Devenir autoentrepreneur pour sortir du chômage

Vous avez besoin de gagner votre vie. Or, des interlocuteurs proposent de vous faire travailler sous le régime de microentrepreneur, encore souvent appelé autoentrepreneur. Ce qu’il faut savoir avant d’accepter. 

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Le statut de microentrepreneur peut être une étape pour tester ses aptitudes à la création d'entreprise.
© Antonioguillem/adobestock

> En septembre 2019, d'après l'Insee, la part des microentrepreneurs dans le nombre total de créations d’entreprises étaient de 47,2%, contre 25,3% pour les entreprises individuelles classiques et 27,5% pour les formes sociétaires. Pour ceux qui veulent créer leur emploi, ce statut présente effectivement des atouts. Il offre un régime fiscal et social ultra-simplifié réservé à ceux qui génèrent un chiffre d’affaires limité à moins de 70000 euros par an pour une activité de services, d’artisanat ou une profession libérale, et moins de 170000 euros par an pour l’achat-vente de marchandises, la restauration ou l’hébergement (sauf gîtes ruraux non classés en meublés de tourisme).

Aucun risque financier

> C’est l’intérêt principal : tant qu’on ne gagne pas d’argent, pas de cotisations sociales à verser. Chaque mois ou chaque trimestre, sur le site Autoentrepreneur.urssaf.fr, vous déclarez vos encaissements. Les cotisations sociales sont calculées en proportion de ce chiffre d’affaires réel. Quant à l’impôt sur le bénéfice, il est calculé après déduction des charges selon un forfait :

  • - 34 % pour les bénéfices non commerciaux (activité libérale : coach, infirmier… et agents commerciaux),
  • - 50 % sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) d’une activité de services (taxi, secrétariat…) et d’artisanat,
  • - 71 % pour les BIC liés à l’achat-vente de marchandises et la fourniture de logement.

Les démarches pour se lancer

> Sur Guichet-entreprises.fr, le site du Centre de formalités des entreprises, vous vous immatriculez au registre national des entreprises (RNE) tenu par l’Insee. Un numéro Siren (numéro d’identification de l’entreprise) vous est alors délivré.

> Si votre activité est commerciale, vous devez aussi vous inscrire au registre du commerce et des sociétés (RCS). Ce sera au répertoire des métiers pour une activité artisanale. Depuis la loi Pacte, votre compte bancaire personnel suffit pour gérer votre microentreprise tant que vous n’aurez pas atteint 10000 euros de chiffre d’affaires hors taxe deux années de suite. Cela vous fera une formalité de moins, et vous évitera des frais bancaires de tenue de compte. 

> Côté comptabilité, vos obligations sont minimes :tenir un registre des achats et un livre des recettes. La plupart des microentrepreneurs apprécient de pas facturer de TVA à leurs clients, ce qui les dispense aussi des déclarations régulières de TVA à reverser au fisc. Cette franchise est accessible jusqu’à 82800 euros de chiffre d’affaires annuel pour l’achat-vente de marchandises ou la fourniture de logement (location de gîtes ruraux, de meublés de tourisme et de chambres d’hôtes) ou jusqu’à 33200 euros pour une activité de services (artisanale et libérale) ou les autres fournitures de logement. Ces seuils sont plus bas que ceux qui donnent droit au statut de microentrepreneur. Ne vous croyez pas dispensé de corvée de TVA trop longtemps ! 

BON À SAVOIR : Les microentrepreneurs qui souhaitent pouvoir récupérer la TVA dépensée pour des achats conséquents ont la possibilité d’opter pour l’assujettissement à la TVA à tout moment. 

Un régime souvent inadapté

> « Le système de la microentreprise peut servir à tester un projet ou à se tester soi-même comme travailleur indépendant,suggère Elizabeth Vinay, de Bpifrance Création. Utilisez-le si vous avez une proposition ponctuelle de travail indépendant, ou comme complément de revenus. Il se prête parfaitement aux livreurs à vélo ou aux "travailleurs du clic" qui transcrivent des factures, modèrent des contenus ou alimentent des bases de données quelques heures par jour ou par semaine.» Mais si votre activité nécessite de prendre un local, de recruter des collaborateurs, d’investir dans du matériel, choisissez un autre statut qui vous permettra de déduire vos charges réelles de votre bénéfice.

L’AVIS D’EXPERT : Xavier FABRE, directeur adjoint de l’ADIE, Association pour le droit à l’initiative économique

“Sans capital, sans diplôme, sans réseau, on peut quand même créer son entreprise” 

Lorsque l’on est au chômage, en emploi précaire, voire au RSA, il est difficile de trouver un prêt bancaire pour se lancer, même s’il ne s’agit que de 3000 euros. L’ADIE le rend possible. En zone rurale, depuis 2015, nous avons mis en place Regain, un programme d’accompagnement des entrepreneurs de la France périphérique. Partout en France, pour contourner la fracture numérique, nous misons sur le téléphone, avec un numéro unique non surtaxé: le 09 69 328 110. En une fois, on peut obtenir un rendez-vous téléphonique avec un conseiller local de l’ADIE pour parler concrètement de ses besoins de financement sans se déplacer en ville. Il y a deux comités de décision par semaine : le financement peut aller vite. Si le projet est retenu, l’ADIE vient chez le porteur de projet pour signer le contrat de prêt, l’aide à remplir les formalités de création d’entreprise et, s’il le souhaite, l’accompagne dans le développement de son activité.

 

df
Laurence de Percin
Publié le

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