Radars fixes ou mobiles : que risquez-vous ?

Radars fixes ou mobiles : que risquez-vous ?

Près de 4 200 radars fixes et mobiles sont installés au bord des routes ou embarqués dans des véhicules banalisés. Tour d’horizon de ce qui vous attend en cas d’excès de vitesse.

Depuis juin 2014, les radars mobiles de nouvelle génération qui contrôlent la vitesse sans produire de flash, à l’arrêt ou en roulant, ont embarqué dans de nouvelles voitures banalisées.

Selon la Sécurité routière, en quinze mois de fonctionnement, ces nouveaux dispositifs ont généré 270 000 procès-verbaux pour excès de vitesse.

Pour le ministère de l’Intérieur, le déploiement de ces radars mobiles est justifié par les très bons résultats qu’ils ont déjà permis d’atteindre en 2013, avec le plus faible nombre de décès depuis la création de ces statistiques en 1948.

Guide des radars automatiques

  • Radars vitesse fixe : premier type de radars à avoir été installé, il calcule la vitesse d’un véhicule à son passage.

    Signalé par un panneau, il est placé à l’initiative des préfets de département, dans des zones où la vitesse excessive est cause d’accidents, à intervalles réguliers pour faire baisser la vitesse moyenne sur un trajet, dans les tunnels et sur les ponts, et dans les zones inaccessibles aux forces de l’ordre.
     

  • Radars discriminants : ce type de radars, signalé par un panneau, mesure la vitesse, distingue les différentes catégories de véhicules et identifie la voie sur laquelle ils roulent.

    Il est installé dans les zones où la vitesse excessive est cause d’accidents, sur les itinéraires à fort trafic de poids lourds, et sur des sections de route particulières (descente dangereuse, succession de virages, traversée urbaine…).
     

  • Radars vitesse embarqués : ces radars se trouvent à bord de véhicules arrêtés et positionnés au bord des routes. Non signalés, ils permettent de contrôler la vitesse en tous lieux et de s’adapter aux circonstances (travaux, état du trafic).

    Les points de contrôle sont décidés par les préfets de département et les forces de l’ordre, dans les zones où la vitesse excessive est cause d’accidents, et à intervalles réguliers pour faire baisser la vitesse moyenne sur un trajet.
     

  • Radars passage à niveau : les automobilistes qui franchissent le passage à niveau après le délai de sécurité sont flashés une première fois au début du franchissement de la ligne, et une seconde fois lorsqu’ils ont poursuivi leur course sur le passage à niveau.

    Ces radars sont installés sur les passages à niveau prioritaires définis en lien avec Réseau ferré de France et la SNCF.
     

  • Radars tronçons : à l’entrée et à la sortie de la section contrôlée, une caméra vidéo, associée à un lecteur automatique de plaque d’immatriculation, prend un cliché du véhicule et relève sa plaque et son heure de passage. Au point de sortie, la vitesse moyenne est calculée.

    Signalés par un panneau, ces radars sont installés là où un accident peut avoir de graves conséquences (ponts, tunnels, viaducs) ou sur des portions de voies dangereuses.
     

  • Radars feu rouge : deux photos sont prises : une première si un véhicule franchit la ligne d’effet des feux, une deuxième si le véhicule poursuit sa route au-delà du feu. Le flash se déclenche dès le franchissement de la ligne d’effet des feux, matérialisée en traits pointillés sur la chaussée.

    Non signalés, ces radars sont installés en milieux urbains denses fréquentés par les piétons et dans des zones de traversées dangereuses.
     

  • Radars mobiles nouvelle génération : ces radars sont embarqués à bord de voitures banalisées conduites par des gendarmes ou des policiers en uniforme. Ces voitures-radars circulent sur tout le réseau routier.

    Non signalés, ils ont été conçus pour traquer les grands excès de vitesse, avec une marge d’appréciation de 10 km/h :

  • à partir de 146 km/h sur autoroute ;
  • 124 km/h sur voie express ;
  • 102 km/h sur nationale ou départementale ;
  • 61 km/h en agglomération.

Pour tous les radars, hormis ceux de nouvelle génération, une marge de 5 km/h (en dessous de 100 km/h) et de 5 % (au-dessus de 100 km/h) est prise en compte dans les contrôles de vitesse, à l’avantage du conducteur. Exemple : à 97 km/h, le chiffre retenu est de 92 km/h.

80 km/h sur les routes à deux voies ?

La vitesse est encore au centre des travaux du Conseil national de sécurité routière (CNSR), installé fin 2013. Ce groupe de réflexion est chargé de formuler des propositions pour atteindre l’objectif du gouvernement : passer sous la barre des 2 000 tués d’ici 2020.

Selon les experts du CNSR, la limitation de vitesse à 80 km/h au lieu de 90 km/h sur les routes à deux voies pourrait permettre d’épargner jusqu’à 400 vies par an.

Le ministre de l’Intérieur s’est toutefois prononcé le 16 juin 2014 contre une généralisation de cette limitation sur les voies à double sens, tout en se disant favorable à son expérimentation « sur des segments très accidentogènes afin d’en examiner les effets ».

À la recherche de nouveaux outils pour mesurer la vitesse

Plusieurs associations dénoncent l’absence d’outils fiables pour mesurer l’évolution de la vitesse.

Confiés depuis 2013 au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), ces relevés de vitesse sont biaisés car les instruments de mesure sont embarqués dans des véhicules stationnés en bord de route.

Les confondant avec des radars, les automobilistes ralentissent à leur approche, faussant ainsi les résultats.

Dès 2011, l’Office national interministériel de la Sécurité routière a constaté que les vitesses moyennes enregistrées étaient sous-évaluées d’environ 6 % par rapport à la vitesse initiale. Aujourd’hui, la Sécurité routière réfléchit à un système non détectable, dissimulé sous la chaussée.

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