Un bilan de compétences : comment ? Pourquoi ?

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Un bilan de compétences, ça prend du temps
© Istock / skynesher

Pourquoi faire un bilan de compétences ?

Vous aspirez à de nouvelles missions, un autre métier ou une évolution professionnelle, mais vous ne savez pas comment vous y prendre. Seul dans votre coin, vous avez l’impression de tourner en rond. Difficile de prendre une décision dans ces conditions. La solution : opter pour un bilan de compétences, cette prestation qui permet de faire le point sur ses aptitudes, ressources, motivations, attentes et aspirations. Cet accompagnement dispensé par un consultant est l’occasion idéale de définir un projet professionnel ou de formation en fonction de votre profil. « C’est pourquoi, avant de décider d’une telle démarche, il est crucial de s’engager à bon escient, prévient Séverine Van Ackooij, consultante en bilan de compétences et gestion de carrières au cabinet Interactif. Et il faut être vigilant lorsqu’il s’agit d’opter pour l’organisme dispensateur de la prestation. »

Cette démarche répond-elle vraiment à mes besoins ?

Après des années passées à exercer la même activité, l’envie de changement est légitime. Le bilan de compétences offre la possibilité de faire évoluer votre carrière en mettant en lumière vos priorités professionnelles. « Mais, avant de s’engager dans cette démarche, il faut être au clair pour comprendre d’où vient l’insatisfaction ressentie, pointe la consultante. Dans certains cas, il suffit parfois de faire évoluer des conditions d’exercice, de tenter d’apaiser des tensions avec un manager ou de changer de service dans son entreprise pour régler le problème. »

Autre solution pour se sentir mieux dans son travail avant d’envisager une remise en question en profondeur, postuler à un même emploi ailleurs ou exercer son métier dans un nouveau secteur d’activité. « Il est donc impératif de vérifier qu’il ne s’agit pas de doutes passagers avant d’enclencher la démarche et de se demander ce qu’on attend d’un bilan de compétences », ajoute Séverine Van Ackooij.

Comment choisir le type d’accompagnement qui me conviendra ?

« Vous pouvez interroger le consultant sur son parcours de formation et son expérience, reprend-elle. Certains d’entre eux ont une approche psychologique du bilan de compétences. D’autres sont plus au fait des questions liées aux ressources humaines et connaissent mieux le monde de l’entreprise, les métiers et leur environnement. » Par ailleurs, demandez comment se déroule l’analyse de vos besoins, l’exploration de vos aspirations, de vos compétences, ressources et potentiels, et sous quelle forme s’organisent la synthèse du bilan et le recueil des préconisations. « Soyez aussi vigilant quant aux types de tests utilisés et à la manière de restituer les résultats, prévient-elle. Ces outils ne sont là que pour donner des indications et ouvrir l’échange et la réflexion. C’est à vous de vous situer et de faire vos propres choix. » Enfin, au cours des échanges, vous devez sentir que la relation avec le consultant va faciliter l’expression de vos attentes et de vos aspirations. Vous ne devez pas craindre d’être jugé.

Où trouver les centres de bilan de compétences ?

Sur le site Moncompteformation.gouv.fr sont répertoriés les organismes habilités par région. « Dans la fonction publique, ce sont les services de ressources humaines qui recensent les centres agréés, explique Séverine Van Ackooij. Pour en savoir plus, prenez rendez-vous pour un entretien préalable gratuit avec deux ou trois d’entre eux, afin d’échanger avant de vous décider. » Surtout, ne vous contentez pas de choisir sur le seul critère géographique qui le rend plus facilement accessible pour vous. Vous devez surtout vérifier la qualité de la prestation proposée et la pertinence de l’offre au regard de vos attentes : méthodes, outils et spécificités. Chaque structure a sa démarche propre. Le choix doit donc s’opérer sur celle qui vous conviendra le mieux.

Suis-je prêt à m’engager ?

Réaliser un bilan et enchaîner avec un changement de métier mobilise beaucoup de temps, d’énergie et d’efforts. Le processus introspectif est lourd. Cela impose un travail d’autoévaluation et d’analyse du parcours très poussé. Par ailleurs, il faut mener l’enquête car un projet s’élabore sur la base de connaissances approfondies du contexte professionnel visé et des contingences économiques ou organisationnelles. Cela implique de confronter pistes et idées à la réalité : existe-t-il de réelles opportunités pour rebondir ? Quelles sont les exigences et contraintes en matière de diplôme, de connaissances techniques, etc. ? « À l’issue de la démarche de bilan, certains sont déçus car ils ont parfois oublié que des échéances s’imposent ou parce qu’ils ont minimisé les exigences du métier ciblé, ajoute la consultante. C’est le cas quand on découvre que le marché convoité n’offre que peu de débouchés. » Afin de ne pas tomber dans le panneau, demandez-vous si vous êtes prêt à vous engager dans ce processus exigeant. Avez-vous conscience des conséquences ? « En ce moment, j’accompagne un informaticien qui veut devenir jardinier, témoigne Séverine Van Ackooij. Il sait que sa rémunération ne dépassera pas le Smic pendant deux bonnes années. Il est prêt à ce sacrifice. »

Est-ce le bon moment ?

Engagé prématurément dans un bilan, vous risquez de passer à côté des objectifs. Mieux vaut attendre d’avoir démarré la réflexion pour savoir ce que vous en attendez. S’agit-il simplement de vérifier que le projet que vous avez en tête correspond à vos aspirations ? Est-ce plutôt l’occasion de l’élargir à de nouveaux choix ? Il s’agit de tirer le meilleur profit de la prestation et d’éviter d’être déçu par les résultats du bilan.

Autre impératif, votre contexte personnel et professionnel doit être favorable à la démarche. Un bilan requiert en effet temps et disponibilité, et votre entourage doit soutenir votre décision, car le calme et la sérénité mentale s’imposent pour mener à bien le processus. Enfin, il faut être prêt à chercher en soi ses ressources propres et à se livrer à une tierce personne.

Combien cela va-t-il me coûter ?

« Un bilan coûte entre 1 000 et 2 000 euros, explique Séverine Van Ackooij. Selon des critères précis, la prestation peut être éligible au congé de bilan de compétences pour les salariés du privé ou financée par l’administration dans la fonction publique. Il est partiellement ou totalement pris en charge par le biais du compte personnel de formation (CPF) en fonction des droits acquis par chacun. » Il peut aussi être financé dans le cadre du plan de formation de l’entreprise.

Comment vais-je m’organiser ?

Parmi les critères de décision, les modalités pratiques importent également. Certains centres, par exemple, ne planifient aucun rendez-vous après 18 heures ou le samedi. Un problème pour ceux qui réalisent leur bilan hors de leur temps de travail. En général, le bilan dure vingt-quatre heures maximum et inclut une dizaine d’heures d’entretien et des séances réparties sur trois semaines à trois mois. À cela s’ajoute un suivi sous forme d’entretiens, six mois après l’issue du bilan. Faites le point sur les conditions, l’organisation et le déroulement de la prestation. D’autre part, demandez comment s’articule le temps d’exploration de l’environnement socio-économique visé.

Est-ce que ce consultant me convient ?

Un consultant n’a pas vocation à décider pour vous ni à connaître l’ensemble des métiers et des secteurs existants. C’est d’ailleurs impossible. Bien plus complexe, sa mission est de vous donner les moyens qui vous permettront d’avancer et de prendre vos décisions par vous-même. Il vous aide à trouver les pistes à explorer jusqu’à découvrir ce qui vous intéresse, puis à faire vos choix. Il ne doit pas vous apporter la solution sur un plateau. Ce qui importe, c’est d’être plus autonome pour qu’à l’issue du bilan, première étape de la phase de changement, vous ayez les cartes en main. « Assurez-vous que le consultant dispose de l’expertise nécessaire pour assurer un accompagnement de qualité : bonnes capacités d’écoute, de conseil et de synthèse », ajoute Séverine Van Ackooij.

D’autres questions à (se) poser…

Le consultant accompagne-t-il un public spécifique (cadres, salariés ou agents du public, demandeurs d’emploi…) ? Par ailleurs, a-t-il une spécialisation dans un ou plusieurs secteurs d’activité (éducation, high-tech, industrie ou autres) ? Demandez précisément les moyens mis à disposition pour la prestation (accès internet, ressources documentaires, outils et supports pédagogiques, réseaux professionnels, etc.). Enfin, à quelle échéance pouvez-vous démarrer votre bilan de compétences ?

 

Deux autres possibilités d’accompagnement

Séverine Van Ackooij, consultante en bilan de compétences et gestion de carrières au cabinet Interactif vous donne encore deux conseils :

Avant d’entamer une démarche de bilan de compétences, vous pouvez solliciter un conseil en évolution professionnelle (CEP) gratuit et personnalisé. Ce dispositif d’accompagnement plus léger est proposé à toute personne souhaitant faire le point sur sa situation professionnelle, afin d’établir un projet de reconversion ou de reprise ou de création d’activité.

Des ateliers collectifs, à l’instar des prestations de l’Avarap destinées aux cadres, ou ceux proposés par Pôle emploi, peuvent être plus appropriés car la méthode d’accompagnement s’appuie sur la dynamique du travail en groupe. C’est également une solution complémentaire au bilan qui, lui, relève d’une démarche totalement individualisée.

Contacts utiles

Le site Travail-emploi.gouv.fr détaille les modalités du bilan de compétences pour un salarié du secteur privé ou de la fonction publique.

La Fédération française des professionnels de l’accompagnement et du bilan de compétences représente une centaine d’adhérents rattachés à la charte éthique et déontologique du bilan de compétences : Ffpabc.org

Les opérateurs de compétences chargés d’accompagner la formation professionnelle et le bilan de compétences sont répertoriés sur la page : Travail-emploi.gouv.fr/ministere/acteurs/partenaires/opco#Liste-des-operateurs-de-competences-OPCO

Pour tout savoir sur le CEP : Mon-cep.org

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