres avantages à la clé.

Le droit au chômage entre deux missions

> À condition d’avoir travaillé au moins 900 heures (six mois) au cours des vingt-quatre derniers mois, l’intérimaire bénéficie d’une allocation chômage lorsqu’il n’a plus de mission. Il peut ensuite recharger ses droits en retravaillant. Mais attention, là où un seul mois de travail était nécessaire pour bénéficier à nouveau du chômage, depuis le 1er novembre 2019, il faut six mois. Les professionnels de l’intérim s’attendent de ce fait à un afflux de candidats. Entre deux missions, on peut aussi se former, tout en continuant à être rémunéré.

Des accidents du travail plus nombreux

> Les intérimaires sont davantage victimes d’accidents du travail. L’indice de fréquence dans l’intérim (c’est-à-dire le nombre d’accidents pour 1000 salariés) était de 53,6 en 2017 contre 33,4 pour l’ensemble des  secteurs  (source:  Cnamts).  En  cause, la nature des secteurs où se concentrent les intérimaires (le BTP et l’industrie), leur moindre expérience et les négligences des entreprises utilisatrices en matière d’équipement. La  majorité des  accidents se produisent au tout début de la prise de poste. En cas d’accident, c’est l’entreprise utilisatrice qui est responsable.

 

df
Violette Queuniet
Publié le

Partager cet article :