Comment créer son entreprise

Comment créer son entreprise
Créer son entreprise - ©Peshkova

Monter son entreprise est le rêve de nombreux salariés. Une aventure, dont le succès nécessite préparation et engagement total.

Depuis la création du statut de l’auto-entrepreneur, en 2009, les incitations à créer son propre emploi se sont multipliées. Des mamans de jeunes enfants, des licenciés, des jeunes seniors qui anticipent leur exclusion du monde du travail ou préparent leur retraite…, nombreux sont ceux qui sautent le pas.

Pourtant, se mettre à son compte comporte des risques. Aussi, avant de se lancer, il importe que le projet soit mûrement élaboré, en moyenne pendant une période d’un an.

Le futur entrepreneur doit disposer de qualités bien spécifiques : être autonome, réaliste, persévérant, savoir vendre et se vendre… Avant de se lancer par passion sur un créneau, il lui faudra répondre à un certain nombre de questions : comment fabriquer ce produit ou créer ce service ? Quels sont les moyens humains nécessaires ? etc.

Il devra aussi étayer son projet en réalisant une étude de marché, en analysant la concurrence, en rédigeant un document de synthèse (« business plan », chiffre d’affaires prévisionnel…), en choisissant le statut de l’entreprise (auto-entrepreneur, entreprise individuelle, SARL, SA…).

Un accompagnement à la création d'entreprise

Pour aider le futur entrepreneur, l’Agence pour la création d’entreprise (APCE) a mis au point une méthodologie en dix points qui permet de guider les créateurs dans leurs démarches : l’idée, le projet personnel, l’étude de marché, les prévisions financières, la recherche des financements, les aides, le choix d’un statut juridique, les formalités de création, l’installation de l’entreprise, les premiers mois d’activité.

Elle propose également un accompagnement personnalisé : « Ce n’est pas de l’assistance ! » précise Michel Jez, responsable du pôle accompagnement à l’APCE.

L’accompagnateur prend connaissance du projet, éclaire les zones d’ombre, mais ne monte pas le dossier. Beaucoup de porteurs de projets butent sur des questions telles que “Quelle forme juridique ?” ou “Quelles aides ?”. 

« Ces questions sont l’arbre qui cache la forêt. Avant tout, il faut avoir une idée, y croire et la valider à l’aide de notre méthodologie. En effet, les deux principales erreurs commises par les candidats, ajoute Michel Jez, c’est de croire qu’il y a beaucoup d’aides financières et les envisager comme des solutions, alors qu’elles ne représentent qu’un coup de pouce, et de se focaliser sur la forme juridique de l’entreprise ».

En moyenne, entre l’idée et l’immatriculation de l’entreprise, il se passe neuf mois, un délai qui permet de réfléchir à son projet. De mise en œuvre plus rapide, le statut de l’auto-entrepreneur doit toutefois être envisagé avec soin.

En simplifiant la procédure d’inscription, ce statut réduit aussi le temps de maturation du projet.

Intégrer un réseau de franchisés

En plein essor, le secteur de la franchise, qui représente 1 477 réseaux et 58 351 commerçants franchisés, crée environ 35 000 emplois par an. Tentant !

La franchise séduit deux profils d’entrepreneur : les jeunes qui ont du mal à s’insérer ou manifestent une plus grande soif  d’indépendance ; et les 45-60 ans qui n’ont plus beaucoup la cote ou veulent, à la retraite, se créer une deuxième vie professionnelle, souligne Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise.

Si la franchise est sécurisante, puis­qu’elle est associée à un réseau, elle ne convient pas à tout le monde. « Le franchisé doit en comprendre le fonctionnement pour éviter les frustrations, ajoute Chantal Zimmer. Le franchiseur est l’initiateur du réseau, il est responsable de la stratégie. Le franchisé est l’ambassadeur de la marque et doit rendre la promesse faite au client. »

Comme pour toute création d’entreprise, le franchisé doit choisir un secteur qui lui plaît. Les premières franchises sont accessibles à partir de 20 000 €, l’apport personnel représentant 30 à 40 % de cette somme.

Obtenir un prêt est plus facile, les banques faisant davantage confiance à ce type d’entreprises moins touchées par les dépôts de bilan. Mais ce n’est pas le seul atout.

Lorsqu’on souhaite créer une entreprise à 56 ans, on se dit que l’on n’a pas beaucoup de temps devant soi pour réussir, confie Gérard Sénevat, 61 ans, qui a créé un centre Adhap services (aide à domicile) à Mantes-la-Jolie, après avoir été licencié de la direction d’une entreprise de matériel agro­alimentaire. La franchise m’a permis de gagner cinq ans sur le développement de mon entreprise, c’est un accélérateur de connaissance grâce au réseau. Et le risque reste mesuré.

Créer une entreprise chez soi

De plus en plus de femmes souhaitent concilier travail et vie familiale. Créer son entreprise et la gérer à la maison permet de réaliser, en partie, cet objectif.

Céline Fénié, qui a lancé en 2008 Mamanshopping.com, un site de produits de puériculture innovants, s’est vite sentie seule. Pour rompre sa solitude, elle a créé un blog. C’est le début du réseau des « mampreneurs » qui regroupe aujourd’hui près de 1 000 membres dans toute la France.

« Notre association aide les mères de famille qui se lancent dans la création d’entreprise ou qui en sont très proches. Nous organisons une fois par mois “un mam’s café”, une réunion au cours de laquelle un professionnel (avocat, expert-comptable…) intervient. Les femmes peuvent également échanger leurs idées, leurs astuces », explique cette mère de quatre enfants.

Mais ce n’est pas tout : « Nous nous regroupons pour participer à des salons, nous négocions des partenariats, nous animons aussi un groupe sur Facebook. »

Les aides financières à la création d’entreprise

L’aide la plus importante est le Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise (Nacre), destiné aux personnes sans emploi. Le Nacre comprend un parcours d’accompagnement de 3 ans et une aide financière sous la forme d’un prêt sans intérêt d’un montant de 1 000 à 10 000 € sur cinq ans, couplé à un prêt bancaire ou ADIE.

Des prêts d’honneur peuvent aussi être accordés par des organismes locaux dépendant des régions, notamment par Initiative France (01 40 64 10 20).

Bpifrance accorde des prêts à la création d’entreprise dont le montant varie de 2 000 à 7 000 €. Les projets innovants peuvent être subventionnés dans le cadre des « concours talents ».

Pour en savoir plus

- L’agence pour la création d’entreprise (APCE) : 01 42 18 58 58
- Les chambres consulaires : 01 40 69 37 00 ou www.cci.fr ; 0825 36 36 36 ou www.artisanat.fr ; 01 53 57 10 10 ou www.chambres-agriculture.fr
- Le réseau des mampreneurs : http://les-mompreneurs.com
- Fédération française de la franchise : 01 53 75 22 25
- Portail de l’auto-entrepreneur : 0 821 08 60 28