Gratuit : se former avec un MOOC

Accessibles à tout le monde, ces cours en ligne couvrent un vaste éventail de thèmes. Choisir une formation et la suivre avec succès : voici comment faire.

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Un homme suit une formation gratuite par un Mooc à son domicile
© Golero / Istock

C'est quoi, un MOOC ?

MOOC : Massive Open Online Courses en anglais est une formation à distance, par internet, ouverte à tout le monde. « Ils démocratisent l’accès au savoir dans tous les domaines et à tous niveaux », précise Stéphane Diebold, président de l’Affen, le réseau de professionnels de la formation, initiateur du MOOC « Former et développer les compétences » proposé par l’université de Caen. Comme ils s’appuient sur des ressources éducatives libres et le web, vous pouvez les suivre selon vos disponibilités, assis sur un canapé ou à un bureau, vingt-quatre heures sur 24. Cet avantage les différencie des formations en ligne classiques et attire un très grand nombre de participants. Même s’il s’agit surtout de contenus de vulgarisation, beaucoup de MOOCs sont très complets, offrant des dizaines d’heures de formation sur un sujet précis. Ainsi, l’apprenant acquiert des connaissances en vue de satisfaire sa curiosité personnelle ou d’accroître son employabilité. « S’il valide son MOOC, il atteste que le sujet l’intéresse et il peut s’en servir comme argument pour viser d’autres fonctions dans l’entreprise, se réorienter, se reconvertir ou l’intégrer dans son CV afin d’évoquer le sujet au cours d’un entretien d’embauche », explique Paul Farnet, cofondateur de l’agence de conception de cours The MOOC Agency. Les MOOCs présentent aussi un intérêt pour les organismes de formation. « Par ce biais, ceux-ci font connaître leur expertise et se servent de ce type de cours en ligne comme produits d’appel pour une offre de formation plus large ou des supports payants », développe Paul Farnet.

Quels sont les thèmes proposés ?

Culture, multimédia, communication, droit, économie, comptabilité… les domaines développés sont nombreux. Vous pouvez aussi bien creuser un aspect de la psychologie, la subtilité des vins de Champagne ou du parfum que vous initier à un art, améliorer votre prise de parole en public, développer un code informatique ou limiter les dépenses énergétiques de votre habitation. Le catalogue très fourni.

Qui dispense ces cours en ligne ?

Toutes sortes d’établissements proposent des cours en ligne : écoles, universités ou plateformes d’e-learning, comme le Corps des mines, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), Polytechnique ou l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), mais aussi les musées, les institutions publiques et les entreprises.

Où consulter la liste des MOOCs ?

« Différentes plateformes hébergent les MOOCs et informent sur leurs créateurs, l’accessibilité, les prérequis, précise Paul Farnet. Parmi les plus connues, Fun-Mooc et OpenClassrooms sont plutôt francophones, alors que Coursera ou edX sont majoritairement anglophones. » De son côté, My Mooc référence et centralise les cours en français proposés par les hébergeurs. « C’est une sorte d’algorithme équivalent à TripAdvisor avec son système d’évaluation », note Stéphane Diebold. En créant un compte, vous recevez des notifications en fonction des critères sélectionnés. L’autre solution pour repérer le cours en ligne qui vous intéresse consiste
à taper sur votre moteur de recherche « MOOC » + le nom du domaine ciblé.

Comment choisir son MOOC ?

Tout dépend de vos besoins. « Il faut d’abord identifier son souhait d’apprentissage, insiste Paul Farnet. Ensuite, sur la page du MOOC repéré, on lit ou visionne la présentation du contenu et on regarde de près quels sont les publics visés, les objectifs pédagogiques et le type d’évaluation ou de certification proposé, mais aussi les prérequis nécessaires et la compatibilité avec son propre niveau. La majorité des MOOCs a pour vocation de vulgariser le sujet traité. » Surtout, soyez attentif au temps de cours hebdomadaire estimé. « Il est indispensable de savoir de combien d’heures on dispose et sur quoi on s’engage au préalable, souligne Stéphane Diebold. La qualité du MOOC est un autre critère. Pour cela, on peut se référer au bouche-à-oreille ou consulter les évaluations laissées par les utilisateurs. » Attention, les commentaires ne sont pas toujours en phase avec vos attentes.

Comment se déroule les cours ?

« Souvent, l’inscription est gratuite et sans condition d’âge ou de diplôme, assure Paul Farnet. Il suffit de cinq champs à remplir en ligne, et c’est parti ! » Les MOOCs se déroulent sur six semaines en moyenne. « Le programme s’articule autour de vidéos courtes, de textes, d’exercices et questionnaires en ligne, d’échanges et de partage entre apprenants sur les réseaux sociaux, des visioconférences ou des ressources complémentaires à disposition, détaille Stéphane Diebold. En général, le tout nécessite un investissement global de vingt à trente heures, soit entre quatre et cinq heures par semaine. » Vous recevez le contenu au fur et à mesure. « Les séquences s’effectuent par tranche de quinze à vingt minutes de connexion », ajoute Paul Farnet. En parallèle, vous effectuez des travaux obligatoires ou facultatifs (QCM, étude de cas, etc.) et réalisez les autoévaluations à chaque étape. À vous de vous organiser selon votre agenda. Suivre l’intégralité du programme permet d’obtenir une attestation d’assiduité ou, dans certains cas, une certification, parfois payante pour un montant moyen de 80 euros.

Comment suivre la formation jusqu’au bout ?

« La question n’est pas tant d’aller jusqu’au bout, mais de savoir dans quel but on souhaite suivre un MOOC, explique Stéphane Diebold. D’une part, c’est ce qui donne sens au projet et permet d’en tirer le maximum. D’autre part, en fonction des objectifs qu’on se fixe, on suit l’intégralité du programme ou seulement ce dont on a besoin. » Paul Farnet abonde : « C’est gratuit, donc certains démarrent uniquement pour tester le MOOC ou ne suivre que la partie qui les intéresse. C’est ce qui explique que seuls 10 % des inscrits vont jusqu’au bout. » Avant de vous lancer, assurez-vous que la période sera propice à l’apprentissage. Bloquez des créneaux horaires, afin de respecter la charge de travail pour laquelle vous vous engagez. Attention, il est difficile de démarrer un MOOC en cours de route, mieux vaut attendre le lancement de la session suivante. Ensuite, comme pour n’importe quelle formation, assiduité et implication sont primordiales, surtout qu’on ne bénéficie d’aucun accompagnement ni tutorat. Pour pallier cette carence, échangez avec d’autres apprenants par le biais des forums ou des réseaux sociaux.

df
Yves Deloison
Mis à jour le

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