Comment rebondir après un licenciement ?

Si l'annonce du licenciement n'est pas facile à accepter, la période de chômage qui se dessine est propice à la réflexion. Il est alors impératif de faire le point avant de lancer sa recherche d'emploi ou de construire un projet.

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Surmonter l'épreuve du licenciement en reprenant confiance en soi est primordial pour rebondir.
© Georgerudy/adobestock

Tout commence par la procédure de licenciement durant laquelle le salarié prend la mesure d’une situation de chômage à venir dont il ignore les conséquences et la durée. «On est en état de choc, sans en avoir forcément conscience. Cela met l’individu à vif et génère angoisse et irritabilité. L’emploi occupé jusque-là a structuré le quotidien. On pressent donc une perte importante de repères et de vie sociale auxquels on était finalement attaché», constate Luc Biecq, auteur du Guide d’autodéfense du licencié : De la déflagration à la reconstruction (éd. Robert Laffont).

Se mettre en condition pour surmonter l'épreuve

Afin d’accueillir un tel changement, il faut pouvoir appréhender sa situation en prenant du recul. «Certains restent dans un emploi pour le confort de vie, mais ils ne sont pas à leur place, ce qui est en définitive inconfortable, argumente Marie-Line Champonnois, conseillère Contrat de sécurisation professionnelle (CSP) à Pôle emploi. Cette transition va donc permettre  de réfléchir à son avenir professionnel tout en étant indemnisé. C’est le moment de repérer les pistes qui correspondent à ses aspirations.» Pour y parvenir, il faut d’abord s’émanciper de la culpabilité. «Il est difficile d’échapper à l’idée d’avoir commis une faute vis-à-vis de l’employeur ou de ne pas ressasser le passé», confirme Luc Biecq. Autre écueil, le repli sur soi. «Il faut oser demander de l’aide et faire part de ses interrogations, sans craindre de lasser ses proches», poursuit-il.

Être accompagné lors du bilan de compétences

« C’est l’occasion de se ressourcer et de libérer ses potentiels, encourage Marie-Line Champonnois. Mieux vaut enclencher la dynamique rapidement. À terme, soit on se réoriente, soit on crée son entreprise, soit on mène une recherche d’emploi directe dans son domaine. La première étape consiste à faire le point sur ses compétences et ses ressources et à explorer ses aspirations. Les questions à se poser : qu’ai-je fait jusque-là en entreprise ou ailleurs, qu’est-ce qui m’intéresse, vers quoi ai-je envie d’aller. On élargit son horizon en observant ce qui existe et correspond à ses envies.»

Pôle emploi, maisons de l’emploi et autres organismes aident à faire ce bilan de compétences ou à organiser les démarches. «La plupart du temps, un accompagnement s’impose, assure Luc Biecq. Il est relativement facile de trouver un soutien. Si on a des difficultés à rencontrer son conseiller Pôle emploi, il faut se battre pour bénéficier des services de l’agence. Cela vaut le coup. Il existe aussi des ateliers gratuits, ouverts à tous et sans limite d’âge, comme ceux de l’association Activ’Action Profitez de tout ce qui est mis à votre disposition tel que l’accompagnement collectif ou individuel, la couveuse d’entreprises, les formations, etc.

Adopter le bon rythme

« Celui qui perd son emploi passe d’une vie sociale riche à la solitude, chez lui, face à l’ordinateur, pointe Luc Biecq. Attention à ne pas abuser des réseaux sociaux ! Outre la perte de temps, il est déprimant de voir certains se survaloriser, alors qu’on est soi-même en plein doute. On se limite donc à une appli et au site de Pôle emploi. On relève messages et annonces tous les matins à 9 heures, puis on arrête. Il n’y a jamais d’urgence. Un employeur qui veut vous recruter patientera jusqu’au lendemain.» Listez des objectifs d’actions raisonnables. «Pour cela, il est bénéfique d’élaborer un programme à la semaine, conseille-t-il. Par exemple, le lundi matin, je lis un livre sur le secteur d’activité qui m’intéresse.  Le mardi après-midi, je me consacre à l’amélioration de l’anglais avec des cours de conversation ou une appli. Jeudi, je me rends dans une structure d’aide à la création d’entreprise. Je n’oublie pas la séance piscine du vendredi matin pour me délasser, etc. Cela aide à se dire: c’est moi qui ai la main!»

Reprendre confiance en soi

« Une prestation pour définir son projet et valoriser ses compétences et son “savoir-être” permet aussi de travailler sur l’estime de soi et de faire naître les idées, argumente Marie-Line Champonnois. C’est également le moyen de ne pas rester seul et d’enclencher la dynamique de réseau.»

La formation est une autre piste. «Apprendre a des effets positifs sur la confiance en soi, affirme Luc Biecq. Il existe des tas de modules de base en informatique, en cuisine ou autres, y compris en ligne. Deux ou trois heures de bénévolat par semaine facilitent également le retour à l’emploi. On se sent utile. On développe des savoir-faire et c’est perçu positivement par un recruteur.»

Enfin, affranchissez-vous des injonctions oppressantes et moralisatrices. «Éloignez ceux qui vous enjoignent d’être adaptable, qui disent que vous n’en faites pas assez, etc. Il faut se protéger des banalités inutiles et se tenir à l’écart de ceux qui répètent en continu qu’il est facile de trouver un emploi. Il y a un mythe autour des emplois vacants, alors qu’il n’y a pas six millions de postes à pourvoir en France!»

La stratégie pour atteindre sa cible

Vient enfin le temps de la concrétisation. «Une fois les objectifs définis, il faut construire son plan d’action, suggère Luc Biecq. Si je veux créer mon entreprise et que la gestion n’est pas mon fort, je me forme. Je prospecte directement en développant mon réseau.» Et réseauter passe avant tout par ses relations de proximité. «Si j’ai travaillé vingt ans dans le commerce et que je cherche un poste de vendeur, j’approche mes anciens clients, afin de faire connaître mon offre de service», confirme Marie-Line Champonnois.

Chaque jour, vous pouvez vous fixer un nombre de rendez-vous à prendre, afin d’expliquer votre projet. Ces contacts pourront vous apporter des informations importantes ou vous mettre en relation avec d’autres interlocuteurs, et ainsi multiplier les opportunités. «Et lorsque vous décrochez un entretien, ne dites pas “je veux un emploi” mais plutôt “mes compétences répondent à vos besoins” », continue-t-elle. Autre démarche : mener l’enquête pour repérer les profils recherchés dans le secteur ciblé et le type de postes proposés. «Enfin, si un emploi se présente mais qu’une période d’adaptation s’impose, il existe des prestations sous forme d’immersion en entreprise dispensées par Pôle emploi, conclut-elle. Renseignez-vous!»

CONDUIRE SON ÉVOLUTION AVEC LE CEP

Le CEP (Conseil en évolution professionnelle) est un dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé mené par des conseillers de Pôle emploi, de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), de missions locales, etc., et ouvert à tout actif sur sa demande. Il s’adresse à ceux qui désirent faire le point sur leur situation professionnelle, avec à la clé un projet de changement en vue d’une évolution, d’une reconversion, de la reprise ou création d’activité… Articulé autour d’un entretien individuel, il permet de définir son projet jusqu’à sa concrétisation. Un document de synthèse récapitule la stratégie. L’accompagnement se déroule pendant votre temps libre.

Contacts utiles

df
Yves Deloison
Publié le

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