Aides à la création d’entreprise : 5 erreurs à éviter

Financements gratuits, exonération de charges, allocations chômage… Quand on devient entrepreneur, toutes les aides semblent bonnes à prendre. Mais attention à les demander à bon escient et au bon moment.

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
4mn de lecture
Aides à la création d'entreprise

Se tromper dans le timing

Vous avez commencé à faire le tour des aides auxquelles vous pourriez avoir droit. « Vérifiez bien à quel moment de votre calendrier vous devez les demander, avertit Katy Leroy, de la chambre de commerce et d’industrie de Troyes et de l’Aube. Certains coups de pouce sont réservés aux ‘‘créateurs d’entreprise’’, c’est-à-dire à ceux qui n’ont pas encore immatriculé leur activité. D’autres ne sont accessibles qu’après. »

Démissionner trop vite

« Si vous êtes salarié, faites d’abord une étude de marché et montez votre business plan avant de quitter l’entreprise, conseille Gildas Cimon, responsable des actions éducatives du BGE du Grand Paris (réseau d’accompagnement à la création d’entreprise). Préférez la rupture conventionnelle pour bénéficier des allocations chômage en attendant la rentabilité. »

Bon à savoir

Depuis le 1er novembre 2019,la démission d’un CDI pour créer ou reprendre une entreprisedonne accès aux allocations chômage sous réserve de justifier d’au moins cinq années d’activité salariée continue chez un ou plusieurs employeurs et d’avoir demandé, avant de quitter l’entreprise, à suivre le dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé du conseil en évolution professionnelle (CEP). Le projet professionnel doit également être validé par une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR) et l’inscription en tant que demandeur d’emploi doit être effectuée dans les six mois suivant la validation du projet. Le niveau d'indemnisation est le même que pour les autres demandeurs d'emploi. Attention, les fonctionnaires titulaires et les contractuels de la fonction publique ne peuvent pas bénéficier du dispositif.

Faire le mauvais choix entre l’ARE et l’ARCE

Au chômage indemnisé, vous pouvez bénéficier de deux aides à la création d’entreprise non cumulables : le maintien de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ou l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE). Avec l’ARE, vous restez inscrit à Pôle emploi et continuez à toucher l’allocation mensuelle, jusqu’au terme de la période d’indemnisation. Avec l’ARCE, vous êtes radié de Pôle emploi et encaissez 45 % du reliquat de vos droits aux allocations chômage (la moitié immédiatement, l’autre moitié 6 mois après). « Ensuite, c’est sans filet, précise Mohamed Sabri, directeur de l’antenne Positive Planet de Clichy-sous-Bois, le réseau de soutien aux entrepreneurs des quartiers prioritaires. Il faut peser le pour et le contre, car c’est irréversible. » En cas d’échec, les éventuels droits à l’ARE, ouverts précédemment et non épuisés, sont repris sous réserve de votre réinscription comme demandeur d’emploi.

A noter

Pour avoir droit à l’ARCE, il faut impérativement avoir déjà obtenu l’aide à la création ou à reprise d’entreprise (ACRE).

Demander l’ACRE trop tard

L’aide à la création ou à reprise d’entreprise (ACRE)est une exonération partielle de certaines cotisations sociales pendant les 12 premiers mois de l’activité. Pour en bénéficier, les micro-entrepreneurs doivent déposer un dossier de demande à l’Urssaf dans les 45 jours après la création de leur entreprise. « Mieux vaut faire la demande d’Acre en même temps que l’immatriculation au registre des entreprises, explique Katy Leroy. Si vous oubliez, il n’y a pas de deuxième chance. » En revanche, les indépendants ne relevant pas du régime de la micro-entreprise n’ont aucune démarche à effectuer. L’Acre est attribuée automatiquement. Des vérifications peuvent toutefois être réalisées a posteriori par demande écrite ou dans le cadre d’une procédure de contrôle.

Tout miser sur les aides

« Les aides sont un coup de pouce au démarrage, sans plus, souligne Gildas Cimon. Pour se lancer, l’entreprise doit s’appuyer sur des réseaux d'accompagnement (Initiative France, ADIE, France Active) et des ressources solides : investisseurs, crédit bancaire, apport personnel. »

Katy Leroy précise : « Vous devez calculer et viser tout de suite votre seuil de rentabilité qui indique le chiffre d’affaires à réaliser pour couvrir les charges et commencer à dégager un bénéfice. »

Les clés de la réussite

  • Établir son business plan et son plan de trésorerie avec beaucoup de rigueur ;
  • Demander la date de versement effectif des fonds liés à une aide ;
  • Faire la différence entre le financement de l’activité elle-même et les aides pour vivre pendant la création de l’entreprise ;
  • Surveiller ses comptes et sa trésorerie dès le démarrage, pour ne pas laisser filer les dépenses ;
  • Se faire rapidement payer ses premières commandes pour régler ses premières factures.

LES PRINCIPALES AIDES FINANCIERES

df
Laurence de Percin - Sarah Corbeel
Mis à jour le

Partager cet article :