CV, entretien : mettez toutes les chances de votre côté

CV, entretien : mettez toutes les chances de votre côté
Lors d’un entretien, soyez clair sur votre projet professionnel, en restant ouvert. - © Joshua Hodge Photography

Un curriculum clair et attrayant, un face-à-face avec le recruteur soigneusement préparé... La technique pour décrocher un rendez-vous et convaincre votre futur employeur.

Faire un bon CV

1 – Mettre un titre

Les recruteurs parcourent un CV en quelques secondes. En indiquant en titre votre métier ou le poste recherché, vous leur ferez gagner du temps. Vous répondez à une annonce ? Reprenez le terme utilisé dans le texte : par exemple, celui d’assistante, même si vous utilisez habituellement celui de secrétaire. Vous affichez votre CV sur Viadeo, LinkedIn ou tout autre site consacré à l’emploi ? Inspirez-vous de ce qui est indiqué dans les offres similaires à votre profil.

« Aujourd’hui, la sélection des CV est aussi effectuée par des robots à partir de mots clés. Il est donc essentiel d’utiliser les mêmes termes », avertit Chantal Relier, conseillère à Pôle emploi et animatrice d’ateliers consacrés aux outils de recherche d’emploi.

Si vous êtes étudiant ou débutant, indiquez la forme d’emploi recherchée : formation en alternance, stage, premier emploi.

2 – Donner les informations clés

Identité et coordonnées (sans oublier l’adresse mail), expériences professionnelles, formation, compétences spécifiques (informatique, langues, etc.), voilà les données essentielles à indiquer. « Le CV est une carte de visite professionnelle. Son seul et unique objectif est d’obtenir un contact avec un futur employeur. La question à se poser est donc : cette information sera-t-elle utile pour décrocher un entretien ? », insiste Chantal Relier.

Chaque expérience doit être illustrée par les activités menées. Un commercial indiquera le chiffre d’affaires généré, un comptable le budget confié. Si vous avez un rôle d’encadrement, indiquez la taille de votre équipe pour donner une idée des responsabilités endossées.

À la rubrique langues, oubliez la traditionnelle formule « lu, écrit, parlé », qui ne veut rien dire.

« L’employeur veut savoir comment vous manipulez la langue étrangère mentionnée dans votre curriculum : par exemple, dans le cas d’une secrétaire, si elle est capable de rédiger un document, de répondre au téléphone, d’accueillir un client en anglais... », illustre Chantal Relier.

Si vous êtes débutant, détaillez tout ce qui peut concerner un employeur : un stage, une matière professionnelle dans votre cursus, un job étudiant. Il est toujours très bien vu d’indiquer que vous avez travaillé pour financer vos études.

3 – Adapter son CV à l’offre d’emploi

Ne rédigez plus un seul CV, mais plusieurs versions ! Car plus le CV est en adéquation avec l’offre d’emploi, plus il aura de chance d’être retenu. Sans le bouleverser complètement, il faut mettre en avant ce qui intéresse le recruteur.

Par exemple, un laboratoire pharmaceutique recherche une secrétaire. La candidate, si elle a eu l’occasion de travailler dans une entreprise du même secteur, le mentionnera en gras et détaillera davantage son activité.

Si vous avez beaucoup d’expérience, mais dans des métiers différents, vous pouvez séparer votre CV en deux parties et indiquer en premier l’expérience effectuée dans le poste que propose l’entreprise. Vous gagnerez des points en rédigeant un mail d’accompagnement qui montre que vous avez bien lu l’offre d’emploi.

Ce courrier joue le même rôle, en plus condensé, que la lettre de motivation, de moins en moins utilisée. Si l’emploi proposé a une particularité – temps partiel, de nuit, remplacement, etc. –, il est très important de le préciser dans le mail, par une phrase du type « J’ai bien noté que vous recherchez une personne à temps partiel ».

« Les employeurs ont du mal à trouver des candidats volontaires pour des emplois aux horaires atypiques. Si le recruteur voit que le candidat répond en connaissance de cause, il le convoquera, de préférence à un autre », souligne Chantal Relier.

4 – Ne pas mentir

Mentionner un diplôme qu’on n’a pas, ajouter une année à sa dernière expérience reste très risqué, car les recruteurs vérifient ces informations. En revanche, pour « flouter » une période de chômage récente, vous pouvez recourir à des astuces de présentation, sachant que le recruteur s’intéresse surtout aux cinq dernières années.

Regroupez vos expériences professionnelles par période. Par exemple, « de 2009 à aujourd’hui », et citez-les dans les entreprises où vous avez travaillé en indiquant à chaque fois la durée d’activité (un an, dix-huit mois, etc., sans date précise). Si vous n’avez pas trouvé d’emploi depuis deux ou trois ans, mais que vous vous êtes engagé dans du bénévolat, indiquez-la dans la rubrique expérience professionnelle, pour mieux la valoriser.

5 – Améliorer la présentation

Rédigez votre CV en pensant à la personne qui le lira. Ajoutez un peu de couleur, des symboles pour l’illustrer, tout moyen qui, sans excès, permette d’attirer l’œil. Il existe des logiciels gratuits, simples d’utilisation, pour réaliser soi-même son CV (par exemple, en accès libre sur pole-emploi.fr).

L’exigence de présentation varie selon les métiers : un chauffeur routier peut utiliser une forme sommaire, mais une secrétaire doit montrer, tout au long de son CV, davantage sa maîtrise de la mise en page et des logiciels de sa profession. Un métier dans le secteur de la création (graphiste, concepteur-rédacteur) demande à faire preuve d’originalité. La photo n’est indispensable que si elle est demandée dans l’offre, et pour des métiers de représentation, comme ceux de l’accueil ou du commerce.

Comment sait-on que son CV est bon ? Quand on décroche un rendez-vous ! « Si vous obtenez au moins 15 à 20 % de réponses positives à chaque fois que vous répondez à une annonce, ne changez plus une virgule », recommande Chantal Relier.

Réussir son entretien dembauche en 3 étapes

1 – Se préparer au jour J

Rassemblez le maximum d’informations sur l’entreprise qui vous reçoit. La veille, vérifiez sur Internet si une actualité la concernant, ou son secteur, s’est produite (vente ou achat d’une filiale, obtention d’un marché).

Préparez des questions sur le poste, l’équipe dans laquelle vous travaillerez, les outils informatiques utilisés, etc. Imprimez l’offre pour l’avoir en tête. Apportez un CV à jour avec une photo, afin que le recruteur mémorise votre visage après l’entretien. Testez éventuellement le trajet pour être à l’heure le jour J.

2 – Rassurer le recruteur

Multipliez les signes qui mettront votre interlocuteur dans des dispositions favorables. Votre tenue doit être professionnelle et standard. La cravate n’est pas obligatoire pour les hommes, et le jean est à proscrire pour les deux sexes.

Soyez clair sur votre projet professionnel, en restant ouvert, en particulier dans un cabinet de recrutement qui peut ensuite vous proposer d’autres postes. Informez-vous, prenez des notes, c’est toujours bien vu. Et attendez-vous à cette question incontournable : que pensez-vous pouvoir apporter comme compétence à cette entreprise et à ce poste ? Vous répondrez en listant ce qui, dans votre parcours professionnel, constitue une valeur ajoutée pour le poste à pourvoir.

La question sur vos qualités et vos défauts revient souvent : « Plutôt que la réponse bateau consistant à citer une qualité qui se transforme en défaut (par exemple, “déterminé et parfois têtu”), j’encourage les candidats à évoquer leurs qualités en se fondant sur leur expérience et à montrer comment ils ont corrigé leurs défauts (par exemple, un manque d’organisation) avec l’aide de leur manager », conseille Noëmie Cicurel, directrice chez Robert Half, cabinet de recrutement.

3 – Relancer après l’entretien

Le soir même ou le lendemain, envoyez un mail remerciant le recruteur du temps qu’il vous a consacré, et réaffirmez votre motivation. « Dans ce courrier, validez trois sujets importants : ce que vous pouvez apporter, ce que vous pouvez apprendre, votre envie de travailler pour une entreprise et avec une équipe dont vous partagez les valeurs », précise Noëmie Cicurel.

Une semaine à dix jours plus tard, reprenez ce mail (pour garder l’historique de votre démarche) et complétez-le par un courrier demandant des nouvelles et réitérant votre intérêt.

« Osez parler de votre période de chômage »

Noëmie Cicurel, directrice chez Robert Half, cabinet de recrutement

« Avec 10 % de demandeurs d’emploi en France, une période de chômage est devenue courante dans un parcours professionnel. Devant le recruteur, parlez-en simplement. Vous pouvez avoir profité de deux ou trois moments de coupure, avant de vous mettre en recherche active, pour souffler et faire les démarches qu’on remet toujours à plus tard. Décrivez comment s’est passée votre recherche d’emploi, les cabinets et les entreprises que vous avez rencontrés, les formations que vous avez pu suivre, les conseillers qui vont ont aidé à affiner votre projet, etc. »

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