Architecte, artisan ou entreprise : le choix du pro

Architecte, artisan ou entreprise : le choix du pro

En matière de construction vous pouvez faire du sur-mesure et garder la main sur la réalisation ou choisir sur catalogue et déléguer la gestion du chantier. Architecte, artisan et entrepreneur sont là pour vous conseiller.

Une fois le terrain trouvé et le financement obtenu, vous pensiez avoir fait le plus gros.

C’était sans compter avec le choix du ­professionnel. Et c’est souvent à ce moment que les choses se ­compliquent.

À qui faire appel pour construire votre maison ?

Qui sera le plus compétent ? Un ­architecte, un maître d’œuvre, un architecteur ou un constructeur de maisons individuelles ? Heureusement, pour guider votre choix, il existe un premier filtre : la taille du projet.

En la matière, la règle est simple : si sa surface hors œuvre nette (Shon), c’est-à-dire la ­superficie, murs non compris, dépasse 170 m², le recours à un architecte est obligatoire.

En ­pratique, cela signifie que le permis de construire déposé en mairie devra comporter des plans signés par l’architecte. Attention, cet architecte devra être diplômé.

Qui répondra le mieux à vos besoins ?

Je veux... Je choisis : un architecte Un architecteur Un maître d'ouvrage Un constructeur
Suivre le chantier
de façon étroite
   
Déléguer le plus possible
à un seul responsable
   
Une maison originale  
Une prestation tout compris
et un contrat unique
   
Plusieurs contrats
avec mise en concurrence
des entreprises
   

L’architecte, un professionnel diplômé

L’architecte est un professionnel qui a suivi au moins cinq ans d’études après le bac au sein d’une école d’architecture publique ou privée et qui a effectué un stage professionnel, explique Nicolas Sallavuard, architecte à Paris.

À l’issue de ces études, il obtient une « habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre » (Hamonp), un diplôme qui a succédé à l’ancienne mention « diplômé par le gouvernement » (DPLG).

Cependant, l’architecte n’a le droit d’exercer qu’une fois inscrit au Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA), instance qui répertorie, régule et, parfois, sanctionne les membres de la profession en cas de faute professionnelle grave. Le plus souvent, il exerce en profession libérale, mais peut aussi être associé ou salarié d’un cabinet d’architectes.

Vous pouvez lui demander plusieurs missions distinctes : seulement la conception des plans ou la conception et le suivi du chantier.

L’architecte est tenu à l’égard de son client par une obligation de moyens et non de résultats : il doit tout mettre en œuvre pour mener à bien la mission confiée, mais il ne peut garantir ni les délais ni le prix final de la construction par contrat, précise Jean-Paul Lanquette, architecte à Clermont-Ferrand et élu du CNOA.

  • Coût : l’architecte est rémunéré en honoraires selon un pourcentage du montant total des travaux : de 8 à 14 % selon le projet et sa notoriété.

Architecte : de la conception à la consultation

"Notre mission débute dès la conception de la maison, explique Nicolas Sallavuard, architecte DPLG à Paris. Selon l’environnement du projet et les vœux du client, nous imaginons les plans d’aménagement, la forme du bâtiment, etc. Quand le résultat plaît au client, nous établissons les pièces essentielles à l’obtention du permis de construire.

Puis nous montons le dossier de consultation, qui contient les informations nécessaires aux entreprises pour établir leurs devis, et nous aidons notre client à sélectionner les professionnels qui factureront directement leur prestation."

Le maître d’œuvre, une confiance à bâtir

Pour piloter un projet de construction, il est possible de faire appel à un maître d’œuvre.

Son rôle est d’assister le particulier dans la conception et le suivi du ­chantier, ­explique Serge Gautier, maître d’œuvre indépendant en région parisienne.

Pour tout projet de moins de 170 m², recourir à un maître d’œuvre suffit. Au-delà, ce dernier devra faire concevoir les plans par un architecte diplômé. Car il ne faut pas confondre architecte et maître d’œuvre.

Si tous les architectes sont des maîtres d’œuvre, le maître d’œuvre simple n’est pas architecte ! Il s’agit souvent d’un ­autodidacte, d’un ancien dessinateur, d’un métreur en bâtiment ou, encore, d’un architecte n’ayant pas obtenu son diplôme. La vigilance s’impose donc.

Dans cette profession non réglementée, c’est souvent le bouche-à-oreille qui oriente notre choix.

La relation personnelle est primordiale pour choisir le maître d’œuvre qui saura ­comprendre les attentes de son client, lui faire ­choisir les matériaux adaptés à son budget et à son projet, souligne Serge Gautier.

Pour plus de sécurité, on pourra s’adresser à l’Office professionnel de qualification des maîtres concepteurs, qui recense les maîtres d’œuvre de plus de cinq ans de métier, après instruction de leurs dossiers.

  • Coût : la prestation du maître d’œuvre est moins élevée que celle de l’architecte, soit entre 8 et 12 % du prix du chantier.

Le promoteur-constructeur : un projet clé en main

Si vous optez pour la construction d’une maison standard, dont le chantier sera géré par un interlocuteur unique, vous aurez recours à un constructeur de maisons individuelles, ou « CMI ».

Cette entreprise, dont la taille varie de la PME régionale au grand groupe international, propose de construire la maison choisie sur un catalogue de plans standard préétablis, plus ou moins personnalisables.

Le constructeur de maison individuelle propose un contrat type qui englobe toutes les prestations nécessaires au commencement du chantier (étude des sols, dépôt de permis de construire…) ainsi que les assurances et garanties obligatoires, indique Rida Elgabteni, responsable des ventes chez Geoxia.

Nous nous engageons sur ce prix et les délais, à une réserve près : les délais administratifs, comme l’instruction du permis de construire, ne sont pas de notre ressort. Ainsi, le client connaît à l’avance le prix global de son projet.

Les CMI, fédérés notamment au sein de l’Union nationale des constructeurs de maisons individuelles, disposent de commerciaux, d’architectes, de conducteurs de travaux et d’équipes d’ouvriers ou de sous-traitants.

Recourir à un CMI permet d’avoir en face de soi un seul interlocuteur, qui fait signer un contrat forfaitaire global, le Contrat de construction de maison individuel ou CCMI.

  • Coût : selon l’Union des maisons françaises, la prestation est facturée de façon globale, à un prix d’environ 1 137 €/m2, sans le terrain.

L’architecteur : l'architecte-constructeur

Une catégorie particulière d’architectes se développe depuis quelques années : les architecteurs. Ces architectes diplômés fournissent une prestation globale, avec un contrat calqué sur les contrats de construction de maison individuelle (CCMI).

Les architecteurs proposent un contrat clés en main à prix et délai garantis, avec une obligation de résultat, exactement comme un promoteur de construction individuelle, explique Jacques Paul, président du Réseau national des architecteurs.

Le contrat passé inclut les honoraires de conception et de suivi, mais aussi les assurances, le coût des matériaux et des travaux.

L’avantage pour le particulier est de pouvoir combiner le bénéfice d’un interlocuteur unique, à la fois garant et responsable de la totalité de la prestation, avec le « plus créatif » du recours à un véritable architecte.

  • Coût : à surface équivalente, le prix global d’une maison construite avec un architecteur est souvent un peu supérieur, à celui d’un projet réalisé avec un CMI. Cela est dû au travail de conception qu’il effectue.

Une assurance obligatoire pour construire votre maison

Aux yeux de la loi, quand vous faites construire, le maître d’ouvrage, c’est vous, quel que soit le choix du professionnel. Vous êtes donc tenu de souscrire une assurance « dommages-ouvrage ».

Cette assurance permet l’indemnisation dans les 90 jours des dommages survenus en cas de malfaçon, avant toute recherche de responsabilité. Elle court sur les dix années qui suivent l’achèvement des travaux.

  • Si vous faites appel à un architecte ou à un maître d’œuvre, vous devez la souscrire vous-même ;
  • si vous vous adressez à un constructeur de maisons individuelles, c’est lui qui s’en charge.

Reste que cette assurance est très coûteuse : 2 500 € minimum en passant par un constructeur ; au moins 5 000 € en la souscrivant directement.

De son côté, le professionnel doit être assuré au titre de la garantie décennale.