Création d’entreprise : quelles aides financières ?

Création d’entreprise : quelles aides financières ?
Les aides financières à la création d’entreprise concernent soit la personne qui crée, soit la société créée. - © gpointstudio

Vous manquez de fonds propres pour vous lancer ? Plusieurs financements existent en fonction de votre projet. Avec une contrepartie – remboursement ou cession de parts –, mais tous contribuent à la réussite de votre société.

Les aides financières à la création d’entreprise, publiques ou privées, concernent soit la personne qui crée (personne physique), soit la société créée (personne morale). Dans le premier cas, il s’agit d’un renforcement des fonds propres du créateur qui permettra à celui-ci d’obtenir plus facilement un prêt bancaire et de garder le contrôle de son entreprise. Mais, en cas de défaillance, il lui faudra rembourser cette aide. Dans le second cas, c’est un investisseur ou un associé qui apporte des fonds au capital de l’entreprise, le créateur n’étant pas contraint d’engager son argent personnel. En contrepartie, le chef d’entreprise n’est plus seul aux commandes et doit rendre des comptes aux investisseurs et à ses associés.

Les aides au créateur

Le prêt Nacre

Pour qui ?

Le nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise (Nacre) est destiné aux demandeurs d’emploi, indemnisés ou non, aux bénéficiaires de minima sociaux et aux moins de 26 ans. Ce parcours d’accompagnement à la création d’entreprise permet l’aide au montage du projet, la recherche de financement et l’accompagnement post-création. Dans ce cadre, le porteur de projet peut bénéficier d’un prêt à taux zéro.

Montant maximal : 10 000 €.

Durée de remboursement : un à cinq ans.

Entre 2009 et 2014, le prêt Nacre a contribué à la création ou à la reprise de 79 400 entreprises.

Bon à savoir

Ce prêt est conditionné à l’obtention d’un prêt bancaire complémentaire. Les porteurs de projet parviennent à en obtenir un en moyenne 6,5 fois supérieur au montant du prêt Nacre.

Le plus

Le Nacre peut se cumuler avec d’autres aides financières réservées aux chômeurs créateurs, l’Accre (exonération partielle de cotisations sociales) et l’Arce (capital d’aide à la création pour les chômeurs indemnisés).

Renseignements

Auprès des réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise, comme l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), les boutiques de gestion, Initiative France, les chambres de commerce et d’industrie, dont la liste par région est disponible sur le site de chaque direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte).

Le prêt d’honneur

Pour qui ?

Ce prêt à taux zéro est octroyé, sans demande de caution, à tout porteur de projet présentant un plan d’affaires qui tient la route. Il est accordé par des associations d’aide à la création d’entreprise.

Selon la taille et la nature du projet, le montant du prêt varie de 3 000 à 90 000 €.

Il est remboursable en trois à cinq ans.

Bon à savoir

En principe, le prêt d’honneur doit être associé à un prêt bancaire. L’effet de levier est très important : jusqu’à 13 fois le montant du prêt d’honneur.

Le plus 

Les associations offrent également un accompagnement important en post-création (parrainage, accès à des clubs d’entrepreneurs, etc.), qui est un facteur de succès.

En France, 87 % à 92 % des entreprises aidées sont toujours en activité trois ans après leur création, contre 76 % sans accompagnement.

Renseignements

Initiative France (228 plateformes locales sur initiative-france.fr) ou Réseau Entreprendre (82 implantations en France sur reseau-entreprendre.org).

Le micro-crédit

Pour qui ? 

Le micro-crédit s’adresse aux porteurs de projet qui ne pourraient pas obtenir un prêt bancaire : bénéficiaires de minima sociaux, interdits bancaires, etc. Il est accordé par le réseau Adie.

Montant : jusqu’à 10 000 €, remboursable jusqu’à quarante-huit mois.

Taux d’intérêt : entre 6,38 et 7,38 %.

Il peut être complété par un prêt à taux zéro (jusqu’à 4 000 €).

Bon à savoir

Une personne de l’entourage du créateur doit se porter caution à hauteur de 50 % du prêt.

Le plus

Laccompagnement au montage du projet par les conseillers Adie et les possibilités de formation à la gestion d’entreprise.

Renseignements

Demande de microcrédit sur adie.org ou au 0 969 328 110 (prix d’un appel local).

La garantie de prêt 

Pour qui ?

La garantie création de la Banque publique d’investissement (BPI France) couvre tout créateur ou dirigeant d’entreprise depuis moins de trois ans qui s’endette à titre personnel auprès d’une banque. Elle couvre 50 % du montant accordé par la banque (60 % en cas d’intervention conjointe avec la région). La garantie du réseau de finance solidaire France Active s’adresse aux créateurs demandeurs d’emploi ou en situation de précarité économique. Le montant maximal de la garantie du prêt est de 65 %.

Bon à savoir

France Active propose également une garantie destinée aux femmes créatrices (demandeuses d’emploi ou non), le Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF). Celui-ci couvre jusqu’à 70 % du prêt bancaire, qui doit être d’un montant de 5 000 € minimum.

Le plus 

Un dispositif qui évite au créateur d’engager ses biens pour se porter caution du prêt.

Renseignements

France Active (41 fonds territoriaux sur franceactive.org) ou BPI France (42 implantations régionales sur bpifrance.fr).

Les aides à l’entreprise

Le capital-risque

Pour qui ?

Les créateurs ayant besoin de financements importants pour lancer un produit ou une innovation avec un fort potentiel de croissance. L’investisseur en capital-risque apporte des fonds pour financer l’entreprise en échange d’une prise de participation dans la société. Les montants vont de quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs millions. Son objectif est de récupérer sa mise, avec une forte plus-value quelques années plus tard.

Bon à savoir

Pour les projets plus modestes, il existe des réseaux de capital-risque solidaire, les Cigales et Financités.

Le plus

Le capital-risqueur apporte souvent un carnet d’adresses et un suivi, qui sont particulièrement utiles pour le créateur.

Renseignements

L’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic, afic.asso.fr), les 162 fonds partenaires de BPI France (liste sur www.bpifrance.fr), la Fédération des cigales (cigales.asso.fr), ou encore Financités (financites.fr).

Le financement participatif ou « crowdfuuding »

Pour qui ?

Tout porteur de projet ne souhaitant pas (ou ne pouvant pas) avoir recours à un financement bancaire. Le projet de création est financé par des particuliers, par le biais d’une plateforme Internet qui fait rémunérer sa prestation (5 à 12 % des sommes récoltées). La rémunération du particulier qui apporte des fonds à la société créée se fait sous forme de dividendes ou de plus-value réalisée lors de la cession des titres.

Bon à savoir

Outre la prise de participation, le financement peut se faire sous forme de prêts (jusqu’à 1 000 € par prêteur pour des prêts avec intérêts, 4 000 € sans intérêt) ou encore sous forme de dons.

Le plus

Un accès simple et direct à des millions d’investisseurs potentiels.

Renseignements

35 plateformes de financement participatif sont répertoriées sur tousnosprojets.bpifrance.fr. Ce site présente également un observatoire du secteur.