Voiture électrique, hybride : est-ce un bon choix ?

Voiture électrique, hybride : est-ce un bon choix ?

Bornes de recharges dans les villes de plus de 200 000 habitants, tarifs de péage avantageux... le gouvernement pousse à la roue le développement des voitures hybrides ou électriques. Alors, verte ou pas verte votre prochaine voiture ?

On s’est habitués à son allure un peu pataude : la Toyota Prius a su imposer dans l’esprit des Français le concept des véhicules hybrides. Et lorsqu'une entreprise hexagonale (Heuliez) a lancé la Mia, les véhicules électriques sont devenus concrets pour les consommateurs.

Les Parisiens, eux, s'habituent à l’Autolib. Ils ont un peu plus de mal avec le concept car électrique Renault, le Twizzy, un mélange de scooter et d’automobile absolument silencieuse. En attendant la Zoe, sur laquelle Renault compte pour créer un appel d’air, le marché des véhicules électriques tarde à décoller.

Le CO2 pour critère

D’un strict point de vue des émissions de CO2, les consommateurs à la fibre écologique devraient choisir d’acheter un véhicule électrique. Et le gouvernement se fonde sur ce critère pour distribuer les bonus écologiques qui peuvent s'élever à 7 000 €.

Il incite au déploiement à grande échelle de bornes de recharge dans des agglomérations de plus de 200 000 habitants. Et un tarif préférentiel sur les péages autoroutiers et pour le stationnement devrait être instauré.

La voiture électrique pour un usage citadin

Il faut bien l’avouer : les véhicules électriques ont aujourd’hui peu d’atouts qui puissent séduire les automobilistes français (ils effectuent 13 000 km par an, principalement sur les trajets de week-end, pour les sorties familiales et en vacances).

L'autonomie des véhicules électrique est limitée (aux alentours de 80 à 120 km) et ils nécessitent entre cinq et huit heures pour effectuer la recharge des batteries, même si sur des bornes de recharge spéciales, les batteries lithium-ion peuvent gagner 80 % de leur charge en une dizaine de minutes. Et, en plus, ils sont relativement chers à l’achat (une Nissan Life est vendue 28 900 € et une Peugeot Ion 22 500 €, bonus déduits).

Le remplacement des batteries est tellement onéreux que les constructeurs proposent des systèmes de location (compter environ 100 euros par mois).

Ils sont adaptés à la conduite en ville plutôt qu’à la campagne ou sur autoroute car, durant les phases de décélération et de freinage, les batteries profitent de l’énergie cinétique pour se recharger, chose qui est impossible par vitesse stabilisée. Plus encore, ils concourent à diminuer le niveau sonore de la rue car les seuls bruits émis sont des bruits de roulement.

Une solution intermédiaire : les hybrides

De quoi parle-t-on quand on prononce ce sésame de la voiture verte ? D’un véhicule qui utilise comme mode de propulsion un moteur thermique et l’énergie électrique. Il existe trois niveaux d’hybridation :

  • Le micro hybrid, est essentiellement caractérisé par l’option « stop and start », présent sur un nombre de plus en plus important de modèles : le moteur se coupe automatiquement à l’arrêt, ce qui permet d’économiser entre 3 et 5 % de carburant si les phases d’arrêt sont supérieures à 5 secondes.
     
  • Le mild hybrid (ou semi hybride) associe un moteur thermique et une technologie destinée à récupérer l’énergie dissipée au freinage et à la décélération pour recharger les batteries. Lorsque la voiture a besoin d’énergie supplémentaire (accélération, reprises), la batterie lui en délivre ce qui diminue la consommation de carburant.
     
  • Le full hybrid, le plus connu, associe deux motorisations : un moteur thermique (essence principalement, mais aussi diesel ou GPL) et un moteur électrique. Lors de la phase de démarrage, c’est la puissance et l’efficacité du moteur électrique qui lance la voiture, le moteur thermique prenant ensuite le relais. De la même façon que dans les deux autres classes, les phases de décélération et de freinage contribuent à recharger les batteries qui sont alimentées aussi par l’alternateur du moteur thermique.

Un coût encore dissuasif

Ce qui est relativement nouveau, c’est que ces full hybrid peuvent, en les branchant sur des prises spéciales, recharger les batteries. Sur ces nouveaux modèles, il est possible de faire ainsi entre 80 et 100 km sans utiliser le moteur thermique ce qui fait chuter drastiquement les consommations de carburant. Ainsi, la Toyota Prius rechargeable, qui sera commercialisée en France à la fin 2012, la Chevrolet Volt ou l’Opel Ampera affichent des chiffres flatteurs : 2 l aux 100 km et 49 et même 27 g de CO2 au km, ce qui en fait les plus performantes de cette catégorie. Mais connaissent un handicap de taille : leur prix très élevé (35 à 55 000 euros tout de même, bonus déduit…).

Que choisir Argent nous donne une clef supplémentaire de choix dans le dossier consacré aux « voitures écologiquement correctes » publié dans le numéro d’octobre 2012 : le PRK (prix de revient au kilomètre). Un élément qui relativise le prix des full hybrid. Dans leur catégorie, elles ressortent entre 0,14 € pour la petite Yaris Hybrid3 et 0,43 pour l’Ampera Edition du fait de son prix d’achat élevé. Un prix à rapprocher des 0,15 € de la Mito d’Alfa ou du beau 0,14 de la Clio 3. Mais faut-il se focaliser uniquement sur le critère prix ?