Que valent les auto-écoles low-cost ?

Que valent les auto-écoles low-cost ?
Depuis quelques années, des acteurs low-cost ont envahi le marché de la formation à la conduite avec leur cortège de prix cassés. - © Gwengoat

Les établissements proposant des formations à des tarifs très concurrentiels se bousculent sur Internet. Panorama des offres pour s’y retrouver et empocher le sésame.

Pour passer le permis de conduire, il faut débourser au minimum entre 1 200 € et 1 500 €. Mais la majorité des élèves paient davantage, car ils ont souvent besoin d’une trentaine, voire d’une quarantaine d’heures de conduite en plus des vingt heures obligatoires. La note franchit alors allègrement la barre des 2 000 €, surtout s’ils ne décrochent pas le permis du premier coup.

De plus en plus d’auto-écoles pas chères

Depuis quelques années, des acteurs low-cost ont envahi le marché de la formation à la conduite avec leur cortège de prix cassés.

Ornikar, qui proposait initialement ses services uniquement dans la région nantaise, a été l’un des premiers à lancer un nouveau concept d’apprentissage de la conduite moins onéreux. Depuis, il a été suivi par d’autres sociétés, comme Auto-école.net, En voiture Simone, Lepermislibre, Permigo, Permispascher... Certaines se présentent comme des agences classiques moins chères, d’autres comme des agences essentiellement en ligne.

« Aujourd’hui, pratiquement toutes les auto-écoles ont un site sur lequel beaucoup d’entre elles proposent davantage qu’une vitrine, notamment des tests de code. Internet n’est qu’un outil, les auto-écoles dites “en ligne”, ce n’est donc pas un modèle en soi », prévient Patrice Bessone, président du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA)-Éducation routière.

Sans compter qu’après l’apprentissage du code, qui peut se dérouler uniquement devant l’ordinateur, une tablette ou un smartphone, il faut se confronter à des cours de conduite bien réels !

Les mentions à vérifier avant de choisir une auto-école

Il faut se méfier des établissements qui annoncent « être partout en France ». Toute auto-école doit détenir un agrément de la préfecture dans chaque département où elle compte exercer. Pour l’obtenir, les exploitants doivent justifier de quatre années d’enseignement supérieur (gestion, économie ou droit) ou d’une capacité de gestion et faire travailler des moniteurs détenteurs du brevet d’enseignant de la conduite (le bepecaser), délivré après une année de formation.

L’établissement doit en outre disposer d’un local de 25 mminimum pour accueillir sa clientèle. Tout organisme qui ne respecte pas ces règles légales ne peut se targuer d’être une auto-école. Il est également interdit aux enseignes qui se voudraient totalement en ligne d’étendre leur commerce loin du périmètre de leur agence physique, par exemple dans un autre département.

Permis de conduire low-cost : des moniteurs indépendants, flexibles et notés

Certaines auto-écoles moins chères salarient leurs moniteurs – Auto-école.net, Permispascher, Permigo... –, mais beaucoup, comme En voiture Simone ou Lepermislibre, font appel à des indépendants (entrepreneurs, auto-entrepreneurs...) qui utilisent leur propre voiture à double commande.

Il peut également s’agir de moniteurs d’auto-écoles classiques qui font des heures supplémentaires à leur compte. Des économies de charges sociales que déplore Patrice Bessone. Les agences qui fonctionnent avec ces moniteurs indépendants présentent des plages horaires plus souples. Il n’est pas rare de trouver des enseignants qui acceptent de dispenser des leçons, pour le même tarif, un dimanche ou un jour férié, à 6 heures ou à 22 heures. Quant aux points de rendez-vous, ils se situent généralement près du domicile du candidat, d’un lycée, d’une université, d’un lieu de travail, à la gare, et non plus seulement à l’agence.

Les établissements en ligne, comme Lepermislibre ou En voiture Simone, ont adopté la philosophie des sites Internet qui prévoient une notation de celui qui offre un service : les élèves évaluent les moniteurs.

« L’enseignant doit donc faire ses preuves pour être sélectionné », souligne Lucas Tournel, cofondateur du site Lepermislibre.

Attention, cependant, à s’assurer qu’il y a bien plusieurs moniteurs (ou deux au minimum) qui officient dans la ville où le candidat s’inscrit, sinon il risque de se retrouver sans enseignant si ce dernier ne convient pas ou s’il tombe malade.

Tarifs des auto-écoles low-cost : une mutualisation des moyens

Les auto-écoles low-cost annoncent des forfaits pour le code et la conduite autour de 700 €, contre 1 200 à 1 500 € dans le cas d’un enseignement traditionnel. L’heure de conduite est également moins élevée, de 35 à 40 € dans les grandes villes, contre 50 € avec les auto-écoles traditionnelles.

Avant de signer un contrat auprès de l’une de ces agences, il faut vérifier si leurs tarifs ne cachent pas des frais supplémentaires (matériel pédagogique, accompagnement à l’examen pratique, etc.). Pour parvenir à ces offres environ deux fois moins chères que celles de la concurrence traditionnelle, ces auto-écoles mutualisent leurs moyens au niveau local, voire national : une seule agence physique par département, des coûts de comptabilité et de secrétariat réduits au maximum.

« Concrètement, on développe des outils de gestion en ligne. Par exemple, les plannings sont remplis directement sur notre site par les élèves. Pour ce service, l’intervention d’une secrétaire n’est donc plus utile. Ce système permet d’éviter les trous dans les emplois du temps des moniteurs », explique Stanislas Llurens, cofondateur d’Auto-école.net.

Permis de conduire low-cost : un apprentissage en ligne

Le code s’apprend uniquement par l’intermédiaire de supports pédagogiques et de tests sur le site, voire sur smartphone, avec, par exemple, l’application J’apprends à conduire (1,99 €) développée par le responsable pédagogique du site Lepermislibre.

L’enseignement ne reste pas que virtuel puisque les élèves peuvent toujours interroger des moniteurs par mail ou par le biais des tchats. L’inscription aux examens se fait le plus souvent en candidat libre.

Les délais pour obtenir un rendez-vous avec l’inspecteur varient d’un département à l’autre (d’un mois et demi à six mois). Ils peuvent être légèrement plus longs que ceux obtenus par les auto-écoles, mais les aspirants au permis sont informés et peuvent organiser le programme de leur apprentissage en fonction de ces délais.

« Nous les guidons dans ces démarches en leur indiquant les documents à remplir, l’adresse où les envoyer », rassure Lucas Tournel.

Il existe pourtant une lacune de taille dans l’offre des auto-écoles low-cost : la plupart ne prévoient ni l’enseignement de la conduite accompagnée pour les jeunes âgés de 15 à 18 ans ni celui de la conduite supervisée pour les adultes. L’offre est essentiellement limitée au permis voiture (permis B), excluant le permis moto.

7 conseils pour réussir son permis

Romain Barbier, responsable pédagogique Lepermislibre

Passer son permis avec une auto-école low-cost réclame davantage d’autonomie de la part de l’apprenti conducteur. Mode d’emploi pour tirer profit de ces formules moins chères.

1 - Même si l’essentiel de l’apprentissage du code s’apprend en ligne à l’aide de fiches techniques et de batteries de tests, il est préférable, avant de se lancer, de réviser dans un livre de code, afin de bien assimiler toutes les règles.

2 - S’assurer que l’établissement a intégré les questions récemment introduites pour l’examen théorique dans ses supports pédagogiques et ses questionnaires.

3 - En fonction de ses résultats aux tests, le candidat doit retravailler les thèmes qui lui posent des difficultés et ne pas hésiter à interroger les enseignants sur la plateforme de l’auto-école.

4 - Quand l’élève se présente en candidat libre à l’examen, son moniteur doit l’informer des délais d’attente dans sa région, afin d’étaler sa formation : quatre heures de conduite par semaine si l’examen est programmé un mois et demi après, une heure par semaine ou deux heures tous les quinze jours si l’examen a lieu six mois plus tard, en accélérant le rythme avant l’examen. Ne pas hésiter à prendre quatre heures de conduite au cours de la semaine précédant l’épreuve.

5 - Ne pas multiplier le nombre de moniteurs, même si essayer au moins un autre enseignant est enrichissant.

6 - Demander à conduire dans le périmètre du lieu du centre d’examen, afin d’être à l’aise dans la zone de conduite.

7 - Le jour de l’épreuve, se concentrer sur ce qu’on fait et ne pas guetter les réactions de son moniteur ou de l’inspecteur.