Décrocher un emploi dans l'Union européenne

Décrocher un emploi dans l'Union européenne

Vous souhaitez travailler à l'étranger ? N'hésitez pas, mais, avant de partir, préoccupez-vous de votre protection sociale.

Plus de 60 % des Français qui partent travailler à l'étranger s'expatrient dans un pays de l'Union européenne. Certaines destinations les attirent particulièrement : le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Irlande et l'Allemagne. Un engouement que tempère Dominique Moreau, conseiller du réseau européen Eures à l'Agence nationale pour l'emploi d'Orléans : "avoir envie de partir ne suffit pas. Il faut passer en revue tous les aspects de la vie professionnelle et quotidienne avant de s'expatrier."

Maîtriser la langue du pays

Dans l'Union européenne vous n'avez pas besoin de demander une autorisation de travail pour exercer une activité, mais vous devez d'abord maîtriser la langue du pays dans lequel vous souhaitez vous installer, puis évaluer la situation de l'emploi.

Le réseau européen Eures

"Notre rôle consiste à aider les futurs expatriés à concrétiser leur projet, à rédiger un curriculum vitae dans une langue étrangère, explique Dominique Moreau.Nous les informons sur les secteurs qui recrutent. Le site Internet d'Eures donne accès à plus d'un million d'offres d'emploi et présente plus de 500 000 CV."

Un CV européen

Afin de faciliter l'échange d'informations entre employeurs et salariés de pays différents, un CV "européen", l'Europass, a été mis au point par la Commission européenne. Il présente de façon uniforme l'état civil, l'adresse, l'emploi recherché, les compétences, expérience et diplômes du demandeur.

Les diplômes français sont reconnus

En principe, les diplômes français sont reconnus dans les autres pays de l'Union, notamment si vous êtes architecte, dentiste, infirmier, médecin, pharmacien, sage-femme ou vétérinaire. En revanche, un diplômé en gestion du personnel ou un éducateur devra faire reconnaître sa qualification (épreuve d'aptitude ou stage d'adaptation) dans le pays où il souhaite se rendre.

Un test linguistique

Quelles que soient la qualité de vos diplômes ou l'ampleur de votre expérience, commencez par un test linguistique. Car s'exprimer de façon aisée dans la langue du pays d'accueil est une condition indispensable pour trouver un emploi.

Informations pratiques

Avant de partir, informez-vous précisément sur les aspects pratiques de votre installation : les loyers des grandes villes européennes sont souvent élevés et l'accès aux service bancaires parfois assez onéreux.

Si vous êtes demandeur d'emploi

Si vous êtes demandeur d'emploi et si vous percevez des allocations de chômage, vous resterez indemnisé durant trois mois pendant votre recherche dans un pays de l'Union. Avant de quitter la France, informez votre antenne Assedic, puis inscrivez-vous dans les sept jours qui suivent votre arrivée dans le pays d'accueil à l'agence pour l'emploi locale.

"Si le candidat à l'expatriation ne trouve pas d'emploi pendant ce laps de temps, il conserve ses droits à indemnisation s'il revient en France avant la fin de ce délai et se réinscrit", souligne Dominique Moreau, conseiller du réseau européen Eures à l'Agence nationale pour l'emploi d'Orléans.

Attention à la couverture sociale !

Une fois installé à l'étranger, il vous faudra oublier les prestations sociales françaises (en particulier les allocations familiales) et composer avec le droit local. Ainsi, vous ne cotisez plus au régime français de Sécurité sociale mais au régime mis en place par l'État dans lequel vous exercez votre activité.Et si les charges sur salaire sont plus faibles dans certains pays qu'en France, notamment au Royaume-Uni

ou en Irlande, c'est parce que la couverture sociale correspondante est moins avantageuse.

N'oubliez pas de cotiser... pour la retraite

En plus des cotisations obligatoires du pays d'accueil, il est vivement conseillé de souscrire une assurance volontaire auprès de la Caisse des Français de l'étranger (CFE) pour être indemnisé en cas de maladie et de maternité, d'accidents du travail, ou cotiser pour la retraite.

Pourquoi la retraite ? Parce que, si vous n'envisagez de travailler au-delà des frontières que pour quelques années avant de revenir continuer votre carrière en France, le moment venu vous ne percevrez de pension de la part du pays dans lequel vous avez travaillé que si vous remplissez les conditions du régime local : par exemple, vingt ans de cotisations en Italie, quinze ans en Espagne ou au Portugal, plus de dix ans au Royaume-Uni.

A savoir : lorsque vous demandez votre retraite en France, la Cnav prend en compte les années de travail dans l'Union pour déterminer votre taux de pension, mais calcule le montant de la pension à partir des seuls salaires cotisés en France.