Travailler en intérim : pas que des inconvénients !

Une rémunération intéressante, des missions beaucoup plus variées, une certaine liberté... L’intérim dispose de pas mal d’atouts qui compensent la précarité de cette forme d’emploi.

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L’industrie est le principal secteur à avoir recours à l’intérim.
L’industrie est le principal secteur à avoir recours à l’intérim.

En 2018, l'emploi intérimaire a progressé de +1,8% en moyenne (bilan Prism'Emploi 2018). Quelle que soit la nature du contrat proposé, l’intérim reste une des voies d’accès à un emploi à durée indéterminée et une opportunité d’insertion professionnelle pour un grand nombre de personnes sans emploi, en particulier les jeunes. Le bâtiment et l’industrie sont les principaux secteurs à y avoir recours. Et un peu plus d’un tiers des missions s’effectue dans le tertiaire.

Une mission, ça dure combien de temps ?

Il n’y a pas de durée minimale : vous pouvez être missionné pour quelques heures ! Mais il y a une durée maximale, fixée en fonction des critères de la mission. Dans la plupart des cas, elle ne peut dépasser dix-huit mois. Lorsqu’elle est exécutée à l’étranger ou en cas d’une commande exceptionnelle à l’export, elle peut durer vingt-quatre mois. Dans certains cas (attente de l’entrée en service d’un salarié recruté, par exemple), la mission ne peut excéder neuf mois. Une mission peut être conclue sans terme précis. Dans ce cas, elle s’achève lorsque son motif n’a plus cours (retour d’un salarié absent, par exemple). En 2014, la durée moyenne des missions était de 8,5 jours, selon Pôle emploi.

Pour quelle rémunération ?

Elle doit être égale à celle du salarié de qualification professionnelle équivalente occupant le même poste dans l’entreprise utilisatrice. C’est le principe de l’égalité de traitement instauré par la branche de l’intérim en France et qui est aujourd’hui la règle européenne, selon Prism’emploi, le syndicat professionnel de l’intérim qui regroupe 600 entreprises du secteur et recense près de 7 000 agences réparties sur toute la France. Cela s’étend à tous les avantages dont bénéficient les salariés de l’entreprise utilisatrice : titres-restaurant, accès au restaurant d’entreprise, etc.

En ce qui concerne la participation et l’intéressement, l’intérimaire bénéficie de ce qui a été mis en place par son employeur, c’est-à-dire l’entreprise de travail temporaire (ETT). Mais, comme les missions sont courtes, il ne faut pas s’attendre à des montants élevés. L’intérimaire a droit également aux prestations du comité d’entreprise de son ETT.

L’intérimaire a-t-il des RTT et des congés payés ?

Il bénéficie du même accord de réduction du temps de travail (RTT) que les salariés de l’entreprise utilisatrice. Si l’accord prévoit des jours de repos en compensation d’un horaire de travail supérieur à 35 heures (jours de RTT), l’intérimaire en bénéficie également. S’il ne les prend pas, il reçoit, à la fin de sa mission, une indemnité compensatrice pour ces jours non pris. Mais, par dérogation, il est possible de conclure un contrat de 35 heures. Dans ce cas, l’intérimaire n’acquiert pas de jours de repos.

L’intérimaire a droit à des jours de congé (2,5 jours par mois de travail). Mais c'est rare qu’il les prenne. Il reçoit alors, en fin de mission, une indemnité compensatrice de congés payés (10 % du salaire brut).

Que se passe-t-il en cas de maladie ?

Comme pour tout salarié, le contrat est suspendu, et l’intérimaire perçoit des indemnités journalières de la Sécurité sociale, au bout des trois jours de délai de carence. Ces indemnités peuvent être complétées par l’ETT, durant le temps de la mission. « La branche du travail temporaire a mis en place un régime de prévoyance qui institue le versement, par l’ETT, d’une indemnisation complémentaire à celle de la Sécurité sociale, lorsque le salarié est malade, en congé de maternité, en arrêt pour accident du travail, etc., et ce, sans condition d’ancienneté », indique Patricia Perran, directrice des affaires juridiques de Prism’emploi.

A-t-on droit au chômage ?

Oui, à condition d’avoir travaillé au moins 610 heures au cours des vingt-huit derniers mois (trente-six mois, si vous avez plus de 50 ans), et à partir du 1er novembre 2019, d'avoir travaillé 910 heures (6 mois) au cours des 24 derniers mois (au cours des 36 derniers mois pour les plus de 53 ans). Par la suite, il vous faudra maintenir votre inscription à Pôle emploi chaque mois, même si vous avez travaillé. Pôle emploi déduit vos salaires des indemnités qu’il vous verse, et vos droits au chômage sont ainsi rechargés.

Comment est calculée l'ancienneté ?

Oui, l’ancienneté se calcule en totalisant les périodes pendant lesquelles vous avez travaillé en intérim, quelle que soit l’enseigne. Une certaine ancienneté vous permet d’accéder à la formation ou à certaines prestations sociales du FASTT (Fonds d’action sociale du travail temporaire, 0 800 28 08 28, appel gratuit), comme l’aide au crédit et à l’accès au logement (414 heures de travail durant les douze derniers mois), ou la mutuelle (414 heures également).

Une mission peut-elle être renouvelée ?

Une mission peut être renouvelée une fois, dans la limite de la durée maximale prévue. Mais il peut y avoir une succession de missions différentes, avec des contrats distincts, pour un même poste ou des postes différents dans une même entreprise utilisatrice.

A-t-on droit à une indemnité de précarité en fin de contrat ?

Oui, cela s’appelle l’indemnité de fin de mission. Elle s’élève à 10 % du salaire brut augmenté de l’indemnité compensatrice de congés payés (10 % du salaire brut). Exemple : si votre salaire brut s’élève à 1 000 euros, l’indemnité de congés payés est donc de 100 euros. L’indemnité de fin de mission est égale à 110 euros (10 % de 1 000 € + 100 €). Vous percevrez ainsi au total 1 210 euros. Cette indemnité n’est pas versée en cas de renouvellement de la mission ou si l’intérimaire est embauché en CDI par l’entreprise utilisatrice.

La formation est-elle prise en charge ?

Oui. Les entreprises de travail temporaire versent une cotisation à un organisme, le FAFTT (Fonds d’assurance formation du travail temporaire), qui peut prendre en charge une formation qualifiante ou même un congé individuel de formation. Des conseillers en évolution professionnelle du FAFTT peuvent aussi accompagner les intérimaires dans leur parcours (01 73 78 13 30).

L’intérim permet-il d’accéder à un emploi durable ?

Selon Prism’emploi, 20 % d’intérimaires sont embauchés en CDI dans l’entreprise dans laquelle ils effectuent leur mission. L’accès à l’emploi durable est donc limité, même si c’est un vecteur incontestable d’intégration dans le monde du travail. Depuis 2014, il existe une possibilité de trouver un emploi stable, au sein même de l’intérim, avec le CDI intérimaire. L’intérimaire est rémunéré entre deux missions, ce qui lui garantit un revenu stable. En 2018, 25200 CDI intérimaires ont été signés.

 

« Des aides qui facilitent la vie des intérimaires »

« Le Fastt a été créé pour résoudre les difficultés particulières liées à l’emploi intérimaire, il propose des garanties et des facilités pour l’accès au crédit et au logement. Pour aider les intérimaires dans l’accomplissement de leurs missions, le Fastt met à leur disposition des véhicules de location à tarif très réduit et des gardes d’enfants en urgence, à 1 € de l’heure. Jusqu’à présent, l’aide financière du Fastt a permis à plus de 25 000 intérimaires de bénéficier d’une complémentaire santé au meilleur coût. Et sur le volet de l’action sociale, un réseau d’assistantes sociales accompagne les personnes le plus en difficulté. Notre budget, de près de 19 millions d’euros, provient d’une cotisation obligatoire versée par toutes les entreprises de travail temporaire. »

« Un vrai plus sur mon CV »

Yanis, étudiant en logistique

« J’ai travaillé deux étés entiers en intérim : en 2014, dans une entreprise de chauffage-plomberie comme manutentionnaire puis, en 2015, comme préparateur de commandes sur une plateforme logistique de Système U. Sur le plan financier, l’intérim est intéressant : à la fin de chaque mission, on a une prime de précarité qui s’ajoute à l’indemnité de congés payés. Cet été, j’avais en plus une prime de froid. Au total, j’ai gagné 3 900 € en neuf semaines, et j’ai pu m’acheter une voiture. Deux bémols : on est payé le 12 du mois et l’entreprise a retenu 20 € sur ma fiche de paie pour la fourniture de chaussures de sécurité, ce que j’ai trouvé abusif. Cette expérience a été un vrai plus sur mon CV. Depuis la rentrée, je prépare un master 1 de logistique en alternance. Pour la partie pratique, j’ai décroché un CDD de deux ans chez un important sous-traitant d’Airbus. Le fait d’avoir travaillé sur la plateforme de Système U, très innovante, a fait la différence. Cela m’a permis de faire un pont entre la théorie et la pratique, et cet emploi, même à un poste d’opérateur, a donné de la cohérence à mon parcours. »

« L’intérim est une bonne école »

Rachida, assistante

« Je travaille en intérim depuis treize ans, par choix personnel. J’apprécie la liberté de cette formule : si la mission me plaît, tant mieux. Sinon, je sais que je peux changer d’entreprise. L’intérim permet aussi d’acquérir beaucoup d’expérience. Je maîtrise de nombreux logiciels, j’ai expérimenté tous les côtés de l’assistanat (assistante administrative, commerciale, etc.). Il n’y a pas une mission qui n’apporte pas quelque chose, que ce soit sur le plan professionnel ou le plan humain. Comme je travaille depuis toujours avec la même agence (Randstad Paris-Bercy), ma référente me connaît bien et me propose des missions qui me conviennent. Aujourd’hui, j’aspire à plus de stabilité et je voudrais un poste fixe dans les assurances. Nous en avons parlé avec ma référente afin de trouver la formation adéquate pour parfaire mes connaissances dans ce domaine. »

df
Violette Queuniet
Mis à jour le

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