Franchise, 10 pièges à éviter

Franchise, 10 pièges à éviter
les banques prêtent volontiers aux franchisés - © bravobravo

La formule séduit autant les entrepreneurs que les salariés en reconversion, les demandeurs d’emploi ou les seniors. Avant de vous lancer, voici un tour d’horizon des points à vérifier.

1- Ne pas choisir l’activité par défaut

Se lancer dans la franchise ne doit pas être un pis-aller (reconversion forcée faute de débouchés dans votre secteur, chômage prolongé…), mais une décision motivée par une réelle envie d’entreprendre. En revanche, il n’est pas nécessaire d’avoir un passé de chef d’entreprise : 70 % des franchisés exerçaient une activité salariée avant de se lancer, selon l’enquête de la Fédération française de la franchise réalisée en novembre 2014.

2 - Aimer les produits que l’on vend

Avant de choisir la franchise, choisissez un métier. Vous allez être amené à passer beaucoup de temps à vendre tel produit ou tel service. Il faut donc aimer ce que l’on vend, croire au produit. Pour autant, pas besoin d’être un expert : avoir une affinité pour le secteur suffit.

3 - Accepter les contraintes

Un franchisé a des comptes à rendre. « Toute la difficulté est d’avoir l’esprit “entrepreneur” tout en acceptant le savoir-faire du franchiseur et les règles de fonctionnement du réseau », explique Rozenn Perrigot, maître de conférences à l’université de Rennes. Par exemple, pas question d’improviser l’aménagement de son point de vente ou de vendre des produits ou des services non prévus par le contrat de franchise.

4 - Communiquer avec le réseau

Rejoindre une franchise, c’est rejoindre une grande famille. Comme dans toute famille, un réseau se retrouve autour de valeurs auxquelles vous devrez adhérer, comme le travail, la transparence, l’entraide… Le secret d’un réseau qui fonctionne est une communication fluide à la fois verticale (avec le franchiseur) et horizontale (entre franchisés).

5 - Impliquer sa famille

Rejoindre une franchise est un projet de vie qui ne concerne pas le seul franchisé, mais aussi son entourage : conjoint, enfants… Se lancer prend beaucoup de temps au début. L’activité de franchisé oblige à faire des sacrifices (finances, loisirs, vacances…). La décision de se lancer en franchise doit donc être prise en famille, sous peine de générer incompréhension et conflits.

6 - Choisir le bon moment

Âge, contexte familial, ressources financières… Lancez-vous au bon moment. Ni trop tôt, car le manque d’expérience pourrait vous pénaliser, ni trop tard, car vous n’auriez pas le temps de récolter le fruit de vos efforts.

7 - Prospecter avant de se lancer

Prenez le temps de choisir votre réseau. « Il ne faut pas négliger cette phase de prospection, elle est fondamentale, confirme Rozenn Perrigot. Partez à la pêche aux informations sur Internet, dans les salons professionnels, auprès des franchisés. » Consultez également des baromètres de référence, comme l’indicateur de la franchise Caisse d’épargne (indicateurdelafranchise. fr). L’objectif est de repérer l’enseigne malhonnête qui encaisse vos droits d’entrée et vous laisse trouver un local pour, au final, recaler votre dossier. Ou encore le réseau qui laisse le franchisé livré à lui-même.

8- Affiner la localisation

Tenez compte des particularités régionales, des besoins à proximité (écoles, universités…) et des possibilités d’étoffer l’affaire : il est plus simple de gérer deux ou trois points de vente situés dans un périmètre proche.

9 - Faire ses comptes

La création d’une franchise demande un minimum d’apport personnel, à hauteur de 30 à 50 % de l’investissement total. À noter : l’Association pour le droit à l’initiative économique a développé un concept de microfranchise solidaire, qui s’adresse à des demandeurs d’emploi n’ayant que très peu d’apport, voire pas du tout (adieconnect.fr/Accompagnement/ Microfranchise-solidaire).

10 - Envisager la possibilité d’un échec

On peut échouer en créant son entreprise en franchise, avec à la clé des pertes financières. Les deux principales causes d’échec sont une mauvaise estimation au départ et un manque d’engagement. « Il n’y a pas de réussite en franchise sans beaucoup de travail derrière », conclut Rozenn Perrigot.

Témoignage : "Le réseau est sérieux et la formation garantie"

Benoît Meurisse, 55 ans, en location-gérance pour une franchise Ada à Versailles depuis trois mois.

Un chasseur de têtes m’a contacté l’an dernier : le loueur de véhicules Ada cherchait un candidat pour reprendre une agence en location-gérance. Ce statut, transitoire, pouvait déboucher sur le rachat du fonds de commerce au bout d’un an. Je suis allé à la réunion de présentation à la recherche d’informations, sans trop d’illusions. J’en suis sorti ébranlé : le réseau était mené par des gens sérieux, le business model tenait la route, la formation et l’accompagnement étaient garantis. Après dix-sept ans dans des fonctions de conseil en gestion de réseau dans l’automobile et la vente directe, puis plusieurs années comme directeur d’associations, j’avais envie de me mettre à mon compte. Vu mon âge, c’était maintenant ou jamais ! La locationgérance offre deux avantages : elle permet de découvrir le métier en douceur et évite l’investissement que représente un fond de commerce. Ensuite, on peut racheter le fonds de commerce et décrocher un prêt plus facilement : cela rassure les banques car le projet a déjà été testé.

Témoignage : "C’est le concept du réseau qui m’a séduit"

Yoann Fabre, 29 ans, franchisé Repar’stores à Toulouse depuis trois ans.

Après avoir passé cinq ans comme technicien monteur chez un grand avionneur dans le Sud, j’ai eu envie de me mettre à mon compte. J’avais quelques économies et j’ai commencé à me renseigner pour racheter une petite entreprise dans la région. Mais les offres étaient chères et inadaptées au marché. Plus que la franchise, c’est le concept de Repar’stores qui m’a d’abord séduit. Il présentait, selon moi, trois atouts : la possibilité de transposer mes compétences techniques, le montant de l’apport plutôt raisonnable (5 000 à 10 000 €) et enfin le dynamisme du réseau. Par mesure de sécurité, j’ai posé un congé sans solde d’un an auprès de mon employeur, ce qui me permettait de réintégrer l’entreprise en cas d’échec. Trois ans après, je n’ai aucun regret. Je travaille deux fois plus qu’avant, je gagne un peu moins, mais je le fais pour moi et dans une perspective de faire croître mon affaire.

L'avis de l'expert

René Prévost, président de la Fédération française de la franchise.

Le statut de franchisé présente davantage de garanties qu’une création d’entreprise classique : 80 % des franchises sont encore en activité au bout de cinq ans, contre une entreprise sur deux. De ce fait, les banques leur prêtent plus volontiers. La franchise permet aussi de mutualiser le marketing, la communication, le service juridique… Un réseau de franchise sérieux sélectionne avec soin ses franchisés car la prise de risque est partagée : on réussit ou on perd ensemble.

Plus d'infos
Annuaire des franchisés : observatoiredelafranchise.fr.
Fédération française de la franchise : franchise-fff.com.