Décrocher son premier emploi

Le diplôme obtenu (CAP, bac, licence, master…), il n’est pas facile de s’insérer sur le marché du travail avec peu ou pas d’expérience professionnelle. Nos conseils pour y parvenir efficacement.
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Pour faire la différence, sortir du lot, les qualités personnelles comptent aussi.
© Antonioguillem

Formaliser son projet professionnel

Souvent, aux dires des recruteurs, les jeunes candidats ne travaillent pas suffisamment leur projet professionnel. La première étape consiste à s’informer. Quels sont les secteurs qui recrutent ? Les acteurs clés ? Dans quelles régions se trouvent-ils ?

« À défaut de métier, essayez déjà de savoir quel secteur vous attire. Pour cela, allez sur le terrain, recommande Marianne Sera, chargée d’orientation et d’insertion professionnelle à l’université Lyon 1. Forums emploi, job datings, journées de recrutement organisées par les entreprises sont autant d’opportunités de rencontres avec des professionnels. »

Dans un second temps, il convient de s’interroger sur ses compétences et ses aspirations, puis de voir à quel type de métiers elles correspondent. Vous n’avez aucune idée ? « Je conseille d’accumuler les expériences en se confrontant à des situations professionnelles variées, petits boulots, CDD, intérim..., poursuit la conseillère en orientation, tout en soulignant l’importance de dédramatiser. On ne vous demande pas de choisir un métier pour la vie, mais de mettre un pied dans le monde du travail. »

Pour aller de l’avant, adoptez la technique de l’entonnoir qui consiste à affiner votre projet professionnel au fil des expériences. « Cela permet de rester à l’écoute du marché et d’opportunités, d’autant plus que le contenu des métiers évolue très vite. » Que faire si le secteur visé est bouché ? « Ne pas lâcher en ayant conscience qu’il faudra être très bon, et redoubler d’efforts. »

Notre conseil : faites-vous accompagner par Pôle emploi avec le projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE), les missions locales (pour les jeunes qui manquent de qualifications) ou l’APEC (pour les jeunes diplômés de niveau bac + 5).

Où trouver des offres d’emploi ?

« Le premier moyen de s’informer sur les postes à pourvoir dans une entreprise est son site internet (rubrique ‘‘Emploi/Carrière’’). Passer par ce canal – ou une candidature spontanée – montre que le jeune a envie de nous rejoindre, et nous aimons recruter des profils qui nous choisissent, explique Laetitia Missillier, responsable du recrutement chez Continental, groupe spécialisé dans l’industrie automobile présent sur 14 sites en France. Ensuite, il ne faut pas hésiter à se rendre sur les forums et aux journées de recrutement pour nous renconter. » Pensez aussi à créer un profil sur LinkedIn ou Viadeo. « Vos camarades d’études constituent votre tout premier réseau », insiste Pauline Lahary, fondatrice de Mycvfactory. Ce profil pourra être indiqué sous forme de lien lorsque vous postulerez à des offres par le biais des sites emploi (Monster.fr, Regionsjob.com, Stepstone.fr, Ouestfrance-emploi.com...), autre canal accessible aux débutants.

Le site Welcometothejungle.co.fr cible particulièrement les jeunes, de préférence pour des postes en start-up. Sa rubrique « OhmyJob » (cliquer sur « Choisir un métier ») aide à mieux connaître les métiers. Enfin, les moteurs comme Indeed.fr, Keljob.com ou JobiJoba.com permettent d’effectuer des requêtes parmi l’ensemble des offres en ligne grâce à des mots clés.

« Mieux vaut cibler les candidatures plutôt qu’en envoyer un maximum. Cela montre votre motivation pour l’entreprise », explique Laetitia Missilier. Et ne vous focalisez pas sur l’obtention d’un CDI. « Le CDD n’est pas à négliger en début de carrière. Il permet de découvrir l’entreprise, de se construire une expérience et de faire ses preuves. » Proposé par les entreprises de travail temporaire, le nouveau CDI intérimaire, quant à lui, est intéressant pour un junior, car il sécurise (utile auprès d’un propriétaire pour louer un logement) et permet à la fois de découvrir plusieurs entreprises et de développer son réseau. Mais attention, il peut aussi éloigner du projet professionnel car les missions sont imposées.

Notre conseil : la rentrée étant souvent chargée pour les recruteurs, mieux vaut lancer vos candidatures dès l’été sans oublier de solliciter votre réseau personnel. Parlez de votre recherche d’emploi autour de vous.

Réussir sa première candidature

« Un recruteur n’a que très peu de temps pour lire un CV. Il doit comprendre vite. La forme, la présentation comptent beaucoup, indique Laetitia Missillier. Valorisez vos activités extrascolaires : engagement associatif, sport, jobs d’été, etc. Tout ce qui informe sur vos centres d’intérêt, vos engagements et votre savoir-être nous intéresse. » Traduisez chaque activité en compétence professionnelle, comme des années de natation à un haut niveau qui montrent le sens de l’effort et le goût du dépassement de soi. L’encadrement de jeunes (camp de vacances ou autres), lui, atteste d’un sens des responsabilités. Sur un CV junior, le recruteur cherche moins des savoir-faire qu’un potentiel.

Quant à la présentation, gare à l’orthographe et à la photo. La première laisse souvent à désirer, la seconde est parfois inadaptée. « Faites relire vos écrits. Évitez de mettre la photo de votre badge étudiant ou une photo aux mimiques peu professionnelles sur votre profil LinkedIn. Investir 50 euros pour une séance photo n’est pas une mauvaise idée », recommande Pauline Lahary. Plusieurs plateformes proposent ce type de prestation (Monportraitpro.fr, Everphotoshoot.com, Photo-cv.com, Fc-photos.com...). Une fois l’entretien décroché, préparez-le soigneusement. « Il faut se renseigner sur l’entreprise, connaître quelques données, comme son chiffre d’affaires », précise Laetitia Missilier. Pas de réponse à votre candidature ? Relancez ! « Des outils gratuits comme Tilkee.fr permettent de savoir si votre courriel a été ouvert. Si oui, reprenez contact dans les quarante-huit heures », conseille Pauline Lahary.

Notre conseil : faites le ménage sur internet, les recruteurs étant attentifs à l’empreinte digitale, et valorisez vos qualités dans votre CV. Votre personnalité compte pour 50 % et fera la différence à diplôme égal.

Le « cosearching » pour garder le moral

La quête du premier job peut être longue et fastidieuse. Pour garder le moral, certains rejoignent des ateliers de recherche d’emploi (« cosearching »). Les groupes se forment sur internet (Cojob.fr, Activaction.org, Ensemble1job.fr...), puis se donnent rendez-vous. Attention, il ne s’agit pas d’un coaching professionnel, mais d’un échange dans un climat de neutralité affective. Avec la promesse « Chercher ensemble, c’est déjà trouver », Cojob joue la carte de la convivialité avec des rencontres informelles et des « apérotafs ». L’inscription est gratuite.

Chez Ensemble1Job, le processus est plus balisé : « Chaque groupe compte 4 personnes, avec 16 séances de travail pendant 20 semaines, détaille Claire Dupuis-Surpas, fondatrice de la plateforme. Le groupe fonctionne de façon autonome, avec une méthodologie et l’aide à distance d’un consultant. Les différentes étapes permettent d’avancer et de rester motivé. » Coût du suivi : 450 euros.

Notre conseil : pensez à améliorer votre expression écrite, point faible de nombreux candidats, en suivant des formations gratuites à distance sur internet (MOOC). C’est bon pour le moral et pour le CV.

df
Marie Zayer
Publié le