À qui confier la réparation de sa voiture ?

À qui confier la réparation de sa voiture ?

Faire réviser sa voiture chez le constructeur est beaucoup plus cher que dans les centres auto ou chez un garagiste indépendant.

Une enquête de l’association de consommateurs UFC-Que choisir (septembre 2012) a révélé que 82 % des propriétaires de voitures sous garantie les font réviser et réparer dans les réseaux des constructeurs. Alors que ces derniers pratiquent des tarifs en moyenne 50 % plus élevés que ceux des centres autos et garages indépendants, et jusqu’à 110 % plus chers pour les révisions courantes.

Comparer le coût de la main-d'œuvre

À l’origine de cet écart, des prix de pièces « d’origine » plus élevés de 50 à 100 % et un tarif de main-d’œuvre – mieux formée et payée chez les concessionnaires – bien supérieur.

Ce tarif varie de 80 à 100 € de l’heure dans les réseaux des marques contre 50 à 70 € chez les garagistes indépendants.

Un surcoût important que la plupart des acheteurs de voitures neuves acceptent car ils craignent de perdre le bénéfice de la garantie s’ils ne passent pas par un concessionnaire ou à un agent officiel de la marque.

Pourtant, la réglementation laisse toute liberté au consommateur de choisir le lieu où il fait entretenir son véhicule. Depuis la loi du 1er juin 2010, la garantie ne peut plus être refusée au prétexte qu’une voiture a été entretenue ou réparée en dehors du réseau officiel de la marque.

Aussi, de nombreux centres autos et réseaux de garagistes indépendants proposent leurs révisions « avec garantie préservée ».

Ainsi, certaines interventions devront être effectuées par précaution dans le réseau du constructeur et d’autres chez des professionnels plus abordables.

Solliciter un spécialiste

En cas de problème localisé, l’automobiliste gagne à aller voir un technicien spécialiste plutôt qu’un mécanicien généraliste.

Certains sous-traitants de l’industrie automobile ont ouvert des centres spécialisés, dans l’injection Diesel pour Bosch (boshcarservice.fr) ou dans les systèmes de climatisation pour Valeo (valeoservice.com).

On peut aussi s’adresser directement aux électriciens auto, carrossiers ou petites entreprises qui rénovent moteurs, turbos ou boîtiers ABS.

Ces spécialistes sont généralement moins chers car ils sont capables de changer ou de réparer la seule pièce défectueuse quand le concessionnaire ou le garagiste remplacent le système complet.

Sous garantie, privilégier le concessionnaire

Il est préférable de confier la révision annuelle d’une voiture sous garantie au concessionnaire car beaucoup de garagistes indépendants ne disposent pas de la valise diagnostic permettant de retrouver l’origine d’un dysfonctionnement.

Quant aux centres autos, ils ne savent pas toujours bien s’en servir, ce qui conduit parfois à des changements de pièces inutiles.

Par ailleurs, certains garagistes indépendants n’ont pas l’outillage ou la compétence pour purger correctement un circuit de freinage avec sa centrale ABS, une pièce très chère qui peut alors se gripper.

En outre, si la loi impose aux constructeurs de mettre à disposition de tout professionnel qui le demande les documentations et outils de diagnostic de chaque modèle, elle ne les oblige pas à les leur fournir gracieusement. Seuls les protocoles d’entretien sont publics.

À savoir : Les garagistes ne pouvant s’offrir les logiciels correspondant à chaque modèle de chaque marque refusent d’effectuer certaines interventions.

Et dans les centres-autos, le souci de productivité ou le manque de formation incitent à négliger les interventions complexes, comme le réglage du jeu aux soupapes ou la purge de l’ABS.

Des garagistes indépendants en réseau 

Face à cette situation et afin d'améliorer leur formation et leur équipement, les garages indépendants ont réagi en s’organisant en réseaux (Top Garage, Multimarque, Motaquip, Eurorepar…), parfois sous l’égide de grands équipementiers (boschcarservice.fr par exemple).

La plupart des indépendants travaillent en bonne intelligence avec les concessionnaires qui leur prêtent leurs outils de diagnostic et leur sous-traitent certains travaux. On peut donc leur confier une voiture bardée d’électronique, sauf pour la révision annuelle ou pour une intervention lourde.

À savoir : En cas de gros problème, le service après-vente du constructeur cherchera par tous les moyens à s’exonérer de toute responsabilité.

Constructeur et réparateur indépendant se renvoyant la balle, le client devra alors se lancer dans un parcours du combattant juridique (plainte, expertise, assurance…).

La fidélité parfois récompensée 

Fréquenter les réseaux officiels des marques permet de bénéficier des meilleures solutions techniques. Ils sont souvent les premiers informés des dysfonctionnements qui affectent les modèles récents et des « correctifs » à apporter, qu’ils effectuent parfois même à l’insu du client lors de la révision.

Il est par exemple fréquent que :

  • La gestion électronique du moteur soit revue dans le sens d’un moindre respect des normes de pollution (point qui n’est pas vérifié lors du contrôle technique), pour un meilleur agrément de conduite et pour éviter l’encrassement du système de dépollution.
  • L’électronique soit reprogrammée afin d’éviter un « bug » informatique.

Enfin, la mise en œuvre de la garantie sera facilitée pour un client fidèle.

En revanche, pour les interventions concernant les pièces d’usure (pneus, freins, amortisseurs, essuie-glaces, batterie, filtres…), il est plus économique de s’adresser à un centre-auto, ou de commander ses pièces sur Internet et de les faire monter par des garagistes affiliés au site de vente.

Des contrats d'entretien peu avantageux

Très souvent proposés lors de l'achat d'une voiture neuve, les contrats d'entretien permettent de mensualiser le coût des révisions (de 30 à 100 € par mois).

En contrepartie, ils obligent à fréquenter le réseau du constructeur et reviennent presque toujours plus cher qu'un entretien effectué chez le concessionnaire ou le remplacement de pièces d'usure (plaquettes, amortisseurs, essuie-glace…) en centre auto ou garage indépendant.

De plus, ces contrats ne comprennent pas le remplacement des pneus. Généralement limités à 5 ans et 150 000 km, ils ne couvrent que la période où l'on est généralement à l'abri des mauvaises surprises et ne font pas office d'extension de garantie.

Hors garantie, faire jouer la concurrence

Après la période de garantie, la moitié des automobilistes cessent de fréquenter leur concessionnaire pour les révisions ou les réparations. Une bonne part se contente d’une vidange du moteur annuelle et du remplacement des plaquettes de freins et des pneus.

Pourtant, passé deux ans, la voiture a particulièrement besoin d’entretien et de suivi :

  • Remplacer le liquide de freins,
  • Faire la purge de la climatisation et parfois celle du circuit de refroidissement. Des opérations peu coûteuses mais vitales pour la fiabilité.
  • Effectuer les réglages d’injection,
  • Les vidanges de pont et de boîte automatique,
  • Changer les courroies, les bougies ainsi que les filtres à air et d’habitacle.

Bien qu’indispensables, ces interventions sont rarement prévues dans les forfaits des centres autos.

Une garantie contre les vices cachés 

Même si cela est coûteux, il est conseillé d’effectuer toutes les révisions car cela permet de conserver le bénéfice de la garantie légale des vices cachés.

Elle s’applique aux éléments essentiels de la voiture (moteur, boîte de vitesses, ABS, trains roulants), à condition que le service après-vente du constructeur ne puisse opposer un défaut d’entretien.

À savoir : La garantie contre les vices cachés fonctionne pendant 8 à 10 ans et 150 000 à 200 000 km.

Que ce soit pendant ou après la garantie, toute demande de prise en charge entraîne l’examen du carnet d’entretien ou des factures de révision.

Exiger un ordre de réparation

Même pour une simple vidange, tout professionnel prenant en charge un véhicule doit rédiger un ordre de réparation qui peut aussi faire office de devis. Ce document interdit au réparateur d’effectuer d’autres travaux, sauf accord du client.

L’automobiliste peut aussi laisser une adresse mail ou demander l’envoi d’un SMS pour en garder une trace écrite.

Enfin, si le professionnel reste tenu de signaler sur la facture tout défaut concernant la sécurité de la voiture, il n’est jamais habilité à les corriger de sa propre initiative.

Une révision tous les trois ans

Pour concilier impératifs budgétaires et mécaniques, une voiture parcourant 20  000 km par an peut alterner, une année sur deux, une simple vidange-filtre et une révision complète.

Avec 10  000 km par an, la révision complète peut n’être effectuée qu’une année sur trois tout en conservant une vidange annuelle du moteur, l’huile s’oxydant davantage lors des petits parcours.

Pour un modèle âgé de moins de 6 à 8 ans, il est préférable de continuer à confier cette révision au concessionnaire afin de pouvoir faire jouer la garantie légale. D’autant que les réseaux des grands constructeurs proposent, pour les voitures âgées, des forfaits rivalisant avec ceux des centres autos qui utilisent des pièces non estampillées d’origine pour réduire la facture.

Passé 10 ans ou 200  000 km, l’automobiliste peut confier la révision à un garagiste indépendant dont la main-d’œuvre est souvent plus qualifiée que celle des centres autos, mais guère plus chère. Ce professionnel est souvent plus compétent pour prévenir et diagnostiquer les maux des vieilles autos que le concessionnaire de la marque, qui voit rarement vieillir les modèles qu’il vend et dont le personnel a perdu de vue les anciennes technologies.

Ces artisans sont les seuls à préconiser la vidange des boîtes de vitesses conventionnelles, abusivement présentées comme « lubrifiées à vie » par les concessionnaires. Les adresses de ces professionnels sont disponibles sur le site revisersavoiture.com.

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