Emploi : et si vous deveniez fonctionnaire ?

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© Jovanmandic - iStock

On distingue trois branches : la fonction publique d’État (ministères, établissements publics de l'État), territoriale (collectivités territoriales et établissements publics locaux) et hospitalière (hôpitaux publics, établissements de santé ou médico-sociaux). Le statut d’agent de la fonction publique recouvre une foule de métiers répartis en trois catégories hiérarchiques (A, B et C) dans différents secteurs : éducation, santé, social, informatique et digital, ingénierie, technique, environnement, culture...

Les profils recherchés

Le secteur public connaît les mêmes difficultés de recrutement que le privé. On cherche des professionnels de santé, de l’action sociale et de la petite enfance, des informaticiens, des techniciens (voirie, espaces verts, propreté), des policiers, des ingénieurs... La fonction publique d’État (FPE) accuse une érosion du nombre de candidats aux concours. La fonction publique territoriale (FPT) – qui, par son mode de fonctionnement et de recrutement, se rapproche le plus du privé – doit faire face à un problème de renouvellement des générations. La fonction publique hospitalière (FPH) a aussi besoin de recruter.

La pénurie de personnel, toutes fonctions publiques confondues, est particulièrement criante dans certaines régions. « Le Grand Est et le centre, mais aussi Paris et la Côte d’Azur, peinent à recruter : les premiers par manque d’attractivité, les seconds en raison des loyers élevés. Les agents ont du mal à s’y loger car leurs salaires ne suivent pas », explique Jean-Robert Massimi, directeur général du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT). Un problème de salaire qui explique aussi la difficulté à recruter et à fidéliser : « On forme des ingénieurs de haut niveau et, une fois en poste, ils partent pour un meilleur salaire dans le privé. » Un schéma qui se retrouve dans les métiers de la santé et, plus généralement, dans tous ceux qui nécessitent des compétences pointues (l’informatique, le digital, etc.).

23,6 % : c'est la part moyenne des primes et indemnités dans le salaire brut des fonctionnaires.

Des concours plus accessibles

Les concours externes restent la voie classique pour devenir agent. Certains ont lieu tous les ans, d’autres, comme celui de rédacteur territorial, tous les deux ans. Passer un concours externe est un bon calcul car la concurrence est nettement moins rude qu’il y a une dizaine d’années... faute de candidats ! « L’idée de passer un concours très théorique puis de s’engager dans une carrière à vie ne séduit plus les jeunes générations », souligne Hugues Perinel, fondateur du Cercle des acteurs territoriaux. « Dommage, car la mobilité interne fonctionne bien, il existe de belles carrières dans la fonction publique. Grâce aux concours internes, on peut évoluer, voire passer d’un métier à un autre. »

 

S'informer et préparer les concours

Pour faire le point sur les concours à venir et les postes recherchés, voici les sites à consulter. 

  • Vocationservicepublic.fr : informations et test d’auto-évaluation « Quel métier choisir ? » ;
  • Carrieres-publiques.com : conseils pour se préparer aux concours ;
  • Emploipublic.fr : offres d’emploi ;
  • Emploi-territorial.fr : offres d’emploi géolocalisées Certains centres de formation partout en France vous aident à vous préparer à ces concours : les Ipag (institut de préparation à l’administration générale) ou les Cpag (centre de préparation à l’administration générale) pour la catégorie A ; les Greta pour les autres catégories ;
  • Cned.fr/concours-fonction-publique : préparation aux concours toutes catégories.

Des recrutements sans concours

Certains postes de catégorie C sont ouverts au recrutement direct : agents administratifs ou techniques en charge des installations sportives, des espaces verts, éboueurs, fossoyeurs... sont d’abord embauchés en tant que fonctionnaires stagiaires avant d’être titularisés. Le recrutement se fait via les centres de gestion des collectivités territoriales ou par le site Emploi- territorial.fr. « Dans le secteur très pénurique du médico-social, on évoque la possibilité de recruter certains profils directement sur diplôme : infirmières, assistantes sociales... », note Jean-Robert Massimi.

Astuces

L'apprentissage progresse

L’apprentissage ne concerne pas que le secteur privé : il se développe fortement, dans la fonction publique territoriale particulièrement. Un décret de juin 2020 permet au CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale) de prendre en charge une partie du financement de la formation dans le secteur public local. Le CNFPT dispose également de deux centres de formation des apprentis (CFA), l’un en Occitanie (maintenance des bâtiments, travaux paysagers, petite enfance, aide-soignante) et l’autre en région parisienne (auxiliaire de puériculture).

Contractuel : un statut qui évolue

On estime à 20 % le nombre de contractuels dans la FPE, 20 % dans la FPH et autour de 25 % dans la FPT. Des contractuels sont recherchés dans de nombreux domaines : digital, informatique, environnement, ingénierie, communication, ressources humaines... « Les collectivités locales recrutent de plus en plus directement sur les compétences. On se rapproche du privé », indique Hugues Perinel. « On va contractualiser de plus en plus », confirme Christelle Mazza, avocate spécialisée dans la gestion des ressources humaines publiques, auteure du Guide pratique de la fonction publique (Puits fleuri, 2018). Le contractuel peut être recruté en CDD, en CDI et en contrat de projet (CDD de six ans maximum). Selon un décret d’octobre 2020*, les contractuels recrutés pour un an maximum percevront une indemnité de précarité égale à 10 % de leur rémunération brute globale. « Dans la jurisprudence, le statut de contractuel reste très protecteur, il offre pas mal d’avantages et il n’existe que peu de différences entre un titulaire et un contractuel en CDI », souligne Christelle Mazza. Pour attirer et fidéliser, la fonction publique se transforme... et ce n’est qu’un début.

Des revalorisations salariales dans la fonction publique hospitalière

Fin 2020, le Ségur de la santé a permis une première augmentation de 183 euros net par mois pour près de deux millions de professionnels des établissements de santé et des Ehpad. Depuis octobre 2021, 500 000 agents de la FPH (infirmiers en soins généraux, infirmiers spécialisés, cadres de santé, aides-soignants, professionnels médico-techniques et de la rééducation, auxiliaires de puériculture) bénéficient d’une seconde revalorisation de salaire. À titre d’exemple, après un an de carrière, un infirmier perçoit 290 euros net par mois de plus qu’avant le Ségur de la santé (183 euros de revalorisation salariale et 107 euros au titre de la revalorisation des grilles de catégorie A), passant de 1 736 euros net par mois à 2 026 euros.

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