Emploi : 6 métiers verts qui vont recruter

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© Alessandro Biascioli - iStock

Rénovation énergétique des bâtiments : isoler pour moins polluer

Le BTP est le secteur qui a connu le plus de transformations, ces dernières années. Il s’agit de construire et d’isoler en limitant l’impact environnemental dans le choix des matériaux, l’isolation, le chauffage. « Les nouvelles exigences en matière de réglementation thermique créent l’obligation pour les entreprises de se mettre à niveau, ce qui soutient l’activité », déclare Thomas Gaudin, économiste à l’Agence de la transition écologique (Ademe). Les clients sont aussi bien des particuliers que des collectivités, pour des rénovations ou la construction d’écoquartiers, par exemple.

Ces métiers recrutent du niveau CAP au diplôme d’ingénieur et concernent toute la chaîne, de la conception à la réalisation, en passant par la commercialisation. En pointe, celui de chauffagiste (CAP, bac pro ou titre certifié) qui est «numéro un des demandes actuellement », selon Valérie Deflandre, conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ). Un poste qui requiert « des compétences techniques mais qui prend de plus en plus une dimension de conseil ». Ouvert aux jeunes, il accueille également des actifs en reconversion. Les métiers connexes de l’immobilier verdissent eux aussi avec l’émergence de « spécialistes de l’immobilier formés à la transition énergétique, capables de répondre à une clientèle sensible à ces questions », précise Valérie Deflandre. Des formations en immobilier durable se développent un peu partout en France, à l’ESPI, chez Élegia...

Energies renouvelables : l'éolien en pointe

L’éolien gagne du terrain au détriment du photovoltaïque, avec une montée en puissance de l’éolien en mer et de l’énergie marémotrice. Des opportunités professionnelles sont à saisir à tous les niveaux, qu’il s’agisse de conception, de fabrication, d’exploitation et de maintenance – très importante pour ce type d’infrastructures – pour des profils allant du bac pro à l’ingénieur, en passant par le technicien (voir le site France énergie éolienne Fee.asso.fr/economie-et- emplois/formations-de-leolien/). « Les diplômés des filières électroniques ou de maintenance peuvent être recrutés par de grands groupes, comme Veolia, pour suivre une spécialisation en alternance sur le campus interne », précise Valérie Deflandre.

© Nigel Jarvis - iStock

Transports : les mobilités urbaines en avant

La société et la législation, des aides à l’achat de véhicules moins polluants, encouragent les industriels à imaginer des moyens de transport plus verts (carburants, matériaux). « Aujourd’hui, il est impossible de recycler une voiture car on ne sait pas séparer le plastique du métal, indique Martin Durigneux, fondateur de l’Institut Transitions. Aux industriels d’investir en recherche et développement (R&D) pour concevoir des produits qui pourront avoir plusieurs vies. » Les profils recherchés sont, entre autres, des ingénieurs et des techniciens spécialistes des matériaux. De nouveaux métiers apparaissent également dans le secteur de la mobilité. « Ils concernent la mobilité dans les collectivités locales ou les entreprises (mobilité des salariés). Les experts en la matière sont rattachés aux départements Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), aux ressources humaines ou aux services généraux », précise Caroline Renoux, fondatrice de Birdeo.

« De nombreuses régions sont des viviers d'emplois verts »

L'avis de Rémy Christin, responsable du développement commercial à l'Institut de l'environnement et des technologies (IET).

Les emplois verts ne sont pas systématiquement basés à la campagne. Les entreprises qui possèdent un département RSE sont souvent des grands groupes dont les sièges se trouvent en région parisienne. Parmi les autres régions dynamiques se trouve la région Auvergne-Rhône-Alpes qui fait figure de pionnière, avec un pôle de compétitivité spécialisé dans la chimie verte (la « vallée de la chimie ») au sud de Lyon. La Bretagne est également très avancée sur les questions environnementales, que ce soit au niveau de l’agriculture bio, de l’éolien offshore et de la mobilité durable. La région de Nantes est en pointe sur ces sujets. Des startup voient le jour un peu partout en France pour récupérer, recycler, mettre en place des circuits courts, à l’exemple d’Ecovalim, dans la région lyonnaise, qui collecte et recycle le marc de café pour en faire du combustible et des fertilisants.

Traitement des déchets : économie circulaire et re-fabrication

On ne compte plus les start-up et les associations qui se créent autour de la collecte, du tri et de la transformation des déchets dans une logique d’économie circulaire et de refabrication. Ainsi, on voit refleurir des artisans-réparateurs, mais en version 3.0 « Au lieu de jeter sa vieille cafetière, on fait fabriquer la pièce manquante dans un Fab Lab grâce à une imprimante 3D », illustre Martin Durigneux. À la clé, des emplois de techniciens et d’écoconseillers. Dernier exemple en date, le recyclage des masques et lingettes dont l’utilisation a explosé depuis le début de la crise sanitaire. « Dans un premier temps, on aura besoin d’ingénieurs en R&D pour trouver des solutions de recyclage, puis viendront les techniciens pour l’étape de la production », note le fondateur de l’Institut Transitions.

Parallèlement, de vieux métiers, comme celui de maître-composteur, font leur retour, avec des formations spécialisées. Les profils artisanaux et techniques ne sont pas les seuls concernés. En entreprise, des chargés de mission sont recrutés pour mettre en place la lutte contre le gaspillage et le tri. « Les entreprises intègrent de plus en plus la dimension RSE dans leur communication, surtout depuis la crise sanitaire qui a ouvert les esprits sur cette thématique », précise Caroline Renoux.

© julief514 - iStock

Agriculture : le vert arrive en ville

Ces prochaines années, plus d’un agriculteur sur deux risque de ne pas être remplacé lorsqu’il prendra sa retraite. « Être paysan, avec toutes les contraintes que cela implique, n’attire plus les jeunes, confirme Valérie Deflandre. En revanche, je rencontre des trentenaires qui souhaitent se lancer dans le bio. Cela demande une approche entrepreneuriale, donc un peu d’expérience. »

Être agriculteur ou éleveur ne s’improvise pas, et une formation d’une année ou deux (CAP, bac pro) est requise pour ces néoruraux. Alors que l’agriculture traditionnelle peine à séduire, l’agriculture urbaine connaît un engouement sans précédent, multipliant murs et toits végétalisés, potagers et composteurs partagés, etc. « Des postes d’écoconseillers se créent pour accompagner les particuliers mais aussi les copropriétés qui souhaitent se lancer », nous apprend Martin Durigneux.

Des associations aident à l’installation et l’entretien des jardins de quartier, comme Pystiles (Pistyles.eu) à Lyon.

« Gare aux reconversions post-confinement ! »

L'avis de Béatrice Moulin, co-fondatrice de Switch Collective, organisme de formation et de coaching.

La crise sanitaire a opéré un changement d’état d’esprit profond chez certains actifs, se traduisant par une remise en question de leur travail. Certains peuvent se lancer tête baissée dans des reconversions, alors qu’il ne s’agit parfois que de rééquilibrer vie professionnelle et vie privée. Je déconseille le changement radical, surtout lorsqu’il n’est pas préparé. Il faut aussi se méfier des reconversions en réaction à un choc, à une souffrance. Et la crise sanitaire est un choc. On a connu ce phénomène, il y a quelques années, avec la vague de reconversions vers le coaching de salariés ayant été victimes de harcèlement professionnel. Je préconise plutôt de se poser les bonnes questions : qu’est ce qui me motive dans ce que je fais aujourd’hui ? Qu’est ce qui résonne en moi ? Quelle est ma boussole intérieure ? Toute reconversion débute par un travail d’introspection.

Finance responsable : une question d'image

Le secteur financier pousse les entreprises à prendre davantage en compte les critères environnementaux et sociaux. « Il est risqué pour son image d’investir dans une entreprise qui causerait trop de dégâts d’un point de vue environnemental ou qui mettrait en danger la santé de ses salariés en les soumettant à des risques psychosociaux. À cela s’ajoute le fait qu’il y a des contraintes réglementaires de plus en plus fortes, notamment en France », explique Caroline Renoux, qui a vu la demande en analystes ESG (environnement, social, gouvernance) multipliée par deux depuis un an, avec « trois offres fermes pour un candidat ».

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