Régulateur de vitesse, assistance à la trajectoire : la conduite semi-assistée allonge le temps de réaction

Régulateur de vitesse, assistance à la trajectoire : la conduite semi-assistée allonge le temps de réaction
Les dispositifs d’aide à la conduite doublent le temps de réaction des conducteurs. - © iphotos35

Selon une étude, les dispositifs d’aide à la conduite doublent le temps de réaction des conducteurs par rapport à une conduite sans assistance. Les utilisez-vous en connaissance de cause ?

La voiture 100 % autonome n’est pas encore opérationnelle mais de plus en plus de véhicules possèdent des équipements d’aide à la conduite. Le régulateur de vitesse adaptatif (ACC) permet, par exemple, au conducteur de maintenir une vitesse choisie tout en gardant une distance de sécurité avec le véhicule qui précède, tandis que l’assistance de maintien sur la voie de circulation aide à éviter les écarts de trajectoire.

Si ces dispositifs semblent pratiques, ils augmentent les comportements à risques des conducteurs, d’après les résultats d’une étude réalisée par le Centre d’investigations neurocognitives et neurophysiologiques (Ci2N) de l’Université de Strasbourg en collaboration avec le CNRS pour le compte des fondations Vinci Autoroutes et MAIF.

L’étude a porté sur 60 volontaires répartis en trois groupes de 20 conducteurs, regroupés par tranches d’âge (20-30 ans, 40-50 ans et plus de 60 ans) comportant autant de femmes que d’hommes. Placés sur un simulateur de conduite, ils devaient réaliser un trajet sur autoroute de 53 kilomètres. À partir du 10e kilomètre, ils devaient activer et maintenir en permanence le régulateur de vitesse adaptatif et l’assistance de contrôle de la trajectoire mais pouvaient reprendre le véhicule en main s’ils estimaient que la situation l’exigeait.

Temps de réaction plus long

Deux évènements imprévus étaient programmés pour vérifier leur réactivité. Les automobilistes ont d’abord dû faire face à un camion changeant brutalement de voie pour contourner une zone de travaux qui n’a pas pu être détectée par les systèmes d’assistance à la conduite. Pour éviter les cônes et le fourgon d’intervention, ils ont dû reprendre le contrôle de leur véhicule, circulant à 110 km/h. Mais au lieu de mettre entre 1 et 1,5 seconde pour réagir, ils ont mis en moyenne 2,2 secondes, ce qui équivaut à 30 mètres de plus.

Les cobayes ont ensuite été soumis à un deuxième incident. Arrivés à un virage, le système de maintien dans la voie de circulation est désactivé et ils doivent reprendre la main pour maintenir la trajectoire. En moyenne 4,5 secondes s’écoulent et jusqu’à 6 secondes pour les personnes de plus de 60 ans avant qu’ils ne réagissent. Ce délai important est sans doute « le signe d’un manque d’attention et d’un état d’hypovigilance du conducteur liés à la conduite semi-assistée »

En plus d’un temps de réaction plus long, les conducteurs n’ont pas eu toujours les bons réflexes pour éviter les situations à risque. Plus d’un sur quatre a ainsi donné un coup de volant dans le mauvais sens. Et dans le scénario 2, ils ne sont pas parvenus à maintenir une trajectoire optimale pour leur sécurité, les véhicules se sont déportés de 1,25 mètre.

Les précautions à prendre

Suite à ces résultats, les fondations Vinci Autoroutes et MAIF recommandent aux conducteurs en cas d’utilisation de ces outils d’assistance de :

  • toujours rester vigilants ;
  • prendre connaissance des notices d’utilisation ;
  • se former à l’usage du système d’activation et de désactivation ;
  • éviter de les utiliser en zone à risque (travaux, trafic en accordéon, etc.) ;
  • s’arrêter dès les premiers signes de somnolence ou au moins toutes les 2 heures.