Tirer parti des atouts de l’approche agile dans les projets innovants

Tirer parti des atouts de l’approche agile dans les projets innovants
Favorisant la créativité, l'approche agile consiste à partir d'un cadre souple de gestion de projet que l'on peut faire évoluer au fil de l'eau pour mieux s'adapter aux imprévus et accompagner pas à pas le client en collant au plus près de ses besoins. - © StockFinland

Développée à l’origine pour les besoins du secteur informatique, l’approche agile promeut une conduite de la gestion de projet pragmatique, basée sur la souplesse et l’efficacité.

On parle beaucoup de l’approche agile, de quoi s’agit-il ?

C’est une approche de la gestion de projet qui découle de pratiques informelles, nées dans le secteur informatique au cours des années 1980. En rupture avec l’approche traditionnelle, dite en cascade, qui consiste à organiser et à planifier en amont tous les aspects et à-côtés d’un projet, ce qui crée de la rigidité et bride la créativité, l’approche agile part du principe qu’il vaut mieux avoir un cadre souple au départ, s’autoriser à le faire évoluer si cela est bénéfique et avancer étape par étape en validant chacune d’elles, au fil de l’eau, avec le client. 

Quels sont les avantages de cette agilité ?

Le principal est de parvenir à un résultat qui n’est pas forcément à l’image de ce que l’on imaginait au départ mais qui intègre toutes les idées et réflexions nées au cours du processus, les contraintes rencontrées, et colle au plus près des véritables besoins du client. Certes, le cadre est moins sécurisant pour le management puisque tout n’est pas bordé dès le départ, mais c’est ce qui permet justement de générer de la valeur ajoutée en intégrant, par exemple, des fonctionnalités, une ergonomie, des choix techniques qui n’étaient pas prévus au départ et sont apparus comme évidents au fur et à mesure de l’avancée du projet.

L’approche agile a été développée pour les besoins du secteur informatique, est-elle transposable à d’autres activités ou problématiques ?

Oui, on l’utilise aujourd’hui dans d’autres secteurs, comme l’industrie ou les services. Pour exemples, Peugeot et Airbus qui développent des projets en mode agile. Quel que soit le secteur d’activité, c’est une approche qui se prête bien aux projets non prédictifs, offrant une visibilité limitée au départ. Ce qui est le cas des projets innovants.

Tout cela est séduisant sur le papier, l’agilité est-elle pour autant une garantie d’efficacité ?

Non, bien sûr. D’abord, elle n’est pas toujours pertinente. L’approche traditionnelle reste indiquée pour mener des projets bien balisés ou récurrents. D’autre part, pouvoir travailler en mode agile n’est pas donné à toutes les entreprises. La démarche, qui implique un changement culturel important, ne se décrète pas du jour au lendemain. Elle doit être expliquée, acceptée et bien managée, car elle repose sur des process de production courts, très rythmés et impose une forte capacité d’adaptation au changement de la part des équipes concernées.