Convention collective nationale de l'hôtellerie de plein air du 2 juin 1993

IDCC : 1 631 - N° de brochure : 3271

Temps de travail et temps de repos.

6.1. Définition du caractère saisonnier d'un établissement


Les campings par essence doivent être considérés comme des établissements saisonniers, quelle que soit la durée d'ouverture.


En conséquence, tous les textes en matière de travail saisonnier restent applicables, conformément aux dispositions légales en vigueur, pour une durée maximale de huit mois, sans exclure l'emploi du personnel permanent.


6.2. Durée du travail


6.2.1. Durée hebdomadaire de travail


Le principe d'une durée de travail de trente-neuf heures est reconnu pour tous les salariés employés à plein temps. Afin de tenir compte de la réalité de certains postes de travail, un régime d'équivalences est envisagé pour certains emplois :


- emplois sans équivalence : hommes et femmes toutes mains ; employé(e) administratif(ve) : ouvrier d'entretien qualifié ;


- emplois avec équivalence 43/39 : personnel cuisinier ;


- emplois avec équivalence 45/39 : personnels d'accueil 1e, 2e et 3e catégorie ; autres personnels effectés à l'activité bar-restauration qualifiés ou non et employé(e) divers commerces, qualifiés ou non, animateur ; maître nageur plagiste ;


- emplois avec équivalence 52/39 : surveillant(e) et gardien(ne) de jour ou/et de nuit
à la condition que le salarié occupant un emploi avec équivalence n'exerce habituellement que cette activité, toute polyvalence amenant la suppression de l'équivalence.




Du fait de la législation particulière aux hôtels cafés restaurants et autres établissements vendant des denrées et boissons à consommer sur place, la rémunération des personnels cuisiniers ne pourra, pour 43 heures de présence être inférieure à 43 fois le S.M.I.C. celle des autres personnels non cuisiniers pour 45 heures de présence à 40,5 fois le S.M.I.C. nonobstant les avantages en nature.


Lorsqu'il est pris sur les lieux de travail, le temps consacré au petit déjeuner (15 minutes) et au repas (30 minutes) n'est pas compris dans ces durées et n'est pas rémunéré.


Le temps de repos entre 2 jours de travail est fixé pour l'ensemble du personnel à 11 heures consécutives.


6.2.2. Heures supplémentaires
a) Contingent d'heures supplémentaires sans autorisation


Le contingent annuel d'heures supplémentaires auxquelles il peut être recouru par l'entreprise sans avoir à demander l'autorisation préalable auprès de l'administration est fixé à 180 heures.
b) Heures supplémentaires soumises à autorisation


L'accomplissement d'heures supplémentaires effectuées au-delà des contingents figurant dans l'article 6.2.2. est soumis à autorisation préalable de l'inspecteur du travail.


6.2.3. Durées maximales de travail


a) Le recours aux heures supplémentaires, quelles qu'elles soient, est limité par deux séries de durées, conformément aux dispositions légales en vigueur.


Durée maximale hebdomadaire absolue sur une semaine


Celle-ci est de :


- personnel sans équivalence : 48 heures ;


- personnel cuisinier : 52 heures ;


- personnel avec équivalence 45/39 : 54 heures ;


- personnel avec équivalence 52/39 : 60 heures ;


Durée maximale hebdomadaire moyenne sur 12 semaines


Sur 12 semaines consécutives, la durée maximale moyenne de présence au travail est de :


- personnel sans équivalence : 46 heures ;


- personnel cuisinier : 50 heures ;


- personnel avec équivalence 45/39 : 52 heures ;


- personnel avec équivalence 52/39 : 59 heures ;


b) Dérogation aux durées maximales hebdomadaires moyenne et absolue


Durée maximale hebdomadaire moyenne


A titre exceptionnel, dans certains secteurs, des dérogations applicables à des périodes déterminées peuvent être supportées.


Les demandes de dérogation sont faites conformément aux dispositions légales en vigueur, par l'organisation patronale auprès du directeur régional du travail.


Lorsqu'une dérogation a été accordée, chaque entreprise qui désire la mettre en oeuvre doit en faire la demande auprès de l'inspecteur du travail selon les dispositions légales applicables.


Durée maximale hebdomadaire absolue


La demande de dérogation est adressée par l'entreprise à l'inspecteur du travail, assortie de justifications sur les circonstances exceptionnelles entraînant temporairement un surcroît extraordinaire de travail et précise la durée pour laquelle elle est sollicitée.


6.2.4. Repos compensateurs


a) Repos compensateur - Entreprise de plus de dix salariés


Dans les entreprises occupant plus de dix salariés, les heures supplémentaires effectuées dans le cadre des contingents ouvrent droit, au-delà de :


- 42 heures pour le personnel sans équivalence ;


- 46 heures pour le personnel de cuisine ;


- 48 heures pour le personnel avec équivalence 45/39 ;


- 55 heures pour le personnel avec équivalence 52/39,
à un repos compensateur dont la durée est égale à 20 p. 100 du temps effectué au-delà des durées sus-indiquées.


b) Repos compensateur pour heures supplémentaires effectuées au-delà du contingent


Dans les entreprises de dix salariés au plus, les heures supplémentaires effectuées au-delà du contingent ouvrent droit à un repos compensateur, repos effectif qui est rémunéré au taux horaire de base, égal à 50 p. 100 des heures supplémentaires faites au-delà du contingent.


Dans les entreprises de dix salariés et plus, les heures supplémentaires effectuées entre le plafond légal (130) et le plafond conventionnel (180) donnent droit à un repos compensateur de 50 p. 100, porté à 100 au-delà du plafond conventionnel (180) (1).


c) Ces repos doivent figurer sur le bulletin de salaire


Ces repos sont des repos effectivement pris par le salarié et payés. Ils ne pourront, sauf accord contraire, être pris entre le 1er juin et le 30 septembre.


6.2.5. Horaire de travail


Conformément aux dispositions légales, un horaire de travail daté et signé par l'employeur sera affiché dans l'établissement de manière visible par le personnel.


Il indiquera, pour chaque journée, la répartition des heures de travail, c'est-à-dire des heures auxquelles commence et finit chaque période de travail, pour chaque catégorie de salariés.


En cas d'horaires individuels différents au sein d'une même catégorie de salariés, les horaires particuliers à chaque salarié devront être indiqués nominativement.


Toute modification des heures de travail devra donner lieu à une rectification préalable des horaires affichés.


Un double daté et signé des horaires affichés et de leurs rectifications éventuelles devra être adressé à l'inspecteur du travail.


6.2.6. Durée du travail des jeunes travailleurs


Les jeunes travailleurs de l'un ou de l'autre sexe âgés de moins de dix-huit ans ne peuvent être employés à un travail effectif de plus de huit heures par jour, dont quatre heures et demie consécutives au plus, non plus que d'une durée fixée pour une semaine à la durée de travail ou de présence de base des différentes catégories de personnel.


L'accomplissement d'heures supplémentaires, dans la limite de cinq heures maximum par semaine, est soumis à autorisation de l'inspection du travail.


Le temps de repos entre deux jours de travail est de 12 heures.


6.3. Repos hebdomadaire - Dispositions applicables à l'ensemble des établissements


6.3.1. Principes


Les salariés bénéficient d'un jour et demi consécutif ou non, qui ne tombe pas forcément le dimanche. Les modalités d'application seront définies au niveau de chaque entreprise par l'employeur après consultation des salariés et en tenant compte des besoins de la clientèle.


La demi-journée travaillée ne peut excéder cinq heures. Toutefois :


- la demi-journée de repos peut être suspendue :


- en application des dispositions légales en vigueur, la journée de repos peut également être suspendue, trois fois au plus au cours de la période juillet-août :


- les demi-journées et jours de repos non pris et travaillés, dans le cadre de la saison, donnent lieu à une compensation soit en temps soit en rémunération en fin de saison ;


- le nombre de jours de repos de vingt-quatre heures doit, en définitive, être toujours au moins égal à celui des semaines de la période ou le salarié a été employé.


6.3.2. Contrôle du repos hebdomadaire


Les employeurs ont le choix d'indiquer le jour de repos de chaque salarié, soit sur une affiche, soit sur un registre.


L'affiche doit être facilement accessible et lisible. Un exemplaire est envoyé à l'inspecteur du travail avant affichage et avant toute modification.


Le registre indique pour chaque salarié son jour de repos. Le registre est constamment tenu à jour. La mention des journées de repos du salarié peut toujours être modifiée à la condition que la modification soit portée au registre avant de recevoir exécution. La modification ne peut toutefois priver le remplaçant du repos auquel il a droit. Le registre doit être communiqué aux salariés qui en font la demande.


6.4. Congés annuels


Il est fait application des dispositions légales, sans préjudice de la notion d'avantage acquis définie en préambule.


Les périodes de congés pourront s'étaler du 1er mai au 30 avril avec la majoration normale de deux jours pour décalage des congés en dehors de la période du 1er juin au 30 septembre.


Pour compenser les contraintes effectives inhérentes à la durée du travail, le personnel cadre dont le salaire est forfaitaire, bénéficie de trois jours de congé supplémentaire par an ; bénéficient également du même congé les femmes et hommes toutes mains du fait de la pénibilité des tâches qui leur sont confiées.


Ces jours sont pris selon des modalités définies au niveau de chaque établissement, après consultation, le cas échéant, des délégués du personnel.


En dehors des congés légaux, un congé sans solde pourra être donné dans le cadre d'un accord exprès entre l'employeur et le salarié ou d'un avenant au contrat de travail.


(1) Alinéa étendu sous réserve de l'application de l'article L. 212.5.1 du code du travail.