Savoir décrypter sa fiche de paie

Savoir décrypter sa fiche de paie
La rémunération brute recouvre le salaire de base et les heures supplémentaires, les primes (de rendement, d’objectif) ou les avantages en nature (un véhicule, un logement de fonction). - © Nicolas McComber

Que regarde-t-on sur son bulletin de paie ? La rémunération nette, évidemment, mais les autres lignes ont aussi leur importance. Décryptage avec Abdelkader Berramdane, directeur de la veille chez ADP.

Rémunération brute

Ce terme recouvre le salaire de base et les heures supplémentaires, les primes (de rendement, d’objectif) ou les avantages en nature (un véhicule, un logement de fonction). La rémunération brute ne peut pas être inférieure au Smic (9,76 € brut de l’heure, soit 1 480,27 € par mois sur la base de 35 heures par semaine).

Maladie

Cette cotisation alimente les réserves de la Caisse nationale d’assurance maladie du régime général. Elle garantit notamment au salarié le remboursement d’une partie de ses dépenses de soins en cas d’arrêt maladie ou d’accident du travail. Le taux de base est de 0,75 %. En Alsace-Moselle, ce taux est fixé à 2,25 %.

Vieillesse

Ces cotisations financent les retraites de base. Un premier taux, de 6,90 %, est précompté sur le salaire limité au plafond de la Sécurité sociale (3 269 € en 2017 ; on parle de tranche A) ; un second, de 0,30 %, est prélevé sur la totalité de la rémunération brute (toutes tranches, «TT»). Pour un salaire de 4 000 € brut, par exemple, 6,90 % seraient précomptés sur 3 269 € et 0,30 % sur 4 000 €.

Assurance chômage

Le salarié participe au financement des prestations d’assurance chômage, dont il pourra bénéficier, le cas échéant, s’il perd son emploi. Le taux est de 2,40 %.

AGFF

Tous les salariés du secteur privé alimentent les réserves de l’Association pour la gestion du fonds de financement (AGFF). Cet organisme sert à payer les retraites complémentaires, sans abattement, avant l’âge du taux plein. 

Arrco

En complément de la pension de retraite de base de la Sécurité sociale, les salariés perçoivent une retraite complémentaire pour laquelle ils versent une contribution mensuelle. Le personnel non cadre ne cotise qu’à un seul régime. Le salarié cadre cotise en plus à l’Agirc.

Prévoyance

Les risques invalidité-décès-incapacité de travail sont couverts grâce à la prévoyance d’entreprise. Le taux pour les accident du travail est fixé par la Carsat. Les autres taux dépendent de la taille et de l'activité de l'entreprise. Par exemple, 3 % sont prélevés sur la totalité du salaire brut, 0,10 % sur le salaire brut dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, et 1 % sur une somme correspondant au plafond, fixé à 3 269 €.

CRDS, CSG déductible et CSG non déductible

La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), dont le taux est à 0,50 %, sert à rembourser les déficits de la Sécurité sociale. Elle n’est pas déductible du revenu imposable. La contribution sociale généralisée (CSG) participe au financement de la Sécurité sociale ; une partie de la CSG est déductible (5,10 %), l’autre (au taux de 2,40 %) ne l’est pas.

Net à payer

Il correspond à la rémunération brute de laquelle on retire les cotisations salariales, la CSG et la CRDS non déductibles et la contribution au financement des titres-restaurants. S’ajoute à cette somme l’indemnité de transport lorsqu'elle est versée par l’employeur.

Revenu net imposable

Il correspond au salaire brut, moins l’ensemble des cotisations salariales éligibles à la déductibilité fiscale. Ce montant est différent du net fiscal qui lui comprend le salaire net à payer augmenté de la CSG et de la CRDS.

Vers une simplification du bulletin

Depuis, le 1er janvier 2017 pour les entreprise de plus de 300 salariés, les bulletins de salaire sont simplifiés. Les cotisations salariales (santé, retraite, chômage) y sont regroupées sur une seule ligne. L’écueil, pour les services de paie, est de rendre lisibles les informations qui ne seront plus détaillées. Aux salariés de vérifier l’exactitude des prélèvements.