Voiture d'occasion : évitez les pièges

Voiture d'occasion : évitez les pièges

Il y a de nombreuses filières pour acquérir une voiture d'occasion. Mais certaines "bonnes affaires" sont risquées. Pour échapper aux arnaques, suivez le guide.

Plus de 45 % des échanges de voitures d'occasion se font aujourd'hui directement entre particuliers. Le choix des véhicules proposés par cette filière est vaste et les prix sont, en règle générale, moins élevés que si vous vous adressez à un concessionnaire.

La transaction avec un professionnel présente d'autres avantages, mais tous les garagistes ne se valent pas et il vaut mieux savoir les différencier. Et au moment du choix, vos vérifications vous permettront aussi de ne pas vous tromper.

Les vérifications à effectuer soi-même

Examinez de près la carrosserie : état de la peinture, traces de rouille… Soulevez le capot et regardez l'état général du moteur. Portez une attention particulière à l'état des pneus.

Installez-vous au volant et assurez-vous que tous les équipements fonctionnent bien (les essuie-glaces, le chauffage, les vitesses…). Jetez un coup d'œil sur l'état général des sièges, des tapis et du plafond.

Réclamez les factures d'entretien et de réparation. Elles permettent de cerner quel traitement a été réservé à la voiture. C'est aussi un moyen de vérifier le kilométrage en comparant son évolution d'une facture à l'autre.

Enfin, essayez le véhicule sur route. Mettez-vous dans toutes les conditions de route (ville, nationale, autoroute) et n'hésitez pas à solliciter le véhicule. La voiture doit freiner dans l'axe de la route et, à vitesse soutenue, sur autoroute elle ne doit pas trop dévier de son cap. Passez tous les rapports de la boîte de vitesses, sans oublier la marche arrière à l'occasion d'une manœuvre.

Amiante

Les véhicules construits avant le 1er janvier 1997 ne peuvent être vendus que s'il n'existe plus de trace d'amiante dans les plaquettes de freins à disque. Le vendeur doit justifier du remplacement des plaquette en produisant la facture.

Les concessionnaires

Ils disposent en majorité de voitures à leur(s) marque(s), mais aussi de véhicules de marques différentes, rachetées à leurs clients venus acquérir un de leurs modèles neufs.

Ils vendent en général plus cher que les particuliers, mais les véhicules sont vérifiés et remis en état avant la vente.

Une garantie contractuelle commerciale d'une durée variable qui définit également les risques couverts (pièces et main d'œuvre ou seulement l'une des prestations) est mise en place. Il faut demander et lire le contrat de garantie avant de s'engager, les clauses d'exclusions pouvant être nombreuses.

Attention : il se tient périodiquement des salons saisonniers de l'occasion. Ils regroupent des voitures vendues par des garagistes, le plus souvent par des concessionnaires de marque. Le choix de modèles exposés est grand, mais les prix témoignent généralement d'une révision à la hausse excessive.

Les casseurs

Implantés à la périphérie des grandes villes, ils représentent une solution séduisante.

Mais, leurs prix bas s'expliquent souvent par le passé obscur de la voiture (par exemple, un modèle accidenté réparé avec des pièces de récupération).

Attention : le résultat peut être satisfaisant, mais les aléas sont nombreux, et les pièges sont, a priori, très difficiles à déceler.

Les petites annonces : un vrai dédale

Des journaux d'annonces (La Centrale des particuliers, Auto occasion, Les annonces de l'automobile, l'Argus de l'automobile…) sont spécialisés dans la vente et l'achat de voitures d'occasion entre particuliers.

Leur principale qualité : un très large choix de marques, de modèles et surtout de prix.

Cependant, avant d'acheter, veillez tout de même à être précisément renseigné sur l'état mécanique du véhicule : au téléphone, relisez avec le vendeur son annonce et faites-lui détailler et expliciter les multiples abréviations qu'elle contient (par exemple, "DA" pour direction assistée, "TO" pour toit ouvrant).

Attention : entre particuliers, le véhicule vendu n'est couvert par aucune garantie contractuelle.

Seul recours, en cas de problème, engager une action en garantie légale des vices cachés (article 1641 du Code civil) en apportant la preuve que le vice, non apparent (par exemple, défauts graves ou pannes à répétition qui affectent l'usage normal de la voiture), existait avant la vente.

Les voitures de collaborateurs : pour des occasions récentes

À mi-chemin entre le neuf et l'occasion, il est possible de racheter les voitures acquises en première main par les salariés de l'industrie automobile française (Renault, Peugeot, Citroën).

Le principe est simple : ces salariés, ou "collaborateurs", achètent leur voiture avec 15 à 22 % de réduction sur le modèle et les revendent en général assez rapidement (parfois 6 mois après l'achat) au prix du marché.

Avantage de cette formule : on achète, à un prix calqué sur l'Argus, des voitures qui ont souvent peu roulé, ont été plutôt bien entretenues et qui, si elles sont jeunes, bénéficient toujours de la garantie constructeur des voitures neuves.

Sur les parkings : attention, danger !

Des ventes de voitures d'occasion sont organisées le dimanche matin sur certains parkings de centres commerciaux.

Mais, méfiance, ces marchés fourmillent de pièges et d'escroqueries : vendeurs professionnels pas toujours clairs qui se font passer pour de simples particuliers, absence de contrôle technique ou contrôles de complaisance, minoration du kilométrage, voitures volées ou accidentées, puis maquillées.

Attention : ne concluez pas la vente le jour même : prenez rendez-vous, pour revoir le véhicule plusieurs jours après, le temps de vérifier si tout est en règle, notamment que le véhicule appartient bien à son vendeur (exigez de voir la carte grise).

Évidemment, signez un contrat de vente.

Ventes aux enchères : pour les spécialistes

Il est possible d'acheter dans les ventes aux enchères publiques des véhicules provenant de liquidations judiciaires, de saisies ou encore de ventes des Domaines (véhicules réformés des administrations, ou abandonnés).

Les voitures sont exposées la veille ou le matin de la vente. Les principaux renseignements, l'année, le kilométrage et le contrôle technique, sont rassemblés sur une fiche à consulter.

Examinez-les attentivement et vérifiez que ce descriptif est conforme à ce que vous observez vous-même. Aucun essai sur route ne peut être effectué avant l'achat. Si les prix des enchères sont très alléchants, restez extrêmement prudent car les voitures proposées peuvent être de provenance et de qualité aléatoires.

En sus prix des enchères, l'acheteur doit payer des frais d'adjudication, proportionnels aux prix d'adjudication. Dans le cadre des ventes volontaires, ces frais sont libres. Dans les ventes judiciaires, les frais légaux sont fixés par la loi. Ces frais doivent être indiqués dans les conditions de vente et annoncés publiquement avant la vente. Dans le cas de la vente de véhicule, l'acheteur doit également acquitter des frais de contrôle technique.

Attention : dans les ventes aux enchères imposées suite à une décision de justice (par exemple, une saisie), l'acheteur ne peut se retourner contre le vendeur pour faire jouer la garantie légale des vices cachés (art. 1649 du Code civil)