Démission en vue d'une reprise d'exploitation agricole : quels droits aux allocations chômage ?

Je demissionne de mon travail en contrat CDI dans deux mois (occupé depuis 3 ans), car je reprends une exploitation agricole dans un an, qui appartient à mon père. Mon père part à la retraite, je reste sur l'exploitation, pour faire une transition correcte avant que l'entreprise soit à mon nom. Ma question est la suivante : est-ce qu'à la suite de ma demission, je peux avoir le droit à des indemnités chômage, ou sinon, comment faire pour en avoir ?

Réponse de l'expert

Plusieurs conditions doivent être réunies (article L5421-1 du code du travail) pour bénéficier des allocations chômage.

Entre autres conditions, le salarié ne doit pas avoir quitté volontairement son emploi (article 2 du règlement UNEDIC du 6 mai 2011). La démission n’ouvre donc pas droit en principe au bénéfice des allocations chômage. Néanmoins, il peut demander à en bénéficier après 4 mois de chômage et s’il justifie d’une recherche active d’emploi (accord d’application n°12 de la convention UNEDIC du 6 mai 2011).
 
Il existe, néanmoins, des démissions dites “ légitimes ” permettant de percevoir une indemnisation de l’ASSEDIC. L’accord d’application n°14 de l’UNEDIC énumère limitativement les cas de démissions permettant de percevoir les allocations chômage.

Ainsi est réputée légitime, la démission :
- du salarié âgé de moins de 18 ans qui rompt son contrat de travail pour suivre ses ascendants ou la personne qui exerce la puissance parentale ;
- du salarié qui rompt son contrat de travail pour suivre son conjoint qui change de lieu de résidence pour exercer un nouvel emploi, salarié ou non salarié. Le nouvel emploi peut notamment être occupé à la suite d'une mutation au sein d'une entreprise ; être la conséquence d'un changement d'employeur décidé par l'intéressé ; correspondre à l'entrée dans une nouvelle entreprise par un travailleur qui était antérieurement privé d'activité ;
- du salarié qui rompt son contrat de travail et dont le départ s'explique par son mariage ou la conclusion d'un pacte civil de solidarité entraînant un changement de lieu de résidence de l'intéressé, dès lors que moins de 2 mois s'écoulent entre la date de la démission ou de la fin du contrat de travail et la date du mariage ou de la conclusion du pacte civil de solidarité ;
- la rupture à l'initiative du salarié, d'un contrat emploi solidarité ou d'un contrat d'insertion par l'activité, d'un contrat emploi jeunes pour exercer un nouvel emploi ou pour suivre une action de formation ;
- la rupture à l'initiative du salarié d'un contrat initiative-emploi (CIE) à durée déterminée, d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE), d'un contrat d'avenir (CA), d'un contrat insertion-revenu minimum d'activité (CI-RMA) ou d'un contrat unique d'insertion pour exercer un emploi sous contrat de travail à durée déterminée d'au moins 6 mois ou sous contrat de travail à durée indéterminée ou pour suivre une action de formation qualifiante au sens des 4 premiers alinéas de l'article L. 6314-1 ;
- est réputé légitime pour l'application de l'article 9 § 2, le départ volontaire de la dernière activité professionnelle salariée. Cette présomption s'applique dans le cadre des annexes au règlement à l'exception des annexes VIII  et X.

Sont également considérées comme légitimes, les ruptures à l'initiative du salarié intervenues dans les situations suivantes :
- la démission intervenue pour cause de non-paiement des salaires pour des périodes de travail effectuées, à condition que l'intéressé justifie d'une ordonnance de référé lui allouant une provision de sommes correspondant à des arriérés de salaires ;
- la démission intervenue à la suite d'un acte susceptible d'être délictueux dont le salarié déclare avoir été victime à l'occasion de l'exécution de son contrat de travail et pour lequel il justifie avoir déposé une plainte auprès du procureur de la République ;
- la démission intervenue pour cause de changement de résidence justifié par une situation où le salarié est victime de violences conjugales et pour laquelle il justifie avoir déposé une plainte auprès du procureur de la République ;
- le salarié qui, postérieurement à un licenciement ou à une fin de contrat de travail à durée déterminée n'ayant pas donné lieu à une inscription comme demandeur d'emploi, entreprend une activité à laquelle il met fin volontairement au cours ou au terme d'une période n'excédant pas 91 jours ;
- le salarié qui justifie de 3 années d'affiliation continue au sens de l'article 3 et qui quitte volontairement son emploi pour reprendre une activité salariée à durée indéterminée, concrétisée par une embauche effective, à laquelle l'employeur met fin avant l'expiration d'un délai de 91 jours ;
- lorsque le contrat de travail dit « de couple ou indivisible » comporte une clause de résiliation automatique, la cessation du contrat de travail est réputée légitime si le salarié quitte son emploi du fait du licenciement ou de la mise à la retraite de son conjoint par l'employeur ;
- la démission du salarié motivée par l'une des circonstances visée à l'article L. 7112-5  du code du travail à condition qu'il y ait eu versement effectif de l'indemnité prévue aux articles L. 7112-3  et L. 7112-4  du code du travail ;
- le salarié qui quitte son emploi pour conclure un ou plusieurs contrats de volontariat de solidarité internationale pour une ou plusieurs missions de volontariat de solidarité internationale ou un contrat de volontariat associatif pour une ou plusieurs missions de volontariat associatif d'une durée continue minimale d'un an ; cette disposition s'applique également lorsque la mission a été interrompue avant l'expiration de la durée minimale continue d'un an d'engagement prévue initialement par le contrat de volontariat de solidarité internationale ;
- le salarié qui a quitté son emploi, et qui n'a pas été admis au bénéfice de l'allocation, pour créer ou reprendre une entreprise dont l'activité a donné lieu aux formalités de publicité requises par la loi, et dont l'activité cesse pour des raisons indépendantes de la volonté du créateur ou du repreneur.