Ouvrir une franchise : mode d'emploi

Si vous envisagez de vous lancer, voici la marche à suivre pour ouvrir votre franchise au sein d’un réseau dynamique.

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Comment ouvrir une franchise

Identifier le franchiseur, découvrir le statut le mieux adapté, établir le business plan, cela ne s’improvise pas. « Pour garantir ses chances de réussite, le projet mérite réflexion et attention ! », explique Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF). Les démarches durent en moyenne 12 mois. « Créer un hôtel 5 étoiles peut demander près de 2 ans, alors qu’un concept sans investissement lourd, seulement 4 à 6 mois », poursuit-elle.

Choisir le système de la franchise

« Avant d’opter pour une franchise, il est essentiel d’en comprendre les principes, insiste la représentante de la FFF. C’est un modèle de développement en réseau basé sur un contrat de collaboration entre 2 entreprises indépendantes, franchiseur et franchisé, chacune ayant un rôle spécifique. » Bons usages et conduite de chacun sont détaillés dans le Code de déontologie européen reconnu par les tribunaux.

« Le premier accorde ainsi au second le droit d’exploiter une entreprise en conformité avec son concept, ajoute-t-elle. S’il y a des exigences – une redevance notamment, incluant droits d’entrée et royalties –, il y a aussi des avantages : le franchiseur met à disposition savoir-faire, outils, notoriété, assistance, etc. » Il propose également formation, communication, animation et outils de marketing. Avant de vous lancer, renseignez-vous en détail sur les droits et obligations respectifs. Si la formule accélère potentiellement le développement d’une entreprise, elle impose en revanche des contraintes, dont l’approvisionnement chez des fournisseurs référencés. Il faut par ailleurs accepter de se former, de recevoir des conseils, voire d’être critiqué.

Opter pour un secteur particulier

Les réseaux de franchise couvrent les services, la vente ou des savoir-faire techniques dans nombre de domaines : habitat, restauration, prêt-à-porter, alimentation, services à la personne, automobile, etc.

Renseignez-vous sur la santé du marché, la concurrence, les types de clients et leurs habitudes d’achat. Une étude de marché permet ainsi d’évaluer le potentiel économique dans un périmètre géographique. Analysez les tendances dans la presse ou sur les sites spécialisés. L’Observatoire de la franchise met, par exemple, à disposition un annuaire en ligne qui répertorie les franchises qui marchent. Vous pouvez effectuer une recherche par nom d’enseigne ou par secteur. Sur www.toute-la-franchise.com, vous pourrez réaliser vos recherches par critères (selon votre apport personnel, la ville d'implantation, etc.).

Les secteurs d’activité porteurs

Ce qui marche correspond aux tendances générales de l’économie : bien-être (nutrition, fitness), automobile (réparation, entretien, location, lavage), vélo électrique, habitat (piscine, véranda, jardin, déco, etc.), rénovation énergétique, restauration rapide. À noter dans le BtoB (le commerce entre 2 entreprises), les services aux PME (communication, création de sites web, etc.) ou des secteurs très pointus, comme l’entretien de hayons élévateurs.

Si certains secteurs sont plus porteurs que d’autres, retenir ce seul critère ne suffit pas. Les apparences sont parfois trompeuses. Un secteur comme celui des cigarettes électroniques a cartonné, puis s’est vite effondré. Il est donc indispensable de tenir compte de ses compétences et aspirations.

« Les capacités financières dont on dispose entrent en ligne de compte, prévient également Chantal Zimmer. Les choix doivent se concentrer sur les réseaux qui correspondent aux possibilités d’investissement. »

Enfin, assurez-vous que les activités sont compatibles avec votre mode de vie. Certains secteurs se révèlent être plus chronophages ou contraignants que d’autres. Par exemple, la plupart des prestations pour les particuliers nécessitent d’ouvrir le week-end, contrairement au BtoB (services ou vente aux professionnels).

Bon à savoir

Chaque année en octobre, la Fédération française de la franchise organise l’opération « Entreprise en franchise, pourquoi pas vous ? ». Cet événement est l’occasion de rencontrer des chefs d’entreprises franchisés.

Choisir le franchiseur

Une fois le secteur choisi, sélectionnez plusieurs franchiseurs et menez une enquête rigoureuse sur chacun d’eux. Quels sont les réseaux qui proposent des prestations de qualité ou des produits innovants ? Lesquels apparaissent comme fiables, rentables et à la hauteur de vos ambitions ? De quel accompagnement bénéficient leurs membres ? Pour obtenir des réponses, effectuez des recherches sur internet, dans les revues de presse, auprès des associations, etc. N'hésitez pas à vous déplacer dans plusieurs sites pour rencontrer d’autres franchisés de l’enseigne.

Vous avez sélectionné votre franchiseur ? Au minimum 20 jours avant la signature du contrat de franchise, ila l’obligation de vous fournir le Document d’information précontractuelle(articles L.330-3 et R330-1 du Code de commerce issus de la loi Doubin). Observez bien ce document : il doit rassembler toutes les informations dont vous avez besoin pour signer en parfaite connaissance de cause. Outre les comptes annuels des deux derniers exercices, une description de l’entreprise, du marché national et local et les conditions de contractualisation (durée, conditions de résiliation, de renouvellement, etc.), le DIP doit, entre autres, lister les cinquante franchisés les plus proches et leurs coordonnées, le nombre d’entreprises qui ont quitté le réseau au cours de l’année écoulée avec indication des motifs (contrats venus à expiration, annulés ou résiliés) ainsi que les établissements situés dans la zone concernée qui vendent les mêmes produits ou services avec l’accord du franchiseur.

Si ce document est important, ne vous fiez pas aveuglément aux chiffres fournis par le franchiseur ! Pour savoir si le réseau progresse ou s’effondre, il est conseillé de lui demander les arriérés de redevances. Si les franchisés ont du mal à payer, leur rentabilité peut être mise en doute.

Construire le projet de franchise

« Toutes les données analysées servent à monter le business plan et à établir le budget prévisionnel », poursuit la déléguée générale de la FFF. Afin de rester réaliste et d’éviter les déconvenues, l’équilibre – ou seuil de rentabilité – calculé doit correspondre au niveau de l’hypothèse la plus basse fournie par le franchiseur. Dans le plan de financement doivent apparaître la capacité d’investissement (apport, crédits, aides, etc.) et les charges (local, aménagement, etc.). Le futur franchisé crée par ailleurs sa propre société et entreprend les démarches classiques, notamment le choix du statut de l’entreprise en fonction de l’investissement envisagé et du nombre d’associés (SARL, EURL, etc.). Là aussi, mieux vaut faire appel à un expert.

Trouver un local

« En parallèle, le futur franchisé recherche le local, détaille Chantal Zimmer. Le franchiseur est là pour l’aider à repérer l’emplacement, à faire la mise aux normes éventuelle, voire à valider le choix. » Cette recherche tient compte du coût, du taux de fréquentation et de la concurrence à proximité, des contraintes en matière d’équipement et de stocks prévues dans le cahier des charges. Si le franchiseur donne une réponse trop rapide, méfiez-vous.

Signer le contrat de franchise

 « C’est aussi le moment de signer le contrat de franchise. Soyez bien attentif car ils sont tous différents », souligne Chantal Zimmer. Sa forme et son contenu sont, en effet, librement fixés.

Aussi, examinez attentivement les clauses pour éviter toute mauvaise surprise. Avocat, notaire ou expert-comptable spécialisés dans la franchise vous aideront à analyser les clauses de non-concurrence, d’exclusivité territoriale, d’approvisionnement exclusif et les conditions de sortie.

Bon à savoir :

Afin d’éviter de vous retrouver personnellement responsable d’impayés, refusez les clauses qui engagent votre patrimoine – clause de solidarité, notamment – ou d’engagement de caution.

La transmission du savoir-faire doit aussi faire l’objet d’un descriptif précis : redevance et mode de calcul, outils de communication (publicité sur le lieu de vente et dans les médias, mailings, etc.), formation, immersion en magasin pilote, etc. « L’assistance apportée par le franchiseur peut varier, précise Chantal Zimmer. Le contrat doit par exemple inclure un nombre de jours de présence d’un animateur du réseau. »

Ouvrir son enseigne

Une fois le contrat signé, « le franchiseur est présent pour accompagner la concrétisation et offrir assistance et formation. » Cette dernière peut durer de quelques jours à plusieurs mois, selon les réseaux. Veillez à ce que la campagne de lancement et de promotion soit déployée telle que prévue par le cahier des charges. Certains réseaux délèguent un animateur pour soutenir le franchiseur dans ses recrutements de personnel et à l’ouverture. Ensuite, c’est parti, à vous de jouer !

Bon à savoir

En cas de différend avec un franchiseur, pensez au service de médiation de la Fédération française de la franchise (FFF). Il s’appuie sur le Code de déontologie européen de la franchise.

df
Yves Deloison - Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise
Mis à jour le

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