Les meilleures solutions pour étudier à distance

Depuis la rentrée 2019, 13 campus connectés ont ouvert en France. Ils enrichissent une gamme de formations à distance déjà bien étoffée avec le Cned, les universités, le Cnam et certains organismes privés. Le point sur ces offres.

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Il existe plusieurs solutions pour étudier sans être pénalisé par l'éloignement des centres d'enseignement?
© Good Studio/adobestock

Les campus connectés

> Treize campus sont opérationnels depuis la rentrée 2019, dans les villes de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), Autun (Saône-et-Loire), Bar-le-Duc (Meuse), Chaumont (Haute-Marne), Carcassonne (Aude), Cahors (Lot), Nevers (Nièvre), Privas (Ardèche), Redon (Ille-et-Vilaine), Le Vigan (Gard), Saint-Raphaël (Var), Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) et Lons-le-Saunier (Jura). Une centaine de campus est prévue d’ici à 2022 sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de raccrocher les jeunes qui, après le lycée, ne se projettent pas “dans un parcours de réussite”. Par exemple, «en Ardèche, 50% des nouveaux bacheliers ne poursuivent pas d’études supérieures», indique-t-on au ministère de l’Enseignement supérieur.

> Le principe de fonctionnement. Les jeunes suivent près de chez eux une formation à distance, délivrée par une université, tout en bénéficiant d’un encadrement de proximité.

> Les formations proposées. L’éventail est large avec 94 diplômes, du BTS à Bac+5, parmi les principaux champs disciplinaires (lettres, droit, STAPS, sciences humaines et sociales, mathématiques, etc.). Si, en théorie, l’étudiant peut s’inscrire dans le cours de son choix, il devra tenir compte du mode d’organisation des examens (en présentiel ou délocalisés), mais aussi des priorités fixées par les collectivités locales qui participent au financement des campus.

> Quel accompagnement ? Les étudiants bénéficieront d’un suivi individuel et d’un soutien méthodologique d’au moins 12 heures par semaine dans un lieu spécifique, avec l’intervention de conseillers d’orientation et de coordonnateurs de la vie étudiante.

> Les qualités requises. Il faut faire preuve de motivation et d’assiduité, même si les études sont encadrées.

> Le coût. Il est constitué des droits d’inscription universitaire (170 € par an en DUT ou en licence par exemple, pour les non boursiers) et éventuellement de frais pour l’accès en ligne.

> Comment s’inscrire ? L’inscription a lieu à la fois auprès du campus connecté, géré par les collectivités locales du territoire (mairie, conseil régional…) et dans l’établissement d’enseignement supérieur qui délivre la formation à distance.

> Quelle reconnaissance sur le marché du travail ? Les diplômes délivrés sont équivalents à ceux du cursus classique. Toutefois, Orlane François, présidente de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) exprime quelques craintes: «Les moyens alloués semblent faibles par rapport aux réels besoins d’accompagnement des étudiants. Les cours en ligne devront être assortis de stages, de réalisations de projets, voire d’alternance, sinon leur qualité risque d’en pâtir. Si les campus connectés constituent une réponse intéressante aux situations particulières des étudiants handicapés ou sportifs de haut niveau, ils ne répondent pas à la problématique des jeunes empêchés de quitter le logement familial pour réaliser leurs études en raison de difficultés financières. L’université n’est pas juste un lieu où on décroche un diplôme, on y vient aussi pour s’émanciper, rencontrer des personnes d’horizons différents, créer des liens qui sont aussi des facteurs de réussite.»

RÉFLÉCHIR À SES BESOINS

• Formation diplômante ou qualifiante ? La formation à distance permet d’obtenir des diplômes reconnus par l’État (CAP, Bac, BTS…), de délivrer des certifications de qualification professionnelle ou de préparer les concours de médecine, de l’enseignement, de l’administration et les examens d’entrée des grandes écoles.

• Beaucoup ou peu de temps pour étudier ? Dans les formations diplômantes, les périodes d’enseignement sont imposées, généralement d’octobre à juin, et les examens organisés selon un calendrier défini. Les autres formations offrent plus de souplesse et comportent parfois plusieurs sessions dans l’année.

• Quel besoin d’encadrement ? La formation à distance impose de rester seul derrière son écran, ce qui ne convient pas à tous les élèves. Suivre pendant quelques semaines un MOOC (“Massive Open Online Course” ou formation en ligne ouverte à tous) peut servir de test.

• Quel budget ? Le coût peut varier du simple au double selon l’organisme. À évaluer donc, surtout si la formation n’est pas diplômante. 

Les formations publiques 

> Elles sont dispensées par 37 universités, le CNAM (Centre national des arts et métiers, Foad.cnam.fr/) et le CNED (Cned.fr/). Le principe de fonctionnement. Les étudiants suivent les cours de chez eux, par le biais d’internet et de vidéoconférences, ou sur un support papier. Ils sont soumis à des examens selon un calendrier prédéfini.

> Les formations proposées. La FIED (Fédération interuniversitaire de l’enseignement à distance, Fied.fr) recense l’offre de formation à distance des universités françaises, du diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) jusqu’au master. Le CNAM propose, lui, 180 formations à distance et 412 formations partiellement à distance dans 38 domaines, et le CNED, 112 formations.

> Quel accompagnement ? Certaines formations proposent des formules alliant quelques jours par mois en présentiel et des cours en ligne. La plupart donnent la possibilité de participer à des tchats, des forums, l’accès à une messagerie pour échanger avec les autres étudiants du groupe, et à un système de tutorat.

> Les qualités requises. «Les étudiants doivent d’abord s’assurer que leur situation personnelle, familiale ou professionnelle leur permettra de suivre 3 heures de cours par jour», note Valérie Deflandre, conseillère au CIDJ. Autonomie et régularité dans le travail sont les bases de la réussite de ces cursus.

> Le coût. Les frais d’inscription se composent des droits universitaires classiques (280 € par an en master par exemple, pour les non boursiers), souvent majorés de frais d’accès aux plateformes de cours de 200 € environ. «Les élèves peuvent prétendre au statut d’étudiant et demander à bénéficier de bourses dans les mêmes conditions que les autres étudiants, en déposant un dossier auprès du rectorat de leur lieu de résidence, précise Valérie Deflandre. Le statut d’étudiant donne droit également à la Sécurité sociale.»

> Comment s’inscrire ? En s’adressant au service d’enseignement à distance de l’établissement. Les inscriptions dans les universités se font en général en septembre.

> Quelle reconnaissance sur le marché du travail ? Les diplômes ont la même valeur que ceux des formations classiques.Visez les formations avec des stages en entreprise afin de faciliter votre insertion professionnelle.

Les cours des organismes privés

À côté des centres publics d’enseignement à distance, il existe de nombreux organismes privés.

> Le principe de fonctionnement. La formation repose sur du e-learning, des supports papiers, des DVD… L’étudiant doit remettre des travaux et se soumettre à des contrôles. La formation peut s’adapter au niveau d’études et aux attentes du candidat.

> Les formations proposées. Bureautique, électricité, paramédical, tourisme, préparation à des examens… Vérifiez comment la formation sera validée. En général, il s’agit d’un certificat de fin de formation qui n’a pas la valeur d’un diplôme d’État. Cependant, certains organismes délivrent des formations diplômantes, ce qui implique leur contrôle par le ministère concerné (Éducation nationale, Agriculture…).

> Quel accompagnement ? Il se fait sous forme de tutoriels et de vidéos pédagogiques, de classes virtuelles et d’entretiens individuels avec les professeurs.

> Les qualités requises. Les candidats doivent faire preuve de beaucoup d’autodiscipline pour suivre les cours et rendre les devoirs attendus.

> Le coût. Il est variable selon les organismes. Comptez le plus souvent entre 2000€ et 3000€ la formation.

> Comment s’inscrire ? Directement auprès des organismes de formation, en ligne ou par courrier.

> Quelle reconnaissance sur le marché du travail ? «Le taux de réussite affiché par l’organisme ne constitue pas forcément un bon indicateur de la qualité de la formation, explique Valérie Deflandre, du CIDJ. Mieux vaut consulter les avis des anciens élèves sur les forums ou s’adresser au service d’information du ministère qui a validé la conformité de la formation. Les candidats peuvent aussi vérifier si l’organisme est affilié à la Chambre syndicale nationale de l’enseignement privé à distance, ce qui est un gage de sérieux. Certaines écoles bénéficient de la qualification ISQ-OPQF délivrée par l’Office professionnel de qualification des organismes de formation.» 

L’AVIS D’EXPERT Valérie DEFLANDRE, conseillère au Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ)

“Assurez-vous de la qualité de l’organisme privé”

Avant de sélectionner un organisme de formation, demandez des devis et comparez. Vous pouvez aussi rencontrer un conseiller au CIDJ. Attention, certains établissements spécialisés dans le développement personnel dissimulent des mouvements sectaires. Vérifiez-les auprès de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu (Unadfi), du Centre contre les manipulations mentales (CCMM) et de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Une fois votre choix effectué, vous devez signer un contrat en deux exemplaires avec l’organisme et l’envoyer en lettre recommandée avec AR. Il doit préciser : la nature et le contenu des disciplines, la durée et le planning de la formation, les prérequis, le nombre de travaux demandés à l’élève, les modalités des contrôles des connaissances, les diplômes et références des enseignants et les modalités de paiement.

 

df
Katia Vilarasau
Publié le

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