Voyager en bus pas cher dans toute la France

Voyager en bus pas cher dans toute la France
Les tarifs sont le point fort des compagnies d’autocars. - © SolStock

Pour vous déplacer à petits prix à travers la France, pourquoi ne pas tester les autocars long courrier ? Depuis cet été, des lignes ont été ouvertes entre de nombreuses villes.

Des autocars assuraient déjà des liaisons régulières entre les grandes métropoles européennes : Paris-Berlin, Toulouse-Barcelone, Madrid-Londres, Lille-Bruxelles-Amsterdam… Sur leur route, entre deux villes françaises, ils étaient autorisés à faire du cabotage, c’est-à-dire à prendre des passagers, mais dans certaines limites : un petit pourcentage de voyageurs nationaux par rapport à celui de voyageurs transfrontaliers. Cet été, les trajets nationaux longue distance (de plus de 100 km) ont été totalement ouverts à la concurrence. Plusieurs transporteurs proposent des liaisons à partir ou à destination de la capitale, mais aussi des liaisons transversales : Toulouse-Nantes, Strasbourg-Lyon, Nice-Bordeaux, etc. Quelque 300 000 voyageurs, essentiellement des moins de 25 ans et des jeunes retraités, mais aussi de plus en plus de familles pendant les congés scolaires, ont ainsi essayé le car. Un chiffre qui va progresser, d’ici à l’été prochain, car l’offre ne cesse de s’étoffer. À quels prix et dans quelles conditions pouvez-vous désormais voyager en autocar ?

Quels sont les opérateurs ?

Pour les voyages transfrontaliers en Europe et quelques liaisons nationales, vous pouviez déjà compter sur des compagnies, comme Eurolines du groupe français Transdev, l’espagnol Alsa National Express Group ou Megabus du groupe britannique Stagecoach. Désormais, d’autres opérateurs proposent des trajets entre les villes françaises. Par exemple, Isilines, la petite sœur d’Eurolines, et Ouibus (ex-IDbus), filiale de la SNCF. De son côté, Starshipper fédère 128 PME de transport indépendantes à travers le réseau Réunir, afin d’offrir des liaisons sur l’ensemble du territoire. Tout comme FlixBus, une start-up allemande qui développe aussi des partenariats avec des autocaristes locaux (par exemple, les Autocars Pays de Savoie).

Vers quelles destinations ?

L’ouverture à la concurrence date seulement de quelques mois, et l’offre n’en est donc qu’à ses débuts. Tous les autocaristes annoncent vouloir étoffer leur réseau, d’ici au printemps prochain, afin de mailler totalement le territoire. Isilines est présent un peu partout, à l’exception de la Normandie, qu’il compte bientôt ajouter à sa carte, pendant qu’Eurolines continue d’assurer les trajets transeuropéens. Starshipper dessert surtout le Grand Ouest, même s’il s’aventure déjà vers Lyon, Clermont-Ferrand, Montpellier et Chambéry. Avec Ouibus, Paris demeure le point de départ et d’arrivée de nombreux trajets qui débordent des frontières vers Londres, Bruxelles, Amsterdam, Barcelone, Genève et Milan. FlixBus, qui déploie son réseau à partir de l’est de la France, est surtout imbattable pour la desserte des villes allemandes. Quant à Megabus, il propose des liaisons qui traversent la France du nord au sud, avec une excellente desserte des villes outre-Manche.

Quels sont les prix pratiqués ?

Les tarifs sont le point fort des compagnies d’autocars. Ils sont globalement quatre fois moins élevés que ceux du train et du même ordre que ceux du covoiturage, parfois même en dessous. Sont proposés, par exemple, un Limoges-Paris pour 9 € avec Eurolines, un Strasbourg-Rouen à 56,50 € avec Flixbus, un Nîmes-Lyon pour 10 € avec Ouigo ou 11 € avec Starshipper, un Lille-Marseille pour 15,63 € avec Megabus... En phase de lancement, des lignes attirent les clients avec des prix d’appel. Par exemple, 1 € pour un Paris-Marseille avec Megabus, un prix moins élevé que celui d’un ticket de métro ! Attention, ce tarif est limité à un quota de passagers. Les premiers acheteurs seront les premiers à en bénéficier, et ce, jusqu’à ce que tous les billets soient vendus. Certaines compagnies, comme Isilines, pratiquent une politique de prix en fonction du remplissage. D’autres, comme Starshipper, affichent un prix unique par destination, quel que soit le moment de la réservation. Les enfants, même très petits, doivent payer – souvent sans réduction –, dès lors qu’ils occupent un siège. Rappelons que le train est gratuit pour les moins de 4 ans et que les 4-12 ans bénéficient d’un tarif réduit.

Quelles sont les fréquences des liaisons ?

Si les autocaristes veulent rivaliser avec le train, ils doivent proposer des liaisons quotidiennes, plusieurs fois par jour. C’est souvent le cas, mais essentiellement sur les grandes lignes, au départ ou à l’arrivée des métropoles. Sur les lignes transversales, les liaisons peuvent être moins fréquentes. Cependant, contrairement au covoiturage, elles sont toujours régulières.

Combien durent les voyages ?

« Sur les lignes radiales, au départ ou à l’arrivée de Paris, il est clair que nous sommes plus longs, mais sur les lignes transversales, mal desservies par la SNCF, nous sommes souvent plus performants, explique Isabelle Pons d’Isilines. Un trajet Brive-La Gaillarde-Clermont-Ferrand dure chez nous 2 heures 45, contre 3 heures 40 ou 5 heures avec les changements qu’impose le train. » Avec Starshipper, un Brest-Bordeaux prend 8 heures 30, contre plus de 9 heures en train.

Avec quelle sécurité ?

Éthylotest avant chaque démarrage, deux conducteurs pour les longues distances, pauses systématiques et contrôle du temps de conduite des chauffeurs, formation de ces derniers, ceintures de sécurité obligatoires, véhicules récents entretenus et vérifiés régulièrement...

« On ne badine pas avec la sécurité », confirme Isabelle Pons.

D’où partent et arrivent les bus ?

Les points de départ ou d’arrivée sont souvent situés dans les gares routières ou ferroviaires, au plus près des centres-villes. « Un avantage par rapport au train, car certaines gares TGV, comme celle de Valence, ont tendance à migrer en périphérie », fait remarquer Raphaël Daniel, de FlixBus.

Mais d’autres opérateurs, comme Starshipper, font un choix différent et situent leurs arrêts à la périphérie des villes, « toujours au bout d’une ligne de tram ou de bus urbains : à Bordeaux-Lormont, Nantes-François Mitterrand, La Rochelle-Jean Moulin... », précise Alain Roué, dirigeant d’Océlorn, autocariste adhérent de Starshipper.

Quels sont les services à bord ?

Les autocars d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les cars d’autrefois. « 48 fauteuils au lieu de 57 dans chaque car Starshipper, soit un espace de 87 cm pour que les personnes de grande taille soient à l’aise », illustre Alain Roué. Fauteuils grand confort inclinables – pas de couchettes pour les autocars en France circulant la nuit, c’est interdit –, toilettes à bord, boissons et snacks, wi-fi, prises de courant pour recharger téléphone ou ordinateur, grandes soutes pouvant contenir des bagages souvent plus encombrants que ceux qui sont acceptés dans les trains, et ce, même si les transporteurs en limitent le nombre et le poids. Les vélos sont parfois transportables (renseignez-vous avant le départ). L’assistance aux voyageurs à mobilité réduite est systématique et gratuite (transport d’un fauteuil roulant, par exemple), à condition de le signaler auparavant. Les animaux domestiques ne sont pas toujours tolérés à bord, sauf, bien entendu, les chiens guides.

Comment réserver ?

La réservation se fait le plus souvent sur le site Internet du transporteur ou par téléphone. Les billets sont aussi vendus à bord, mais au risque de se voir refuser l’accès si le car est plein. Vérifiez sur des sites comparateurs (comme goeuro.fr) les horaires et les prix disponibles pour une destination précise. Vous y trouverez toutes les compagnies, et vous aurez même une idée des tarifs pratiqués par le covoiturage, avec Blablacar par exemple.

Quels sont vos droits ?

Lorsque vous achetez un billet de car pour un trajet régulier de plus de 250 km, commençant ou se terminant dans un pays de l’Union européenne, peu importe que le voyage soit national ou international, vous avez des droits, tout comme les passagers des avions. En cas de retard ou d’annulation d’un trajet, voire de surréservation, l’organisateur doit vous informer de l’incident, pendant votre attente. En cas de départ différé de plus de deux heures, il doit vous proposer soit le remboursement de votre billet – et, le cas échéant, un réacheminement gratuit vers votre point de départ initial –, soit le transport vers votre destination finale aussitôt que possible et sans coût supplémentaire. Sinon, vous pouvez exiger le remboursement de votre billet, plus une indemnisation équivalant à 50 % du prix du billet. Si votre trajet est prévu pour durer plus de 3 heures et que le départ est retardé de plus de 1 heure 30 ou s’il est annulé, vous avez droit à un repas et à des rafraîchissements (en fonction du délai d’attente ou du retard), à un hébergement si vous devez passer la nuit sur place (jusqu’à deux nuitées pour un montant maximal de 80 € par nuit). Attention, les transporteurs ne sont pas tenus de prendre en charge les frais d’hébergement si le retard est dû à une catastrophe naturelle ou à des conditions météorologiques extrêmes ! En cas de conflit, prenez contact (en France) avec la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (au 39 39 ou sur son site Internet), ou encore avec le Médiateur du tourisme (Médiation tourisme voyage, BP 80 303, 75823 Paris Cedex 17 ou mtv.travel). Si le litige a lieu exclusivement à l’étranger avec un transporteur européen, le Centre européen des consommateurs France peut vous aider.

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