Choisissez votre statut d’entrepreneur

Choisissez votre statut d’entrepreneur

Ça y est, vous avez décidé de créer votre propre entreprise. Auto-entrepreneur, entreprise individuelle ou SARL, il faut choisir le statut qui correspond le mieux à votre activité. Nos conseils pour ne pas vous tromper.

"Le choix du statut juridique intervient une fois que votre projet est bien réfléchi et les partenaires identifiés, indique Jean-Christophe Pic, codirecteur du mastère Celsa Entreprendre. Il dépend de votre souhait d’être indépendant (artisan, commerçant, EURL…) ou de votre besoin d’avoir des associés (SARL, SA, SAS…)."

Selon lui, "si vous voulez associer des compétences (commerciales, financières, techniques…) à votre projet mais manquez de moyens pour rémunérer ces spécialistes, il est possible de les faire entrer au capital à des conditions avantageuses. Ils seront d’autant plus motivés par la réussite de votre entreprise ! Votre société démarrera avec des fonds plus importants et des talents porteurs de succès".

Le statut d'auto-entrepreneur pour des revenus complémentaires

Une simple inscription sur Internet et vous voilà entrepreneur ! Lancé début 2009, le régime de l’auto-entrepreneur a été adopté depuis par près d’un million de personnes. Avec plus ou moins de réussite. D’après l’Insee, la rémunération moyenne est de 450 € par mois, et la moitié de ceux qui ont adopté ce statut ne déclare aucun chiffre d’affaires.

 Cette activité doit être comprise comme une source de revenus complémentaires », rappelle Francis Hurel, président de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE).

Un chiffre d’affaires limité

L’auto-entrepreneuriat a été créé pour faciliter l’exercice d’une activité professionnelle annexe dans le commerce ou les services, tout en conservant son statut – et ses revenus – de salarié, de demandeur d’emploi ou de retraité. Si vous ne réalisez pas de chiffre d’affaires, vous ne cotisez pas.

Grâce à ce régime, vous pouvez « tester » une idée avant de passer, en cas de réussite, à un statut plus ambitieux. L’auto-entrepreneuriat ne permet pas de faire fortune, le chiffre d’affaires étant limité à 81 500 € par an pour une activité commerciale ou à 32 600 € par an pour une prestation de services ou une activité libérale.

L’entreprise individuelle pour une liberté totale

Plus de la moitié des créateurs d’entreprises optent pour l’entreprise individuelle (EI) en début de projet, un statut qui a le mérite d’être simple et de leur octroyer une liberté totale. Les artisans, commerçants et professions libérales l’adoptent souvent.

Sur le plan social, l’entrepreneur relève du régime des indépendants (RSI). D’un point de vue juridique, entreprise et entrepreneur rassemblés en EI ne forment qu’une seule personne.

Considérés comme une rémunération, les bénéfices sont donc intégrés dans la déclaration de revenus personnelle de l’entrepreneur.

L’entrepreneur individuel n’est pas obligé de publier de comptes annuels. Et si vous engrangez des bénéfices modestes, vous serez moins imposé, en tant que personne, qu’une société.

En outre, le système est souple : vous pouvez, si vous le souhaitez, évoluer vers un statut plus ambitieux (EURL, par exemple) ou, à l’inverse, vers le régime d’auto-entrepreneur.

Des risques pour l'entrepreneur et son conjoint

Si les affaires tournent mal, l’entrepreneur individuel court le risque de perdre son patrimoine et celui de son conjoint quand il n’a pas veillé à les séparer. Pour protéger ses biens personnels, rien ne l’empêche d’opter pour la responsabilité limitée.

À l’inverse, si l’entreprise génère trop de bénéfices, il peut être imposé dans la tranche la plus élevée du barème. Et donc se retrouver lourdement taxé !

Dernier écueil : l’impossibilité de développer son projet. Pour faire rentrer de l’argent frais ou s’associer si l’entreprise grandit, il lui faut passer en SARL.

La SARL pour un projet plus ambitieux

Avec la société anonyme à responsabilité limitée (SARL), vous bénéficiez des avantages du statut de personne morale et disposez d’un capital social propre. La SARL réunit au moins deux associés et un gérant, fonction assurée par l’un ou l’autre, voire par un tiers.

Bien que son montant soit libre depuis 2003, il est conseillé de doter la SARL d’un capital suffisant pour couvrir les frais de fonctionnement et les investissements. 20 % au moins du capital sont versés lors de la constitution de la société, et le solde dans les cinq ans.

Un gérant est majoritaire s’il détient plus de 50 % des parts de la société.

La responsabilité limitée de l'entreprise

La SARL permet de disposer d’un capital social modulable selon les besoins en financement. Il est d’usage de choisir un montant de capital peu élevé au départ afin de ne pas mobiliser trop de fonds personnels.

En cas de bénéfices (soumis à l’impôt sur les sociétés), le ou les associés peuvent se verser des dividendes, parfois plus avantageux au niveau fiscal que les salaires. Enfin, avec la SARL, leur patrimoine personnel est protégé.

L’entrepreneur n’est pas responsable sur ses biens propres, sauf faute de gestion majeure », résume Christophe Gareyte, ingénieur-conseil et entrepreneur.

Les formalités de constitution et de fonctionnement d’une SARL sont lourdes : obligation de tenir une comptabilité, de publier les comptes…

Autre écueil : en cas de besoin de financement, la SARL n’est pas autorisée à émettre d’actions, ni à faire appel à l’épargne publique. On recherche donc souvent des fonds auprès des proches.