Délais de paiement : le retard moyen recule

Délais de paiement : le retard moyen recule
Le rapport 2016 de l'Observatoire des délais de paiement montre une nette baisse du retard de paiement moyen en France par rapport à l'année précédente. - © DNY59

Le rapport 2016 de l’Observatoire des délais de paiement dresse un bilan positif de l’année écoulée. L’an dernier, en passant sous le seuil des 12 jours, le retard de paiement moyen a reculé de 2 jours. 

Certes, tout n’est pas encore parfait, mais au moins la tendance va dans le bon sens. Alors qu’en 2015, aucun progrès tangible n’avait été enregistré en matière de réduction des délais de paiement, l’année 2016 a montré une nette inflexion de tendance. Selon le cabinet Altares, dont les chiffres alimentent le dernier rapport de l’Observatoire des délais de paiement publié par la Banque de France, le retard moyen est passé en France sous la barre des 12 jours au 3ème trimestre 2016. Il s’établit précisément à 11,6 jours contre 13,6 jours au début de l’été 2015, ce qui constituait le pire score enregistré depuis 10 ans, selon l’Observatoire.

Forte réduction des retards les plus importants

Cette amélioration est particulièrement perceptible pour les retards importants. Autrement dit ceux qui dépassent de plus de 30 jours l’échéance initialement prévue. Alors que près de 8 % des entreprises décalaient leurs règlements au-delà de cette limite début 2016, elles ne sont désormais plus que 6,6 % à le faire. En revanche, les retards de moindre importance restent toujours très nombreux. Plus d’une entreprise sur trois reporte ses règlements fournisseurs de 1 à 15 jours et une sur cinq les repousse de 16 à 30 jours. Au bout du compte, seules deux entreprises sur cinq règlent leurs échéances en temps et en heure.

Parmi les facteurs contribuant à cette amélioration, le rapport de l’Observatoire souligne le renforcement des pouvoirs de contrôle et de sanction accordés à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Ses agents peuvent désormais infliger aux contrevenants une amende de 2 millions d’euros contre 375 000 € auparavant et publier le nom des entreprises sanctionnées. En 2016, ils ont diligenté plus de 2 500 contrôles, dressé 581 avertissements ou injonctions et infligé 228 amendes pour près de 11 millions d’euros. De quoi dissuader les comportements abusifs.

La situation en Europe au diapason

Si les retards de paiement reculent en France, c’est aussi le cas en Europe, où le retard moyen est repassé en 2016 sous la barre des 14 jours, pour la première fois depuis 3 ans. Comptabilisés à 13,5 jours désormais, les reports de règlements sont comparables à ceux enregistrés au cours de l’été 2012. L’Allemagne, exemplaire dans ce domaine, enregistre un retard moyen de 6,8 jours et un taux de paiement en temps et en heure de 70,7 % (contre 39,4 % en France). De son côté l’Espagne signe sa meilleure performance sur 10 ans, avec un délai de 15,3 jours de retard, bien loin des 22 jours relevé en 2010.