Réussir sa reconversion professionnelle

Réussir sa reconversion professionnelle
Changer de métier demande une forte motivation. - © PeopleImages

Envie de changer de profession, de travailler autrement… autant de choix possibles et réalistes, à condition de ne pas zapper une première étape, décisive, qui consiste à bien préparer son projet.

Trouver sa voie

Prêt pour une reconversion ? Pour tester votre motivation, une phase de maturation faite de va-et-vient entre introspection et prospection est nécessaire :
– qu’est-ce que je veux ?
– mais, surtout, qu’est-ce que je ne veux plus ?

Cette étape peut prendre plusieurs mois, voire une année.

L’idéal est de commencer une reconversion avant le point de non-retour qui consiste à démissionner parce qu’on n’en peut plus, ou parce que, chômeur en fin de droits, on a le couteau sous la gorge”, conseille Yves Deloison, fondateur du site toutpourchanger.com.

Pour l’expert, se laisser du temps permet aussi d’ajuster son projet : « Il est rare qu’une reconversion se déroule exactement comme prévu. Un projet se construit au fil des recherches, des rencontres et des écueils : précipitation, blocages de l’entourage, projet trop ambitieux… »

En pratique. Durant cette phase d’élaboration, il est possible de se faire accompagner par un professionnel grâce à deux dispositifs.

– Le bilan de compétences a pour objectif d’identifier les compétences transférables. Il s’étend sur deux à trois mois, à raison de plusieurs rendez-vous avec un consultant. Le bilan, qui se déroule dans des centres agréés, coûte entre 1 500 et 2 500€ (cf. emploi.gouv.fr).

Le financement peut être pris en charge par un organisme collecteur au titre de la formation professionnelle si vous êtes salarié (OPCA, Fongecif) ou par Pôle emploi si vous êtes chômeur.

– Le coaching, une technique plus confidentielle, est davantage centré sur la personnalité : quelles sont vos valeurs ? qu’est-ce qui vous fait avancer ?

Journaliste dans le domaine de la mode pendant vingt ans, Nathalie R. a décidé de changer de voie :

En travaillant sur mon histoire personnelle, mes activités associatives et des mots-clés récurrents, comme ‘langage’, ‘altérité’ et ‘accompagnement’, la coach m’a permis de prendre conscience que mon désir de reconversion n’était pas dû à un contexte professionnel difficile, mais à un milieu qui ne me convenait plus car trop superficiel.”

Une réflexion qui l’a conduite à suivre une formation de reconversion pour devenir médiatrice familiale.

Reprendre une formation

Une formation est souvent nécessaire, car qui dit nouveau métier dit nouvelles compétences. En témoigne le parcours de Sandrine B., responsable des réseaux sociaux chez Ifocop, organisme de formation :

J’ai travaillé pour deux entreprises successives, comme assistante, assistante de direction, puis office manager pendant vingt ans. Mon dernier employeur a procédé à des licenciements, l’entreprise ayant pris du retard dans le domaine numérique. J’ai alors décidé de me reconvertir dans le Web, et j’ai suivi une formation en community management à l’Ifocop. Il se trouve que l’organisme cherchait un stagiaire alors que je terminais mon cursus. Puis j’ai été recrutée.”

 

En pratique. Deux dispositifs permettent de financer une reprise de formation (sur travail-emploi.gouv.fr, cliquer Toutes les fiches pratiques de la formation professionnelle).

– Le congé individuel de formation (CIF) permet aux salariés de s’absenter, afin de suivre une formation en étant rémunérés.

– Le contrat de professionnalisation offre aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus d’acquérir une qualification et une expérience, en percevant une rémunération qui ne peut pas être inférieure ni au Smic ni à 85% de la rémunération minimale prévue par les dispositions conventionnelles.

Patrick Amsellem, directeur du centre de bilans de compétences Apha et Omega.
« L’objectif d’un bilan de compétences est d’aider une personne à définir son nouveau projet professionnel : il s’agit de trouver le métier qu’elle va exercer. Il doit être épanouissant, mais réaliste par rapport au marché de l’emploi. Pour être efficace, un bilan doit être “porté” par une personne motivée. En tant qu’accompagnants, nous ne pouvons nous substituer aux actions concrètes à mener entre deux rendez-vous : études de marché, échanges avec des professionnels… Il faut donc aller suffisamment bien pour avoir l’énergie d’effectuer des démarches. Le bilan de compétences est un accompagnement à visée professionnelle, pas une psychothérapie. »