Lutte contre le chômage : l’exécutif explore toutes les voies

Lutte contre le chômage : l’exécutif explore toutes les voies

Le cap des 3 M de chômeurs a été franchi fin août. Le gouvernement tente d'agir sur plusieurs leviers. Le Sénat a adopté les contrats d’avenir. Et le chantier de la « flexi-sécurité » est relancé. Le but étant de renforcer la compétitivité de nos entreprises pour réindustrialiser la France.

Comment faire baisser le chômage - surtout dans les deux catégories d’âge qui souffrent le plus : les jeunes qui peinent à entrer sur le marché du travail et les seniors qui en sortent trop tôt -, sécuriser les emplois et gagner en compétitivité pour exister devant la concurrence de la production des pays émergents ?

Pour résoudre ce que d’aucuns considèrent comme la quadrature du cercle, le gouvernement a tout d’abord sorti les recettes qui ont fait leurs preuves : les emplois aidés. C’est tout l’objet des « emplois d’avenir » qui sont en débat depuis le 24 septembre au Sénat. Ils avaient été adoptés par l’Assemblée nationale le 13 septembre. D’ici à 2014, 150 000 de ces contrats (dont 100 000 en 2013) devraient être proposés, pour une durée de trois ans, à des jeunes peu ou pas qualifiés, de moins de 26 ans, venant de zones défavorisées.

Des marges de manœuvres contraintes par le déficit public

Les contrats de génération poursuivent un objectif similaire : permettre, en abaissant les charges qui pèsent sur les emplois (des jeunes et des plus âgés), de faire une place aux jeunes dans les entreprises et de favoriser le tutorat. Mais ces mesures ont un coût important alors que le cap de la réduction du déficit public à 3 % du PIB a été érigé en priorité numéro un par le gouvernement pour 2013.

Sécuriser les parcours professionnels

Autre contradiction : comment donner plus de liberté aux entreprises quand elles font face à des difficultés et sécuriser les parcours professionnels ?

Au micro d’Europe 1 Jean-Marc Ayrault, Premier ministre s’est déclaré partisan d’un compromis

Il faut donner des garanties aux salariés, et, en même temps, savoir tenir compte de certaines réalités…

Un pas important a déjà été franchi dans la flexibilité avec la mise en place de la rupture conventionnelle. Mais celle-ci suppose l’accord du salarié et l’autorisation de l’inspection du travail. Et elle ne concerne que les salariés pris individuellement et excluent les procédures collectives.

Des voies s’élèvent du côté du patronat pour réclamer un assouplissement de ces dernières, donc dans la mise en place des plans sociaux. Qui se multiplient en cette fin du mois de septembre. Ils contraignent en effet les entreprises à un formalisme strict qui ouvre la voie à de multiples contestations. Et qui traînent en longueur dans des périodes où la réactivité est un atout maître.

Assouplir le marché du travail

Augmenter la flexibilité implique de desserrer les procédures de licenciement. Ou, plus drastique, revenir sur l’esprit même du contrat à durée indéterminée.

La voie a été ouverte par le président lui-même qui a déclaré lors de son intervention sur TF1 qu’il était nécessaire de

Réformer le marché du travail, pour qu’il soit plus souple et en même temps plus protecteur

Une réflexion d’envergure a été initiée dans les services de Michel Sapin, ministre de l’Economie, sur le contrat de travail. Elle n’exclurait pas le CDI, un contrat qui concerne plus de 90 % des salariés selon la dernière étude de la Dares (au deuxième trimestre 2012). Une proportion qui varie avec la taille de l’entreprise : 9,6 % des salariés d’une entreprise de 10 à 19 salariés, 6,5 % de celles qui emploient 500 personnes ou plus. Mais elle va faire la part belle à la négociation comme le précisait Michel Sapin dans le journal Le Monde

Renforcer la sécurité de l'emploi – au niveau individuel du salarié dans son parcours professionnel comme au niveau collectif de l'entreprise –, c'est nécessairement concilier : la protection et l'accompagnement des salariés [...], les marges d'adaptation des entreprises [...], particulièrement utiles pour surmonter les chocs conjoncturels ; un haut niveau de dialogue social dans les entreprises.

La culture du dialogue n’étant pas développée dans les entreprises françaises, il est à craindre que le gouvernement choisisse la politique des petits pas. Une voie qui demande du temps. Ce qui manque le plus dans le traitement de ces dossiers.