Apprendre un métier du numérique gratuitement

Apprendre un métier du numérique gratuitement
Intégrateur Web, développeur d’applications mobile, animateur en informatique, etc. : les employeurs ont parfois du mal à recruter ce type de professionnels. - © nd3000

Avis aux jeunes sans qualification ni diplôme et aux adultes en reconversion professionnelle : 171 formations gratuites préparent aux professions du numérique.

Comment s’insérer rapidement dans le marché de l’emploi ? En suivant une formation au numérique. Intégrateur Web, développeur d’applications mobile, animateur en informatique, etc. : les employeurs ont parfois du mal à recruter ce type de professionnels. C’est pourquoi l’État subventionne 171 formations, qui ont été labellisées grande école du numérique en février dernier. Gratuites, elles s’adressent prioritairement aux jeunes sans qualification ou diplôme, à la recherche d’un emploi, et parfois aux actifs en reconversion professionnelle. Avec un objectif : tendre vers la parité hommes-femmes.

« Sur nos 271 élèves, nous comptons 30 % de femmes », souligne Frédéric Bardeau, directeur du réseau de fabriques numériques Simplon.co. Certaines formations sont destinées aux habitants des quartiers populaires.

« Notre première école du Web, à Villeneuve-la-Garenne, se situe au pied d’une barre d’immeuble », raconte Pierre Sicart, président de LePoleS.

En Île-de-France, six écoles de cette association en économie sociale et solidaire ont reçu le label grande école du numérique.

École du numérique : la motivation testée à l’entrée 

Pour intégrer l’une de ces filières, il est impératif d’avoir de l’appétence pour le numérique. La plus sélective des écoles, l’École 42 créée à Paris par Xavier Niel, fondateur du fournisseur d’accès à Internet Free, organise des tests en ligne, puis un mois d’immersion dans l’école où les candidats s’adonnent au code informatique selon le rythme d’une classe préparatoire (ce qu’on appelle « la piscine »).

« Chaque année, sur les 50 000 candidats, 3 000 sont retenus à l’issue des tests, puis 900 au terme de “la piscine”», résume Olivier Crouzet, directeur pédagogique de l’École 42.

Ailleurs, en fonction des filières, la motivation est évaluée moins sévèrement, sur tests (savoir-être, technique) ou entretien. Par exemple, à l’Infa, pour 16 places proposées dans la formation la pépinière du numérique, on recense 48 postulants, recrutés après un QCM de culture Web et un entretien.

Une pédagogie à partir de projets

Les études durent de trois mois à trois ans selon les établissements, ponctuées éventuellement de stages. Au programme, des résolutions de problèmes et des travaux à réaliser, tels que la création d’un blog. Pas de cours magistraux !

« Au cours de cinq mois intensifs, nos élèves montent notamment deux projets pour de vrais clients (PME, start-up), facturés dans le cadre d’une junior entreprise, relate Pauline Laburte, responsable du business développement de Wild Code School. Ils sont accompagnés par des formateurs qui sont tous des développeurs professionnels. »

« Aujourd’hui, tout le monde a accès à l’information. Détenir le savoir ne constitue plus un enjeu. Notre but est de développer chez nos étudiants la capacité à résoudre des problèmes en échangeant avec leurs collaborateurs », avance de son côté Olivier Crouzet. Quelle que soit la filière, la grande école du numérique formule la même promesse : servir de tremplin soit pour intégrer une formation plus poussée, soit pour s’insérer dans le marché de l’emploi.

« Je veux être utile aux usagers ! »

Coralie Sylvestre, 35 ans

« Passionnée par les sciences, j’ai d’abord préparé un master 2 en recherche en biologie végétale, puis j’ai enseigné la biologie. Ensuite, j’ai repris mes études à deux reprises : en 2007-2008, en master spécialisé en commerce international et marketing des produits alimentaires puis, en 2015-2016, pendant six mois, à la Wild Code School. Là, j’ai appris le code, ce qui requiert de la technicité, de la précision et de l’investissement. Cela demande de se remettre en question pour comprendre pourquoi ça ne marche pas, de ne pas rester sur ses acquis, d’aller de l’avant. Pendant cette formation intensive, je n’ai pas mesuré la quantité de connaissances que j’avais assimilées. C’est galvanisant ! Dans la foulée, je réalise un stage pour obtenir le titre d’État de développeur logiciel (niveau III, bac + 2). Ma mission : développer une application pour la gestion de la flotte des véhicules au sein du conseil départemental d’Eure-et-Loir. Je veux être utile aux usagers ! Dans l’idéal, j’aimerais créer une application qui améliore les conditions de travail. »

« Faire de l’informatique mon métier »

Jonathan Ibor, 22 ans

« Après un bac professionnel en restauration, j’ai travaillé dans la restauration de luxe entre 2011 et 2015. Puis, lassé de la lourdeur des horaires, j’ai décidé de faire de l’informatique mon métier, une passion que j’ai depuis l’âge de 15 ans. Orienté par la mission locale, j’ai intégré l’Infa à Nogent-sur-Marne, après une petite sélection. Je suis donc une formation courte en numérique, depuis février jusqu’en août. J’apprends beaucoup en programmation. Mais mon souhait est d’entrer à Hétic, la grande école de l’Internet, à l’automne prochain. »