Emploi : se former à moindre coût pour changer de métier

Vous avez envie d'exercer une autre profession ou vous perfectionner dans votre domaine ? Des organismes et dispositifs peuvent vous aider à financer votre projet. 

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
7mn de lecture
© Drazen Zigic

Définir son projet de formation

« Qu’il s’agisse de développer ses compétences ou de se reconvertir, tout le monde est concerné par la formation à un moment de sa vie », démarre Sophie-Carole Chassan, coordinatrice orientation chez Abilways. Concrétiser un tel projet impose de prendre en main les opérations. Mais entre réformes et refontes régulières des mesures et dispositifs, il n’est pas simple d’y voir clair. « La formation professionnelle a un coût et pour connaître la prise en charge éventuelle, il faut savoir défricher et déchiffrer, prévient-elle. Lorsqu’on identifie le bon cursus, il suffit alors de contacter l’organisme qui le dispense. Il est à même de guider vers les solutions adéquates. » Dans le cas contraire, il faut procéder par étapes.

Le conseil en évolution professionnelle comme porte d’entrée

« Dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé ouvert à tout actif quel que soit son statut, le CEP (conseil en évolution professionnelle) permet de construire un projet de formation ou d’adaptation à partir des compétences de la personne », synthétise Olivier Poncelet, délégué général de la FFP (Fédération de la formation professionnelle).

Un premier entretien permet d’analyser la situation de la personne puis le conseiller l’accompagne jusqu’à la concrétisation de son objectif : le repérage du centre et la prise en charge. Un salarié n’est pas contraint de prévenir son employeur d’une telle démarche sauf s’il veut réaliser la prestation sur son temps de travail, un accord de branche ou d’entreprise pouvant le permettre.

Parmi les organismes habilités à proposer la prestation : Pôle emploi, l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) ou l’association Transitions Pro (ATpro) de votre région (contacts sur Transitionspro.fr).

Repérer sa formation pour cibler le financement

« L’étape clé est de repérer la formation parmi les offres existantes, poursuit Olivier Poncelet. Une multitude d’annuaires les recensent mais aucun n’est exhaustif. Il faut donc croiser les données. » Cours du soir, formation continue ou à distance, cursus long effectué sur le temps de travail, il existe beaucoup de solutions mobilisables.

« Pour choisir le bon cursus, on doit prendre connaissance du détail du contenu pédagogique, insiste Sophie-Carole Chassan, mais aussi des modalités pratiques, coûts, échéances et dates, etc., le but étant de faire son choix en fonction de ses objectifs. » Olivier Poncelet rebondit : « Une fois ciblée la formation correspondant à ses attentes, il faut se rapprocher des organismes qui la dispensent. Ils sont les mieux placés pour orienter les candidats vers les mécanismes de financement selon le statut de chacun. »

 

Les sites des organismes de financement pour les indépendants

• Professions libérales : Fifpl.fr.
• Profession libérale médicale : Fafpm.org.

• Commerçant et dirigeant non salarié du commerce, de l’industrie et des services : Communication-agefice.fr.

• Artiste-auteur : Afdas.com.

• Artisan, chef d’entreprise inscrit au répertoire des métiers et auto-entrepreneur artisan : Fafcea.com.

Activer son compte personnel de formation

Parmi toutes les solutions de financements, la plus évidente est le CPF (compte personnel de formation) qui succède au DIF (droit individuel à la formation). Droit universel à la formation, il s’applique à tous, salariés, indépendants ou demandeurs d’emploi.

« Jusqu’à la retraite, on cumule des droits annuels, en fonction de son temps de travail, convertis en euros pour financer son projet », résume Sophie- Carole Chassan. 500 euros par an avec un plafond maximal de 5 000 euros ou 800 euros et une limite de 8 000 euros pour une personne peu ou pas qualifiée ou en situation de handicap. Pour les obtenir, il faut travailler au moins 50 % de la durée légale annuelle.

Le montant est fixé au prorata du temps de travail. En cas de perte d’emploi ou de changement d’employeur, les droits restent acquis. Ces crédits sont mobilisables pour nombre de formations : nouvelles connaissances, diplôme ou certificat, validation des acquis de l’expérience, bilan de compétences, etc.

Un site et une application lui sont dédiés : Moncompteformation.gouv.fr. Seul son titulaire a le pouvoir de décider de l’utilisation de son CPF.

Les autres moyens de financer une formation selon votre situation

« Si le CPF ne couvre pas la totalité du coût de la formation, un salarié peut solliciter un cofinancement auprès de son employeur, un demandeur d’emploi auprès de Pôle emploi et un indépendant auprès de son fonds interprofessionnel de formation », ajoute Sophie-Carole Chassan. « Il peut aussi être abondé par une prise en charge des collectivités locales, les Régions en particulier si le projet entre dans le cadre de leurs priorités », note Olivier Poncelet.

Autre piste : autofinancer une partie du coût de sa formation. « C’est le dernier maillon de la chaîne, une fois qu’on a épuisé toutes les pistes et qu’on ne parvient toujours pas à boucler la prise en charge, pointe la conseillère. Dans ce cas, il faut négocier le tarif. Si chaque organisme de formation applique sa propre politique, nombre d’entre eux accordent une remise, en particulier aux demandeurs d’emploi. »

 

Bon à savoir / Deux répertoires nationaux 

Les RNCP, répertoire national des certifications professionnelles (diplômes et titres), et RS, répertoire spécifique (habilitations sécurité, certification professionnalisante, compétences transversales), gérés par France compétences(Francecompetences.fr), rassemblent la totalité des certifications et habilitations délivrées.

Vous êtes salarié

« S’il s’agit d’un projet de formation en relation avec son poste, il faut d’abord en parler à son employeur, expose Yann Van Acker, directeur du département Ressources chez Uniformation. Le plan de développement des compétences de l’entreprise, un accord d’entreprise ou collectif de branche ou d’entreprises, peuvent permettre l’abondement partiel ou total de certifications. L’employeur peut aussi solliciter son OPCO (opérateur de compétences) afin de trouver d’autres sources de financement. Et même s’il s’agit d’une reconversion, on peut aussi lui en parler car il peut y trouver un intérêt. »

Autre piste : le projet de transition professionnelle qui s’inscrit dans une logique de reconversion, d’évolution ou de qualification. Il ouvre droit à congé et au maintien de la rémunération. Mais dans ce cas de figure, il faut répondre à un critère d’ancienneté : avoir cumulé au moins vingt-quatre mois, consécutifs ou non, dont douze mois dans l’entreprise, quelle qu’ait été la nature des contrats de travail successifs. Ce dispositif est ouvert aux CDD, intérimaires ou intermittents du spectacle sous conditions. « La formation peut aussi s’effectuer hors temps de travail et sans accord de l’employeur », note Olivier Poncelet. Ces dispositifs proposés par les ATpro s’appliquent aussi aux indépendants affiliés à une société de portage salarial ou à une coopérative d’activités et d’emploi (CAE).

Vous êtes indépendant

Si le coût de la formation excède la prise en charge par le CPF, une demande d’abondement peut être obtenue auprès d’un organisme en lien avec votre secteur : chambre de métiers et d’artisanat, chambres de commerce et d’industrie qui proposent aussi leur programme de formation, collectivités territoriales et fonds d’assurance formation. « Ces derniers disposent d’enveloppes pour financer tout ou partie des formations, surtout celles destinées aux petites structures », assure Olivier Poncelet.

Attention, un autoentrepreneur dont le chiffre d’affaires est de 0 euro sur douze mois consécutifs ne peut bénéficier de la prise en charge d’une formation. Enfin, que vous soyez gérant, président, directeur général, administrateur, membre de société par actions ou entrepreneur individuel (hormis sous le régime fiscal de la microentreprise), si vous visez l’acquisition de nouvelles compétences, vous pouvez bénéficier du dispositif « crédit d’impôt pour la formation des dirigeants d’entreprise ».

Fixé en fonction du taux horaire du Smic et limité à 40 heures, son montant maximum sera de 410 euros en 2021.

« Pour boucler sa prise en charge, il faut perséverer »

Le témoignage d'Isabelle P., 48 ans, de Saint-Riquier (80)

Pour devenir psychologue à mon compte en 2014, j’ai suivi une double formation à temps partiel sur deux ans. La première a été financée par Pôle emploi et le conseil régional des Hauts-de-France. J’ai obtenu la seconde grâce à un programme de développement des compétences dédié aux indépendants. Depuis, j’utilise chaque année des fonds de l’OPCO Atlas. En tant que mandataire sociale de ma SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle), je bénéficie aussi du plan de formation. Je viens de démarrer une formation en anglais et j’ai dix jours de supervision de mes pratiques professionnelles tous les ans. Pour repérer les programmes et boucler la prise en charge, ça reste le parcours du combattant. Il ne faut rien lâcher !

 

A lire aussi

Partager cet article :