Egalité femmes-hommes : les annonces du gouvernement

Egalité femmes-hommes : les annonces du gouvernement
Le plan du gouvernement en faveur de l’égalité femmes-hommes comprend une cinquantaine de mesures. - © nito100

Référent égalité dans les écoles, 5 000 places d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales… A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé une série de mesures en faveur de l’égalité femmes-hommes.

Lors d’un Comité interministériel, le Premier ministre, Edouard Philippe, a présenté ce jeudi 8 mars, une série de mesures concrètes en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, désignée « grande cause du quinquennat » par le président Emmanuel Macron.

Le chef du gouvernement n’est pas revenu sur les propositions déjà annoncées comme la fixation de l’âge du consentement sexuel à 15 ans, l’allongement des délais de prescription pour les mineurs victimes de violences sexuelles ou la contravention de 90 € contre le harcèlement de rue. Mais il a dévoilé de nouvelles mesures dans le domaine de l’éducation, de l’égalité professionnelle et de l’accompagnement des victimes de violences.

Lutter contre les préjugés sexistes à l’école

« Tout commence nous semble-t-il à l’école, et c’est au début du processus de socialisation que nous devons lutter contre les préjugés sexistes », a déclaré le Premier ministre. A cette fin, un « référent égalité » sera nommé dans chaque établissement scolaire à la rentrée 2019, une initiative inspirée d’un lycée du Val-d’Oise.

Dans l’enseignement supérieur, les filles sont sous-représentées dans les formations scientifiques. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 40 % d'étudiantes dans ces filières en 2020.

Afin de favoriser l’employabilité des femmes dans le secteur numérique, le gouvernement veut faire passer de 30 à 50 % la proportion de femmes bénéficiaires de formations proposées par la Grande école du numérique.

Egalité professionnelle

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a fixé pour objectif de supprimer d’ici 2022 l’écart salarial de 9 % existant entre les hommes et les femmes à poste égal. Pour y parvenir, différentes mesures sont prévues. Un réseau de mentorat sera créé pour permettre « aux femmes de franchir les obstacles parfois psychologiques et matériels » qui les empêchent d’accéder aux postes à responsabilité – seules 3 % des femmes sont actuellement présidentes d’entreprises.

Les entreprises de plus de 50 salariés présentant des écarts « injustifiés » de salaires entre hommes et femmes seront sanctionnées à partir de 2022 avec une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 1 % de leur masse salariale. Cette mesure doit figurer dans la loi sur les réformes sociales (assurance-chômage, apprentissage, formation professionnelle) que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, doit présenter en Conseil des ministres fin avril.

A partir de 2019, un logiciel, destiné à identifier les écarts de salaires injustifiés, sera déployé dans les entreprises de plus de 250 salariés, et d’ici 2020 dans celles de 50 à 249 salariés. Les critères retenus (âge, diplôme, ancienneté, catégorie professionnelle…) sur lesquels se baseront les calculs du logiciel sont encore à définir.

Enfin, l’exécutif prévoit de quadrupler les contrôles de l’inspection du travail sur l’égalité salariale. Ils passeraient à 7 000 par an pour les entreprises de plus de 250 salariés, et à 30 000 pour celles de 50 à 249 salariés.

Accompagnement des victimes

Dernier volet : l’accompagnement des victimes de violences. Une plateforme de géolocalisation des hébergements d’urgence accessible seulement par les professionnels (associations, urgentistes, travailleurs sociaux…) sera développée et 5 000 places d’hébergement seront garanties en 2018 pour les femmes victimes de violences.

Des contrats locaux seront signés entre préfets, magistrats, hôpitaux et associations pour mettre en place un système d’alerte en réseau destiné à mieux repérer les violences conjugales.

« Pour les auteurs de violences condamnés, nous voulons développer les actions de prévention de la récidive », a expliqué le Premier ministre. La récidive concerne près de 15 % des cas de violences conjugales.