Vente en réunion : je me lance !

Vente en réunion : je me lance !

Organiser des ventes à domicile peut permettre d’arrondir ses fins de mois. Mais démarrer cette activité ne s’improvise pas…

Complément de revenus ou activité principale, chacun peut devenir vendeur à domicile indépendant (VDI) - on parle aussi de démonstrateur, de distributeur ou de conseiller de vente - afin de vendre directement des produits à des particuliers, le plus souvent lors de réunions à leur domicile. La Fédération de la vente directe (FVD) en recense 175 000.

Isabelle travaille avec la marque de vêtements pour enfants Captain Tortue depuis un an et demi et ne voit que des avantages à sa nouvelle situation : "Avant, je tenais une boutique, c’était la course avec les enfants, leurs activités, les réunions à l’école… Un jour, j’ai assisté à une réunion Captain Tortue chez une amie. J’ai regardé les produits, j’ai acheté, j’ai ensuite organisé une réunion chez moi et, très vite, la démonstratrice a proposé de me recruter. J’ai cédé et je suis ravie. J’organise environ une dizaine de réunions par mois et, pour environ 60 heures de travail, je gagne 1 500 € net en moyenne."

Marie, à la retraite, vendeuse à domicile pour Charlott’Lingerie, parvient à des résultats plus modestes, mais elle y consacre aussi moins de temps : "Cette activité me rapporte environ 500 € par mois, pour quatre réunions. Il faut investir plus de temps si on veut gagner un vrai salaire…"

Le bon choix de produits

La vente en réunion n’a plus rien à voir avec les pratiques des démarcheurs qui, le pied dans la porte, plaçaient "au forcing" des encyclopédies ou autres produits. Facette moderne de la vente à domicile, elle fait de plus en plus d’adeptes, essentiellement des femmes (80 % des VDI).

"Depuis l’arrivée dans les années 1960, en France, des cosmétiques Avon et des fameuses boîtes Tupperware, ce secteur est en plein développement. On peut vendre aussi bien des vêtements que des lunettes de soleil, des objets de décoration, des chocolats… Ces réunions peuvent être organisées autour d’ateliers de cuisine pour les produits alimentaires ou de séances de maquillage pour les produits de beauté", précise Jacques Cosnefroy, délégué général de la FVD.

Dans un objectif de performance, il est préférable de choisir des produits au goût du jour (vêtements, lingerie, produits gastronomiques, maquillage, bijoux, ustensiles de cuisine…) et qui se renouvellent souvent, afin d’assurer, dès les premiers clients conquis, une activité minimale.

Carnet d’adresses à remplir

Avant de vous lancer, prenez des renseignements sur la société : obligation ou non de constituer un stock de produits, reprise des invendus, achats de matériel de démonstration, formations… Vérifiez également quel sera votre statut, acheteur-vendeur (vous achetez la marchandise à l’entreprise pour la revendre à des particuliers) ou mandataire (vous êtes chargé par l’entreprise de vendre la marchandise confiée par cette dernière).

Partez avec en poche un carnet d’adresses d’au moins cinq hôtesses prêtes à organiser chez elles une ou deux réunions dans l’année. Les autres se révéleront naturellement au cours de ces rendez-vous. Pensez à la voiture, indispensable pour vous rendre chez elles, prévoyez un peu de place à la maison pour stocker les produits de démonstration, les colis des clientes, et du temps libre les vendredis soir, les samedis et même, de plus en plus, les dimanches, les jours fériés…

Mise de fonds importante

Si vous êtes mandataire, vous toucherez une commission (de 20 à 30 % du montant de vos ventes) et si vous êtes acheteur-vendeur, vous percevrez une marge, la différence entre le prix d’achat des produits et celui de leur revente. Au départ, tablez plutôt sur 500 € que 2 000 € de revenus par mois.

Pour démarrer, votre mise de fonds sera plus importante si vous êtes acheteur-vendeur (constitution du stock) que si vous êtes mandataire. Parfois, vous devrez également acquérir un échantillonnage de la collection ou un kit de présentation. Comptez entre 100 et 1 500 € selon les produits et surtout selon la générosité de la société, qui offre ou non les bons de commande ou les catalogues de produits.

Le statut du vendeur à domicile indépendant

Beaucoup de femmes au foyer deviennent vendeuses à domicile indépendantes. Mais l’activité de VDI peut se cumuler avec une autre activité salariée ou indépendante et, sous certaines conditions, avec le chômage, la retraite, le statut d’agent public ou encore le versement de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) ou d’une pension d’invalidité. Cependant, elle n’est pas compatible avec les professions commerciales et industrielles.

En tant que VDI, dont le statut est défini à l’article 3 de la loi n° 93-121 du 27 janvier 1993, vous êtes indépendant et n’êtes lié à votre employeur que par un contrat de distribution. Cependant, vous êtes rattaché au régime général de la Sécurité sociale et bénéficiez des mêmes droits sociaux qu’un salarié (à condition de verser un minimum de cotisations sociales). Votre employeur calcule trimestriellement le montant de vos cotisations, qui sont directement déduites de votre revenu en fonction de vos commissions (VDI mandataire) ou de votre chiffre d’affaires (VDI acheteur-vendeur).

Tant que votre rémunération brute annuelle ne dépasse pas 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (16 638 € en 2008, 16 092 € en 2007, 15 534 € en 2006), et ce pendant trois années consécutives, il n’est pas nécessaire de vous inscrire à un registre professionnel (agent commercial ou commerçant).