8 conseils pour retrouver un emploi après 50 ans

9 min de lecture

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© Gabrijelagal - iStock

Déconstruire les préjugés sur les seniors

« Manque de souplesse et moindre capacité d’adaptation font partie des grands classiques des idées reçues sur les seniors », constate Florence Pinto, consultante en développement professionnel à l’Apec. Ils seraient « plus compliqués à gérer » et s’intégreraient plus difficilement aux équipes. Ils peineraient à s’adapter aux changements d’organisation, d’outils et d’environnement de travail. « Certaines entreprises craignent aussi que le poste offert soit sous-dimensionné et que le senior s’y ennuie, témoigne Céline Préclin Achi, directrice de Randstad Search pour l’Île-de-France et l’Eure-et-Loir. Elles imaginent qu’un candidat moins expérimenté leur garantirait dans ce cas une collaboration plus pérenne. » Liée à l’expérience professionnelle, la question du coût élevé d’un senior entre aussi en compte dans les critères de recrutement.

Rassurer le recruteur

L’âge est un critère illégal de sélection à l’embauche. Pourtant, les préjugés qui lui sont attachés n’ont pas disparu. Les postulants eux-mêmes en sont imprégnés. « L’âge est souvent le premier sujet qu’ils abordent en entretien, comme si cela permettait de l’évacuer », observe Céline Préclin Achi. Alors qu’au contraire, cette question devrait s’effacer au profit des atouts que le senior peut mettre en avant. « Notamment les compétences et les fortes capacités d’adaptation acquises au fil de la carrière, insiste Sylvaine Delamarre, responsable du réseau PSY de Solidarités nouvelles face au chômage. Car en vingt-cinq ou trente ans, il leur a bien fallu s’adapter à des changements de managers, d’organisations et d’outils de travail. » Quant au salaire d’un senior, plus coûteux que celui d’un travailleur moins expérimenté, c’est logique. En contrepartie, son expérience se traduit par des réseaux, une maîtrise du métier et du marché, une productivité immédiate… qui serviront les intérêts de l’entreprise. Il s’agit de défendre ces arguments tout en restant informé des salaires en vigueur dans son secteur.

Valoriser ses expériences et ses compétences

Le CV doit présenter son parcours professionnel sur une seule page. Pas facile après vingt-cinq à trente ans d’expérience ! « Il faut adapter son CV au poste que l’on brigue, sans chercher l’exhaustivité », insiste Sylvaine Delamarre. Cela implique de le réviser pour chaque candidature afin que le recruteur y retrouve aisément et de manière synthétique les compétences et les expériences qui résonnent avec le poste proposé. Ne pas oublier d’indiquer les formations suivies, au moins au cours des dernières années, ni de valoriser ses éventuels engagements bénévoles. « La priorité est que le CV reflète bien les compétences et la personnalité du candidat. Car ce support servira de base aux échanges avec le recruteur », fait valoir Céline Préclin Achi.

Les organismes gratuits à solliciter selon vos besoins

  • Pour un conseil en évolution professionnelle (CEP) : Pôle emploi, Apec (pour les cadres), Cap emploi (pour les travailleurs handicapés) et les opérateurs régionaux habilités (Tingari, Catalys Conseil, Anthéa RH, CIBC, Aksis, Retravailler-EGP et BGE).
  • Pour des ateliers de techniques de recherche d’emploi : Pôle emploi, Apec, Cap emploi et Maisons de l’emploi et de la formation.
  • Pour un accompagnement personnalisé : Pôle emploi, Apec, Cap emploi et associations d’aide à l’insertion professionnelle (Solidarités nouvelles face au chômage, Activ’Action et de nombreuses associations locales). S’y ajoutent les cabinets conseils en ressources humaines, mais leurs services sont payants.

Utiliser les sites d’offres d’emploi et les réseaux sociaux professionnels

Jérôme Bouron, directeur général délégué de Sémaphores, conseille vivement de « s’abonner aux plateformes d’annonces d’emploi liées à un territoire (comme, Regionsjob.com) ou à un secteur (Ash.tm.fr dans le médico-social, par exemple) et d’y renseigner son profil afin que les algorithmes fassent le lien entre ses compétences et celles qui sont recherchées ». De même, les réseaux sociaux professionnels, dont bien sûr LinkedIn, nécessitent de créer un profil, sorte de CV approfondi. « C’est un moyen d’être visible, de reprendre contact et de créer de nouvelles relations dans son secteur ou un secteur ciblé », explique Florence Pinto. Un réseau social professionnel porte ses fruits lorsqu’on y est actif. Ainsi, il faut en faire un lieu d’échanges avec d’autres professionnels. « À condition de s’adresser à eux en tant que professionnel et non avant tout comme un demandeur d’emploi, il ne faut pas hésiter à solliciter des conseils et des avis, précise Florence Pinto. Un échange qui se passe bien laisse un bon souvenir et peut se transformer en coup de pouce. »

Bien se préparer aux différents entretiens

Le premier contact avec l’entreprise passe en général par un échange téléphonique. « Il faut s’y préparer, encourage Jérôme Bouron. Apprendre à gérer son stress, à maîtriser les codes de la conversation à distance, recueillir le maximum d’informations sur l’entreprise, lister les réponses attendues par l’employeur (prétentions salariales, dates de disponibilité, etc.) et les questions à lui poser. » D’autres règles sont bonnes à rappeler : s’isoler pour ne pas être dérangé, prendre des notes, se montrer courtois, patient mais dynamique, parler de manière concise, pas trop technique. Autant de réflexes à acquérir également pour l’entretien d’embauche. Pour celui-ci, « on conseille de préparer une présentation de soi en deux ou trois minutes », indique Sylvaine Delamarre. Par ailleurs, il est important de se préparer à évoquer, sans affect, les expériences professionnelles douloureuses (licenciement, mise au placard, etc.). De manière générale, suggère Florence Pinto, « l’entretien doit être abordé comme un dialogue équilibré entre un recruteur qui a des attentes et un candidat qui a des compétences à apporter. La durée de l’expérience professionnelle ne prouve rien en soi. Il faut accepter de démontrer les atouts que l’on avance ».

Rester actif et se former

Perdre un emploi, c’est perdre une part importante de son activité quotidienne et de ses relations sociales. C’est déboussolant à plus d’un titre. « Se lever tous les matins, s’habiller correctement, tenir un agenda et suivre un planning de recherche d’emploi, sortir de chez soi en ayant des activités sociales, rencontrer régulièrement les personnes qui nous accompagnent…, énumère Jérôme Bouron. Tout cela contribue à maintenir une attitude positive et professionnelle. » Le chômage peut également donner l’occasion de suivre des formations pour mettre à jour ses compétences et savoir-être professionnels. « Être en formation, c’est être en activité. Cela permet de conserver un lien social tout en mettant de l’actualité dans son CV », note Céline Préclin Achi. Se former peut aussi passer par une pratique bénévole dans une association ou par une activité professionnelle dans le cadre de contrats courts ou encore par des périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP).

Se faire accompagner

Chercher un emploi sans les utiliser bons outils ni la bonne stratégie, c’est risquer de s’essouffler rapidement et sans résultat. « Parfois, un seul entretien avec un spécialiste suffit à valider son projet et sa posture », constate Florence Pinto. Si ce n’est pas le cas, un accompagnement est nécessaire : qu’il s’agisse de faire le point sur son projet professionnel avec le conseil en évolution professionnelle (CEP) ou le bilan de compétences, ou de répondre à des besoins plus techniques – organiser sa recherche, réaliser un CV, savoir utiliser les réseaux sociaux, etc. – avec les ateliers de recherche d’emploi (voir notre encadré « Les organismes gratuits à solliciter » page 83). Enfin, si Pôle emploi et d’autres opérateurs offrent un suivi global, il ne faut pas hésiter à s’adresser aussi aux associations de solidarité et d’entraide pour un soutien plus individualisé. « Le point de démarrage de notre accompagnement est l’écoute pour comprendre le parcours, entendre les difficultés rencontrées et les souffrances, illustre Sylvaine Delamarre, elle-même accompagnatrice bénévole. La relecture de son parcours, avec du recul, aide à prendre conscience des compétences acquises et à retrouver l’estime de soi. »

Ne pas renoncer au CDI

Fin 2020, un demandeur d’emploi restait inscrit pendant 421 jours au chômage avant de quitter Pôle emploi. Ce chiffre s’élève à 679 jours pour les 50 ans et plus. « Dans ce contexte, des missions d’intérim ou des CDD sont un moyen de garder une activité professionnelle régulière, de maintenir son CV à jour et aussi de se faire repérer dans les entreprises, prône Céline Préclin Achi. Car à peu près 20 % des collaborateurs actuellement en CDI sont entrés dans l’entreprise par l’intérim ou le CDD. » Pour autant, le CDI reste un objectif tout à fait atteignable : si la majorité des contrats sur le marché de l’emploi sont des CDD, il n’en reste pas moins qu’environ 85 % des salariés sont en CDI.

Les dispositifs d’aide au recrutement des seniors

  • Le contrat de professionnalisation est assorti d’une aide de 2 000 euros versée par l’État aux employeurs en cas d’emploi d’un chômeur de 45 ans et plus.
  • Le CDD senior est réservé aux plus de 57 ans. Il peut être signé en dehors des cas de recours classiques au CDD et n’est pas soumis au délai de carence entre deux contrats courts.
  • L’emploi franc s’adresse aux demandeurs d’emploi résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. Il est assorti d’une aide versée à l’employeur allant jusqu’à 15 000 euros sur trois ans pour un CDI (5 000 euros sur deux ans pour un CDD).
  • Le parcours emploi compétences s’inscrit dans le cadre d’un contrat unique d’insertion pour lequel l’employeur perçoit de 30 à 60 % du Smic brut par mois.

 

A lire aussi